Sujet 4 — Un week-end en chalet entre amis

TEF Canada · Section B · tutoiement — format « Deep Teacher »

8 banques d'objections48 formulations examinateur 40 relances48 réponses modèles 5 ouvertures22 structures
CHALET DU LAC ROND — week-end de groupe
Chalet en bois au bord du lac Rond, à deux heures de route de la ville.
Du vendredi 18 h au dimanche 16 h.
Six chambres, douze personnes au maximum.
Cuisine entièrement équipée ; bois de chauffage fourni.
Sauna extérieur et trois canots à disposition.
95 $ par personne pour les deux nuits.
Annulation sans frais jusqu’à sept jours avant l’arrivée.
Animaux non admis. Draps et serviettes à apporter.

Vous avez vu cette annonce pour un week-end en chalet entre amis. Vous en parlez à un(e) ami(e) qui trouve l’idée sympathique mais qui n’aime pas partir en groupe. Présentez-lui cette activité et essayez de le/la convaincre de venir avec vous.

[You have seen this advertisement for a weekend in a cabin with friends. You talk about it to a friend who thinks the idea is nice but does not like going away in a group. Present the activity and try to persuade them to come with you.]

📌Faits de l'annonce & utilité persuasive

FrançaisEnglishUtilité persuasive
95 $ par personne pour les deux nuits[95 dollars per person for the two nights]Le chiffre à poser tôt. Il est bas, il est écrit, et il se divise encore par ce qui est déjà compris.
Du vendredi 18 h au dimanche 16 h[From Friday 6 p.m. to Sunday 4 p.m.]Quarante-six heures. À opposer à « deux jours perdus » : on part après le travail et on rentre avant le soir du dimanche.
Six chambres pour douze personnes au maximum[Six bedrooms, twelve people maximum]Le fait qui désamorce la promiscuité : deux par chambre, pas un dortoir. Le chiffre est plafonné par l’annonce.
Bois de chauffage fourni, cuisine entièrement équipée[Firewood provided, fully equipped kitchen]Deux dépenses en moins et une inquiétude en moins. Utile contre « il va faire froid » et contre « ça va coûter plus cher ».
Sauna extérieur et trois canots à disposition[Outdoor sauna and three canoes available]La réponse concrète à « on va s’ennuyer ». Deux activités nommées, comprises dans le prix.
Annulation sans frais jusqu’à sept jours avant[Free cancellation up to seven days before]La porte de sortie. Elle transforme un « oui » définitif en « oui pour l’instant » — c’est ce qui fait accepter.
Deux heures de route[Two hours’ drive]À dire soi-même avant que l’autre ne le dise. Annoncer le point faible fait gagner en crédibilité.
Draps et serviettes à apporter ; animaux non admis[Bring your own sheets and towels; no pets]Les deux contraintes écrites. On les cite spontanément : cela prouve qu’on a lu l’annonce et non qu’on vend.
⚠️ Règle d'exactitude : Ne jamais promettre ce que l’annonce ne dit pas : ni la météo, ni l’ambiance, ni qui sera là. On ne dit pas « tu vas adorer », « il fera beau », « le groupe est super » — rien de tout cela n’est écrit. On ne promet pas non plus l’absence de gêne : si l’ami redoute le groupe, on décrit ce qui est prévu (six chambres, une cuisine, un sauna, l’annulation gratuite) et on le laisse juger. Ne jamais forcer : « tu viens, c’est décidé » coûte des points d’interaction. Et ne jamais inventer un prix, une distance ou un équipement absents de l’annonce — l’examinateur a le texte sous les yeux.[Never promise what the ad does not say: not the weather, not the atmosphere, not who will be there. Do not say "you’ll love it", "the weather will be fine", "the group is great" — none of that is written. Do not promise the absence of awkwardness either: if your friend dreads the group, describe what is provided (six bedrooms, a kitchen, a sauna, free cancellation) and let them judge. Never force it: "you’re coming, it’s decided" costs interaction marks. And never invent a price, a distance or a facility that is not in the ad — the examiner has the text in front of them.]

🎨Code couleur des réponses

Acknowledge — reconnaîtreArgument / reframeSolution / vérifierRelance

Chaque réponse suit cet ordre : on reconnaît, on recadre avec un fait de l'annonce, on propose de vérifier, on relance par une question.

🎓Ce que vous dites pendant l'examen blanc

Lignes prêtes à lire. Restez dans le rôle de l'ami : vous n'êtes jamais d'accord, vous n'aidez pas, vous ne donnez pas de vocabulaire.

▶️Lancer l’épreuve

À lire tel quel, puis se taire.

«
Bonjour. Vous allez passer la section B de l’expression orale.[Hello. You are going to take Section B of the speaking test.]
«
Voici une annonce pour un week-end en chalet. Prenez trente secondes pour la lire.[Here is an advertisement for a weekend in a cabin. Take thirty seconds to read it.]
«
Vous en parlez à un ami qui n’aime pas partir en groupe. Vous avez dix minutes. Vous pouvez commencer.[You are talking about it to a friend who doesn’t like going away in a group. You have ten minutes. You may begin.]
🧊Premier refus — le mur poli

Après l’ouverture du candidat. Ton aimable, réponse fermée.

«
Ah, c’est gentil d’avoir pensé à moi. Mais franchement, les week-ends en groupe, ce n’est vraiment pas mon truc.[Ah, that’s kind of you to think of me. But honestly, group weekends really aren’t my thing.]
«
Je suis content pour vous, allez-y sans moi, je vous ferai signe au retour.[I’m happy for you, go without me, I’ll get in touch when you’re back.]
💸Attaquer le chiffre

Force le candidat à décomposer un total.

«
Quatre-vingt-quinze dollars, tu dis. Mais le vrai total, tu l’as fait ? La nourriture, l’essence, ce qu’on achète sur place ?[Ninety-five dollars, you say. But have you done the real total? The food, the petrol, what we buy there?]
«
Donne-moi un chiffre, un seul, tout compris. Je ne bougerai pas tant que tu ne me l’auras pas donné.[Give me one figure, all in. I won’t budge until you’ve given it to me.]
👥Le groupe

L’objection centrale du sujet. Insister deux fois.

«
Douze personnes. Douze. Je ne connais pas la moitié des gens et je vais devoir faire la conversation pendant deux jours.[Twelve people. Twelve. I don’t know half of them and I’ll have to make conversation for two days.]
«
Et ne me dis pas que je pourrai m’isoler. Dans un groupe, celui qui s’isole, on vient le chercher.[And don’t tell me I’ll be able to go off on my own. In a group, whoever goes off gets fetched.]
🍳L’organisation

Teste la capacité à proposer du concret, pas des intentions.

«
Concrètement, qui fait les courses pour douze ? Qui cuisine ? Qui nettoie le dimanche matin avant de partir ?[Concretely, who does the shopping for twelve? Who cooks? Who cleans on Sunday morning before leaving?]
«
Parce que « on verra sur place », ça veut dire que ce sont toujours les mêmes qui s’y collent.[Because "we’ll see when we get there" means it’s always the same people who end up doing it.]
🌧️Le piège de la promesse

Vérifie que le candidat ne promet rien qui ne soit pas dans l’annonce.

«
Et s’il pleut tout le week-end ? Tu me garantis qu’on ne va pas tourner en rond à douze dans un chalet ?[And what if it rains all weekend? Can you guarantee we won’t be going round in circles, twelve of us in a cabin?]
«
Réponds-moi franchement : tu peux me garantir que je vais passer un bon moment ?[Answer me honestly: can you guarantee I’ll have a good time?]
🏁Clore l’épreuve

Laisser le candidat conclure. Ne pas conclure à sa place.

«
Bon. Admettons que tu aies marqué un point. Qu’est-ce que tu attends de moi maintenant, exactement ?[Right. Let’s say you’ve made a point. What exactly do you want from me now?]
«
Merci, l’épreuve est terminée.[Thank you, the test is over.]

🚀Ouvertures — 5 stratégies

1Le prix d’abord — poser le chiffre avant l’objection

Salut ! J’ai trouvé quelque chose et je commence par le prix, comme ça c’est réglé : quatre-vingt-quinze dollars par personne, pour deux nuits. C’est un chalet en bois au bord du lac Rond, du vendredi dix-huit heures au dimanche seize heures. Il y a six chambres pour douze personnes maximum, une cuisine équipée, le bois de chauffage fourni, un sauna dehors et trois canots. Je te préviens tout de suite : c’est à deux heures de route et il faut apporter ses draps. Qu’est-ce que tu en penses ?

[Hi! I’ve found something and I’ll start with the price, so that’s out of the way: ninety-five dollars per person, for two nights. It’s a wooden cabin on Lac Rond, from Friday six p.m. to Sunday four p.m. There are six bedrooms for twelve people maximum, an equipped kitchen, firewood provided, an outdoor sauna and three canoes. I’ll warn you straight away: it’s a two-hour drive and you have to bring your own sheets. What do you think?]
Squelette réutilisable : Je commence par le prix, comme ça c’est réglé : + chiffre. C’est + description. Je te préviens tout de suite : + le point faible. Qu’est-ce que tu en penses ?
🎭 Ce que l'examinateur peut répondre à cette ouverture
↩1
Quatre-vingt-quinze dollars, d’accord, mais tu sais très bien que ce n’est jamais le chiffre final. Il y a la nourriture pour tout le week-end, l’essence pour quatre heures de route aller-retour, et tout ce qu’on achète sur place sans y penser. Alors ne me vends pas quatre-vingt-quinze dollars.[Ninety-five dollars, fine, but you know perfectly well that’s never the final figure. There’s food for the whole weekend, petrol for four hours of driving there and back, and everything you buy on the spot without thinking. So don’t sell me ninety-five dollars.]
↩2
J’apprécie que tu annonces les défauts, franchement, c’est honnête. Mais justement, tu viens de dire deux heures de route. Deux heures un vendredi soir, après une semaine de travail, dans le trafic de sortie de ville — ça veut dire qu’on arrive épuisés et qu’on ne profite pas de la première soirée.[I appreciate that you’re flagging the downsides, honestly, that’s fair. But you’ve just said two hours’ drive. Two hours on a Friday evening, after a week at work, in the traffic getting out of town — that means we arrive exhausted and don’t enjoy the first evening.]
↩3
Tu as dit douze personnes maximum. C’est précisément le mot qui me bloque. Douze, ce n’est plus un week-end entre amis, c’est une colonie de vacances. Et je ne connais probablement que la moitié des gens. Je vais passer deux jours à faire la conversation à des inconnus.[You said twelve people maximum. That’s exactly the word that stops me. Twelve isn’t a weekend with friends any more, it’s a summer camp. And I probably only know half the people. I’ll spend two days making conversation with strangers.]
↩4
Le chalet a l’air très bien, je ne dis pas le contraire. Mais un week-end complet, c’est mon seul vrai temps libre de la semaine. Le samedi je fais mes courses, je range, je vois ma famille. Si je pars du vendredi au dimanche, tout ça retombe sur la semaine suivante.[The cabin looks lovely, I’m not saying otherwise. But a whole weekend is my only real free time of the week. On Saturday I do my shopping, I tidy up, I see my family. If I go away from Friday to Sunday, all of that lands on the following week.]
2Nommer l’objection avant lui — « je sais que tu n’aimes pas les groupes »

Écoute, je te connais, et je sais exactement ce que tu vas me dire : tu n’aimes pas partir en groupe. Alors je te donne d’abord les chiffres qui comptent pour toi. Six chambres pour douze personnes, donc deux par chambre, pas un dortoir. Un chalet au bord d’un lac, pas un appartement. Un sauna dehors et trois canots, donc on peut très bien passer une heure seul sur l’eau sans que personne ne trouve ça bizarre. C’est quatre-vingt-quinze dollars pour deux nuits, et on peut annuler gratuitement jusqu’à sept jours avant. Tu me dis juste si l’idée te dérange vraiment, ou si c’est le mot « groupe » qui te dérange.

[Listen, I know you, and I know exactly what you’re going to say: you don’t like going away in a group. So let me give you the figures that matter to you first. Six bedrooms for twelve people, so two per room, not a dormitory. A cabin by a lake, not a flat. An outdoor sauna and three canoes, so you can easily spend an hour alone on the water without anyone finding it odd. It’s ninety-five dollars for two nights, and we can cancel free of charge up to seven days before. Just tell me whether the idea itself bothers you, or whether it’s the word "group" that bothers you.]
Squelette réutilisable : Je te connais, je sais ce que tu vas me dire : + son objection. Alors je te donne d’abord les chiffres qui comptent pour toi : + faits. Tu me dis juste si + X, ou si c’est + Y.
🎭 Ce que l'examinateur peut répondre à cette ouverture
↩1
C’est habile de commencer par là, mais tu ne règles pas le problème, tu le déplaces. Deux par chambre, c’est justement ça qui me gêne. Partager une chambre avec quelqu’un que je connais à peine, à mon âge, pendant deux nuits — c’est exactement ce que j’évite depuis dix ans.[That’s a clever way to start, but you’re not solving the problem, you’re moving it. Two per room is precisely what bothers me. Sharing a room with someone I barely know, at my age, for two nights — that’s exactly what I’ve been avoiding for ten years.]
↩2
Tu dis que je pourrais passer une heure seul sur le lac sans que ce soit bizarre. Dans un groupe de douze, tout se remarque, tu le sais aussi bien que moi. Celui qui s’isole, on vient le chercher, on lui demande si ça va, et ça devient encore plus lourd que de rester.[You say I could spend an hour alone on the lake without it being odd. In a group of twelve, everything gets noticed, and you know that as well as I do. Whoever goes off on their own gets fetched, gets asked if they’re all right, and it becomes heavier than just staying.]
↩3
L’annulation gratuite, c’est ton meilleur argument et tu l’as mis à la fin. Mais sept jours avant, franchement, à quoi ça sert ? Ce n’est pas sept jours avant qu’on sait qu’on n’a pas envie d’y aller. C’est le vendredi matin, quand on est fatigué et qu’il pleut.[Free cancellation is your best argument and you put it last. But seven days before, honestly, what use is that? Seven days before isn’t when you know you don’t feel like going. It’s Friday morning, when you’re tired and it’s raining.]
↩4
D’accord, admettons que le groupe ne soit pas le problème. Il reste tout le reste. Qui fait les courses, qui cuisine pour douze, qui nettoie le dimanche matin ? Dans ce genre de week-end, ce sont toujours les trois mêmes qui travaillent et les neuf autres qui se reposent.[All right, let’s say the group isn’t the problem. Everything else remains. Who does the shopping, who cooks for twelve, who cleans on Sunday morning? In weekends like this it’s always the same three people doing the work and the other nine resting.]
3Le contraste — ce que coûte un samedi soir en ville

J’ai une question avant de te proposer quoi que ce soit. Un samedi soir normal, en ville, entre le restaurant, les verres et le taxi, tu en as pour combien ? Quatre-vingts dollars ? Cent ? Pour quatre heures. Là, j’ai trouvé un chalet au bord du lac Rond : quatre-vingt-quinze dollars par personne, du vendredi dix-huit heures au dimanche seize heures. Le bois de chauffage est fourni, la cuisine est équipée, il y a un sauna dehors et trois canots. Donc pour le prix d’une soirée, on a deux nuits. Je ne dis pas que c’est parfait — c’est à deux heures de route et il faut apporter ses draps. Mais le rapport, il est où, d’après toi ?

[Let me ask you something before I propose anything. A normal Saturday night in town, between the restaurant, the drinks and the taxi, what does it come to? Eighty dollars? A hundred? For four hours. Now, I’ve found a cabin on Lac Rond: ninety-five dollars per person, from Friday six p.m. to Sunday four p.m. Firewood provided, equipped kitchen, an outdoor sauna and three canoes. So for the price of one night out, we get two nights away. I’m not saying it’s perfect — it’s a two-hour drive and you have to bring your own sheets. But where’s the better deal, in your view?]
Squelette réutilisable : J’ai une question avant de te proposer quoi que ce soit : + dépense qu’il connaît, tu en as pour combien ? Là, + l’offre. Donc pour le prix de + X, on a + Y. Je ne dis pas que c’est parfait : + défaut. Mais + question.
🎭 Ce que l'examinateur peut répondre à cette ouverture
↩1
Ta comparaison ne tient pas, et tu le sais. Un samedi soir en ville, je rentre chez moi le soir même, je dors dans mon lit, et le dimanche m’appartient. Là, tu me vends quarante-six heures dont je ne peux pas sortir avant le dimanche seize heures. Ce n’est pas le même produit.[Your comparison doesn’t hold, and you know it. A Saturday night in town, I go home the same evening, I sleep in my own bed, and Sunday is mine. Here you’re selling me forty-six hours I can’t leave before four p.m. on Sunday. It isn’t the same product.]
↩2
Tu dis quatre-vingt-quinze dollars comme si c’était le total, mais tu viens toi-même de mentionner deux heures de route. À deux heures, j’ajoute le plein d’essence, et si je n’ai pas de voiture, j’ajoute le fait de dépendre de quelqu’un pour rentrer. Ça, ça n’a pas de prix mais ça a un coût.[You say ninety-five dollars as if it were the total, but you’ve just mentioned a two-hour drive yourself. To two hours I add a tank of petrol, and if I don’t have a car, I add depending on someone else to get home. That has no price but it has a cost.]
↩3
Le sauna et les canots, c’est joli sur une annonce. En novembre, au bord d’un lac, il fait cinq degrés et il fait nuit à seize heures trente. Les canots, personne ne les sortira. Donc tu me comptes dans le prix des choses dont on ne se servira pas.[The sauna and the canoes look nice in an ad. In November, by a lake, it’s five degrees and dark by half past four. Nobody will take the canoes out. So you’re counting things in the price that we won’t use.]
↩4
Franchement, ton argument du rapport qualité-prix, je l’entends. Mais je ne choisis pas mes week-ends au prix du dollar. Je les choisis selon l’énergie que ça me demande. Et deux jours avec onze personnes, c’est très cher en énergie, même à quatre-vingt-quinze dollars.[Honestly, I hear your value-for-money argument. But I don’t choose my weekends by the dollar. I choose them by how much energy they cost me. And two days with eleven other people is very expensive in energy, even at ninety-five dollars.]
4La porte de sortie d’abord — vendre le « oui réversible »

Je te propose quelque chose, mais je commence par la fin : on peut annuler sans frais jusqu’à sept jours avant. Donc ce que je te demande aujourd’hui, ce n’est pas un engagement, c’est juste de ne pas dire non tout de suite. Il s’agit d’un chalet au bord du lac Rond, du vendredi dix-huit heures au dimanche seize heures, quatre-vingt-quinze dollars par personne pour les deux nuits. Six chambres, douze personnes au maximum, une cuisine équipée, le bois fourni, un sauna et trois canots. Tu réfléchis jusqu’à la semaine prochaine et tu me dis ?

[Let me suggest something, but I’ll start at the end: we can cancel free of charge up to seven days before. So what I’m asking you today isn’t a commitment, it’s just not to say no straight away. It’s a cabin on Lac Rond, Friday six p.m. to Sunday four p.m., ninety-five dollars a head for the two nights. Six bedrooms, twelve people maximum, an equipped kitchen, firewood provided, a sauna and three canoes. Think it over until next week and let me know?]
Squelette réutilisable : Je commence par la fin : + la porte de sortie. Donc ce que je te demande, ce n’est pas + engagement, c’est juste + petit pas. Il s’agit de + l’offre. Tu réfléchis jusqu’à + date et tu me dis ?
🎭 Ce que l'examinateur peut répondre à cette ouverture
↩1
C’est une technique, ça, et je la reconnais. Tu me fais dire oui à quelque chose de petit pour que je ne puisse plus reculer après. Dans une semaine, les billets seront pris, quelqu’un aura payé, et me désister deviendra impoli. Ta porte de sortie, elle se referme toute seule.[That’s a technique, and I recognise it. You get me to say yes to something small so that I can’t back out later. In a week the booking will be made, someone will have paid, and pulling out will have become rude. Your way out closes by itself.]
↩2
Admettons. Mais tu ne m’as toujours pas dit qui vient. Pour moi, c’est la seule information qui compte, et c’est la seule que tu ne me donnes pas. Douze personnes, ce n’est pas un chiffre, c’est onze conversations à tenir du vendredi soir au dimanche après-midi.[Let’s say so. But you still haven’t told me who’s coming. For me that’s the only information that matters, and it’s the only one you’re not giving me. Twelve people isn’t a number, it’s eleven conversations to keep going from Friday evening to Sunday afternoon.]
↩3
Tu me dis de réfléchir jusqu’à la semaine prochaine, mais ma réponse ne changera pas en sept jours. Je sais déjà comment je fonctionne : le vendredi soir, après ma semaine, je veux le silence. Pas deux heures de voiture et onze personnes qui parlent en même temps.[You’re telling me to think about it until next week, but my answer won’t change in seven days. I already know how I work: on Friday evening, after my week, I want silence. Not a two-hour drive and eleven people all talking at once.]
↩4
D’accord, tu as le droit d’insister. Mais alors réponds-moi précisément sur un point : les draps et les serviettes à apporter, tu l’as glissé vite. Ça veut dire quoi, concrètement ? Que je transporte ma literie sur deux heures de route pour dormir dans une chambre partagée ?[Fine, you’re entitled to push. But then answer me precisely on one point: the sheets and towels to bring, you slipped that in quickly. What does that mean in practice? That I carry my own bedding for two hours to sleep in a shared room?]
5La question d’abord — laisser l’autre poser ses conditions

Avant de te raconter quoi que ce soit, je te pose la question dans l’autre sens : qu’est-ce qu’il faudrait pour que tu dises oui à un week-end de groupe ? Parce que j’ai une annonce sous les yeux et je crois qu’elle répond déjà à deux ou trois choses. C’est un chalet au bord du lac Rond, quatre-vingt-quinze dollars pour deux nuits, six chambres pour douze personnes maximum, un sauna dehors et trois canots. Si ta condition c’est d’avoir un endroit à toi, elle est remplie. Si c’est de pouvoir partir quand tu veux, ça, c’est plus compliqué — dis-moi laquelle c’est.

[Before I tell you anything, let me ask the question the other way round: what would it take for you to say yes to a group weekend? Because I have an ad in front of me and I think it already answers two or three things. It’s a cabin on Lac Rond, ninety-five dollars for two nights, six bedrooms for twelve people maximum, an outdoor sauna and three canoes. If your condition is having a space of your own, that’s met. If it’s being able to leave when you want, that’s harder — tell me which one it is.]
Squelette réutilisable : Avant de te raconter quoi que ce soit, je pose la question dans l’autre sens : qu’est-ce qu’il faudrait pour que + tu dises oui ? Si ta condition c’est + X, elle est remplie. Si c’est + Y, c’est plus compliqué — dis-moi laquelle.
🎭 Ce que l'examinateur peut répondre à cette ouverture
↩1
Tu retournes la question pour m’obliger à me justifier, et ça marche plutôt bien. Alors je réponds : ma condition, c’est de pouvoir rentrer quand je veux. Et tu viens toi-même de dire que c’est le point compliqué. Donc ta propre annonce ne remplit pas ma seule vraie condition.[You’re flipping the question to make me justify myself, and it works rather well. So here’s my answer: my condition is being able to go home when I want. And you’ve just said yourself that that’s the difficult part. So your own ad doesn’t meet my one real condition.]
↩2
Je vais être honnête avec toi : ce n’est pas une question de conditions. C’est que je n’ai pas envie. Ça t’embête, parce qu’on ne peut pas argumenter contre « je n’ai pas envie », mais c’est la vraie réponse et tu me l’as demandée.[I’ll be honest with you: it isn’t a question of conditions. It’s that I don’t feel like it. That annoys you, because you can’t argue against "I don’t feel like it", but it’s the true answer and you did ask.]
↩3
Ma condition, c’est le prix réel, pas le prix affiché. Donne-moi le total, tout compris, essence et nourriture comprises, et je te réponds. Tant que tu me répètes quatre-vingt-quinze dollars, j’ai l’impression que tu me caches la deuxième moitié de l’addition.[My condition is the real price, not the advertised price. Give me the total, all in, petrol and food included, and I’ll answer you. As long as you keep repeating ninety-five dollars, I feel you’re hiding the second half of the bill from me.]
↩4
Tu parles de « mon endroit à moi » comme si une chambre partagée en était un. Une chambre à deux, ce n’est pas un endroit à soi, c’est un couloir avec un lit. Si tu veux me convaincre, ne reformule pas mes conditions à ton avantage.[You talk about "a space of my own" as if a shared bedroom were one. A room for two isn’t a space of your own, it’s a corridor with a bed in it. If you want to convince me, don’t reword my conditions in your own favour.]

🧱Banque de structures

#StructureEnglishFonction
1Je commence par le prix, comme ça c’est réglé : + chiffre.[Let me start with the price, so that’s out of the way: + figure.]Ouvrir
2Je te préviens tout de suite : + le point faible.[I’ll warn you right away: + the drawback.]Ouvrir / honnêteté
3Je te connais, je sais ce que tu vas me dire : + son objection.[I know you, I know what you’re going to say: + their objection.]Devancer
4Je commence par la fin : + la porte de sortie.[Let me start at the end: + the way out.]Ouvrir
5Tu as raison de + verbe, et je ne vais pas te dire le contraire.[You’re right to + verb, and I’m not going to tell you otherwise.]Concéder
6Je ne vais pas te vendre + X en sachant que + Y.[I’m not going to sell you + X knowing that + Y.]Concéder
7Ce n’est pas faux. Ce qui est faux, c’est + la partie inexacte.[That’s not wrong. What is wrong is + the inaccurate part.]Accord partiel
8Cela dit, regarde ce qui est déjà compris : + liste.[That said, look at what’s already included: + list.]Recadrer
9L’annonce ne dit pas + X, elle dit + Y.[The ad doesn’t say + X, it says + Y.]Recadrer sur le fait
10Ce qu’il reste vraiment à ajouter, c’est + le coût réel.[What’s genuinely left to add is + the real cost.]Chiffrer
11Fais le calcul avec moi : + décomposition.[Do the sum with me: + breakdown.]Chiffrer
12Compare avec + dépense connue : c’est déjà plus que ça.[Compare it with + familiar expense: that’s already more.]Comparer
13Pour le prix de + X, on a + Y.[For the price of + X, we get + Y.]Comparer
14Tu ne t’engages pas : on peut annuler jusqu’à + délai.[You’re not committing: we can cancel up to + notice.]Rassurer sans promettre
15Je ne peux pas te promettre + X, mais je peux te dire + Y.[I can’t promise you + X, but I can tell you + Y.]Rassurer honnêtement
16Si ça ne va pas, tu + solution de repli.[If it doesn’t work out, you + fallback.]Proposer une issue
17On décide ensemble + détail concret avant de partir.[We decide + concrete detail together before we go.]Proposer
18Je m’occupe de + tâche, tu n’as qu’à + tâche minimale.[I’ll handle + task, all you have to do is + minimal task.]Proposer
19Dit comme ça, + reformulation de son objection + reste aussi vrai ?[Put that way, is + their objection + still true?]Relancer
20Qu’est-ce qu’il faudrait pour que tu dises oui ?[What would it take for you to say yes?]Relancer / retourner
21Tu me dis juste si c’est + X ou + Y qui te dérange.[Just tell me whether it’s + X or + Y that bothers you.]Faire préciser
22On se laisse jusqu’à + date, et tu me dis.[Let’s give it until + date, and you tell me.]Conclure sans forcer

🗣️Banques d'objections

💸1Le prix — « quatre-vingt-quinze dollars, ce n’est que le début »prix
[Price — "ninety-five dollars is only the start"]
Formulations de l'examinateur — choisissez-en 1 sur 6
1
Quatre-vingt-quinze dollars par personne, d’accord, mais ce n’est jamais que le début. Il faut ajouter la nourriture pour tout le week-end, l’essence pour deux heures de route aller-retour, et les boissons. Quand je fais le total honnêtement, on n’est plus à quatre-vingt-quinze, on est bien au-delà de cent cinquante — et ça, pour deux nuits.[Ninety-five dollars a head, fine, but that’s never more than the start. You have to add food for the whole weekend, petrol for two hours of driving each way, and drinks. When I do the total honestly, we’re not at ninety-five any more, we’re well past a hundred and fifty — and that’s for two nights.]
2
Tu me donnes toujours le prix affiché, jamais le prix réel, et c’est exactement ce que font les annonces. Moi, ce que je veux savoir, c’est combien je sors de mon compte entre le vendredi soir et le dimanche soir. Tant que tu ne me donnes pas ce chiffre-là, je considère que tu ne l’as pas calculé.[You always give me the advertised price, never the real price, and that’s exactly what ads do. What I want to know is how much leaves my account between Friday evening and Sunday evening. Until you give me that figure, I’ll assume you haven’t worked it out.]
3
Ce n’est pas que je n’aie pas l’argent, ce n’est pas la question. C’est que cent cinquante dollars, en ce moment, j’aime autant les garder pour autre chose. Le mois a été long, j’ai des dépenses qui tombent en fin de mois, et un week-end n’est pas ma priorité en octobre.[It’s not that I don’t have the money, that’s not the issue. It’s that a hundred and fifty dollars, right now, I’d rather keep for something else. It’s been a long month, I have bills falling due at the end of it, and a weekend isn’t my priority in October.]
4
Et puis il y a tous les frais invisibles dont personne ne parle avant. On arrive, il manque quelque chose, quelqu’un va au village, on rachète. Le samedi, on décide d’acheter du vin. Le dimanche, on s’arrête sur la route. C’est toujours comme ça, et ça n’apparaît jamais dans ton calcul.[And then there are all the invisible costs nobody mentions beforehand. We arrive, something’s missing, someone drives to the village, we buy more. On Saturday we decide to buy wine. On Sunday we stop on the way back. It’s always like that, and it never appears in your calculation.]
5
Tu vas me dire que c’est moins cher qu’un hôtel. Sans doute. Mais un hôtel, je n’en prends pas non plus. La vraie comparaison, pour moi, ce n’est pas chalet contre hôtel, c’est chalet contre rester chez moi — et rester chez moi, ça coûte zéro dollar.[You’re going to tell me it’s cheaper than a hotel. Probably. But I don’t book hotels either. The real comparison, for me, isn’t cabin versus hotel, it’s cabin versus staying home — and staying home costs zero dollars.]
6
Honnêtement, quatre-vingt-quinze dollars pour dormir dans une chambre partagée, avec mes propres draps que je dois transporter sur deux heures de route, je trouve que ce n’est pas donné. À ce tarif-là, j’aimerais au moins ne pas faire mon lit moi-même.[Honestly, ninety-five dollars to sleep in a shared room, with my own sheets that I have to carry for two hours, I don’t think that’s cheap. At that price I’d at least like not to have to make my own bed.]
Relances de second niveau — choisissez-en 1 sur 5
↩1
Tu me sors des chiffres, mais tu les arranges. Trente dollars de nourriture pour deux jours, personne ne mange pour trente dollars.[You’re giving me figures, but you’re arranging them. Thirty dollars of food for two days — nobody eats for thirty dollars.]
↩2
Admettons cent quarante-cinq. C’est toujours cent quarante-cinq dollars que je n’avais pas prévu de dépenser ce mois-ci.[Let’s say a hundred and forty-five. That’s still a hundred and forty-five dollars I hadn’t planned to spend this month.]
↩3
Et si on est moins de douze ? Ton essence divisée à douze, elle devient de l’essence divisée à six, et ton calcul s’effondre.[And if there are fewer than twelve of us? Your petrol split twelve ways becomes petrol split six ways, and your sum collapses.]
↩4
Tu comptes la nourriture comme si je n’allais pas manger chez moi ce week-end-là. Chez moi, je mange déjà ce que j’ai dans le frigo.[You count the food as if I wouldn’t be eating at home that weekend. At home I eat what’s already in the fridge.]
↩5
D’accord pour le chiffre. Mais tu n’as toujours pas répondu sur les draps que je dois apporter moi-même à ce prix-là.[Fine on the figure. But you still haven’t answered about the sheets I have to bring myself at that price.]
Objectif pédagogique

Apprendre à ne pas défendre le prix affiché. Le candidat qui répète « mais c’est seulement quatre-vingt-quinze dollars » perd. Celui qui dit « tu as raison, ce n’est pas le vrai chiffre, faisons-le ensemble » gagne : il concède le fait et reprend la main sur le calcul. On travaille ici trois gestes : concéder un chiffre, décomposer un total à voix haute, et rapporter la dépense à une dépense connue de l’interlocuteur.

[Learn not to defend the advertised price. A candidate who repeats "but it’s only ninety-five dollars" loses. One who says "you’re right, that isn’t the real figure, let’s work it out together" wins: they concede the fact and take back control of the sum. Three moves here: conceding a figure, breaking down a total out loud, and relating the expense to one the listener already knows.]

6 réponses modèles distinctes

Réponse 1Concéder le chiffre, garder le calculB1

Tu as raison de faire le total complet, et je ne vais pas te vendre quatre-vingt-quinze dollars en sachant que ce n’est pas le vrai chiffre. Cela dit, regarde ce qui est déjà compris : les deux nuits, le bois de chauffage, le sauna et les canots. Ce qu’il reste vraiment à ajouter, c’est la nourriture — qu’on aurait payée de toute façon ce week-end-là — et l’essence, qu’on partage à douze. Dit comme ça, l’écart avec ton total reste aussi grand ?

[You’re right to do the full total, and I’m not going to sell you ninety-five dollars knowing that isn’t the real figure. That said, look at what’s already included: the two nights, the firewood, the sauna and the canoes. What’s genuinely left to add is the food — which we’d have paid for that weekend anyway — and the petrol, split twelve ways. Put that way, is the gap with your total still as big?]
3 templates réutilisables
  1. Tu as raison de + infinitif, et je ne vais pas te vendre + chiffre + en sachant que ce n’est pas le vrai.
  2. Cela dit, regarde ce qui est déjà compris : + liste tirée de l’annonce.
  3. Ce qu’il reste vraiment à ajouter, c’est + le coût réel.
Point de grammaire / discours

Le pivot « cela dit » sépare la concession de la reprise. C’est un connecteur de concession forte : il autorise à donner entièrement raison avant de retourner l’argument, sans que cela passe pour de la contradiction. Notez aussi « qu’on aurait payée de toute façon » : le conditionnel passé sert à neutraliser une dépense en montrant qu’elle aurait eu lieu de toute manière.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Ne défendez jamais le prix affiché : c’est le réflexe qui fait perdre. Concédez-le en entier, puis reprenez la main sur le calcul en listant ce qui est déjà inclus. Le mot « déjà » fait tout le travail : il suggère que l’autre a oublié la moitié de l’équation, sans le dire.

[Never defend the advertised price: that reflex is what loses the argument. Concede it entirely, then take back control of the sum by listing what’s already included. The word "already" does all the work: it suggests your listener has forgotten half the equation, without saying so.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
le prix affichéle tarif annoncé / le montant indiqué[the advertised price]à opposer au prix réel
compris dansinclus dans / comprend[included in]lister ce qui est déjà payé
de toute façonde toute manière / quoi qu’il arrive[in any case]neutraliser une dépense
l’écartla différence / la marge[the gap]comparer deux totaux
Réponse 2Le vrai total, donné spontanémentB2

Tu me demandes le prix réel et tu as raison de le demander : c’est la seule question honnête. Alors je te le donne sans que tu aies à insister. Quatre-vingt-quinze pour les deux nuits, une vingtaine d’essence si on partage la voiture à quatre, et une trentaine de nourriture. On arrive autour de cent quarante-cinq. Je préfère t’annoncer cent quarante-cinq maintenant que te faire découvrir la facture dimanche soir. Sur ce chiffre-là, celui que je viens de te donner, tu réponds quoi ?

[You’re asking me for the real price and you’re right to ask: it’s the only honest question. So I’ll give it to you without you having to insist. Ninety-five for the two nights, about twenty for petrol if we share a car four ways, and about thirty for food. We end up around a hundred and forty-five. I’d rather tell you a hundred and forty-five now than let you discover the bill on Sunday evening. On that figure, the one I’ve just given you, what do you say?]
3 templates réutilisables
  1. Tu me demandes + X + et tu as raison de le demander.
  2. Alors je te le donne sans que tu aies à insister : + décomposition.
  3. Je préfère t’annoncer + chiffre + maintenant que te faire découvrir + conséquence.
Point de grammaire / discours

« Sans que tu aies à insister » demande le subjonctif après « sans que ». Remarquez surtout la construction « je préfère + infinitif + que + infinitif » : c’est la structure qui rend une mauvaise nouvelle acceptable, parce qu’elle présente la franchise comme un choix fait pour l’autre.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Donner le chiffre défavorable avant qu’on vous le demande est le geste le plus rentable de toute la Section B. Vous perdez trois secondes et vous gagnez toute votre crédibilité pour les neuf minutes qui suivent. Dites le total à voix haute, lentement, et laissez un silence après.

[Giving the unfavourable figure before you’re asked is the most profitable move in the whole of Section B. You lose three seconds and gain your credibility for the nine minutes that follow. Say the total out loud, slowly, and leave a silence after it.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
une vingtaineà peu près vingt / dans les vingt[about twenty]chiffre approximatif
la facturel’addition / la note / le total[the bill]la dépense finale
annoncerprévenir / dire à l’avance[to announce, to warn]franchise
insisterrevenir à la charge / relancer[to insist]discussion
Réponse 3Séparer la dépense nouvelle de la dépense habituelleB2

Ton calcul est juste sur un point : on va bien dépenser autour de cent cinquante dollars ce week-end-là. Mais tout n’est pas de l’argent en plus. La nourriture, tu l’aurais achetée de toute façon ; le samedi, tu manges aussi quand tu restes chez toi. La vraie dépense supplémentaire, c’est le chalet et l’essence : quatre-vingt-quinze plus une vingtaine. Le reste, tu l’aurais sorti de ton compte sans bouger de ton appartement. Si on ne compte que ce qui est vraiment en plus, ça change quelque chose pour toi ?

[Your sum is right on one point: we will indeed spend around a hundred and fifty dollars that weekend. But not all of it is extra money. The food you’d have bought anyway; on a Saturday you eat even when you stay home. The real additional expense is the cabin and the petrol: ninety-five plus about twenty. The rest would have left your account without you leaving your flat. If we count only what’s genuinely extra, does that change anything for you?]
3 templates réutilisables
  1. Ton calcul est juste sur un point : + concession précise.
  2. Mais tout n’est pas + X en plus : + ce qui aurait eu lieu de toute façon.
  3. La vraie dépense supplémentaire, c’est + le delta réel.
Point de grammaire / discours

Le raisonnement repose sur le conditionnel passé (« tu l’aurais achetée ») : il construit une situation parallèle — ce qui se serait passé sans le chalet — pour isoler la dépense réellement nouvelle. C’est la structure la plus efficace du français pour distinguer coût total et coût marginal.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Ce raisonnement — coût total contre coût supplémentaire — est très valorisé à l’oral parce qu’il montre que vous savez nuancer un chiffre, pas seulement le répéter. Entraînez-vous à le dire lentement : « ça, tu l’aurais payé de toute façon ; ça, c’est vraiment en plus. »

[This reasoning — total cost versus additional cost — scores well because it shows you can qualify a figure, not just repeat it. Practise saying it slowly: "that, you’d have paid anyway; that, is genuinely extra."]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
en plussupplémentaire / additionnel[extra, additional]isoler le coût réel
sortir de son comptedébourser / dépenser[to spend, to come out of one’s account]l’argent
bouger dequitter / sortir de[to move from]image
ça change quelque choseça modifie ton avis / ça pèse[does that change anything]relance
Réponse 4Reconnaître que ce n’est pas une question d’argentC1

Tu viens de dire quelque chose d’important : ce n’est pas que tu n’aies pas l’argent, c’est que tu préfères le garder. Alors on arrête de parler de chiffres, parce que le chiffre n’est pas ton vrai obstacle. Si demain c’était cinquante dollars, ta réponse serait la même. Ce que je peux te proposer, c’est de décider plus tard : l’annonce prévoit une annulation sans frais jusqu’à sept jours avant. Tu ne sors rien de ton compte aujourd’hui. Qu’est-ce qui te ferait dire oui, si ce n’est pas le prix ?

[You’ve just said something important: it isn’t that you don’t have the money, it’s that you’d rather keep it. So let’s stop talking about figures, because the figure isn’t your real obstacle. If it were fifty dollars tomorrow, your answer would be the same. What I can offer is deciding later: the ad allows free cancellation up to seven days before. You spend nothing today. What would make you say yes, if it isn’t the price?]
3 templates réutilisables
  1. Tu viens de dire quelque chose d’important : + reformulation de ses mots.
  2. Si demain c’était + hypothèse favorable, ta réponse serait la même.
  3. Qu’est-ce qui te ferait dire oui, si ce n’est pas + le faux obstacle ?
Point de grammaire / discours

L’hypothèse « si c’était… ta réponse serait… » (imparfait + conditionnel présent) sert ici de test logique : elle démontre que l’argument avancé n’est pas le vrai. C’est un usage argumentatif du conditionnel, très noté au-delà du B2, parce qu’il suppose de raisonner sur une situation contrefactuelle.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Quand l’autre dit « ce n’est pas que je n’aie pas l’argent », il vous donne la clé : le prix est un prétexte. Ne continuez pas à calculer, vous perdriez le reste de l’épreuve sur un faux problème. Nommez le déplacement et posez la vraie question.

[When the other says "it’s not that I don’t have the money", they’re handing you the key: price is a pretext. Don’t keep calculating, you’d spend the rest of the test on a false problem. Name the shift and ask the real question.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
un obstacleun frein / un blocage / ce qui coince[an obstacle]identifier la vraie objection
un prétexteune excuse / une raison de façade[a pretext]identifier la vraie objection
sans fraisgratuitement / sans pénalité[free of charge]reprendre l’annonce
te ferait dire ouite déciderait / t’amènerait à accepter[would make you say yes]relance ouverte
Réponse 5Accepter le reproche sur les drapsB1

Sur les draps, tu as entièrement raison, et c’est le vrai défaut de cette annonce. Je ne vais pas te dire que c’est normal : à quatre-vingt-quinze dollars, on pourrait s’attendre à trouver la literie sur place. C’est écrit noir sur blanc qu’il faut l’apporter. Ce que je peux faire, c’est m’en occuper : j’ai une voiture, je prends tes draps avec les miens, tu n’as rien à porter. S’il ne restait que ça comme problème, tu viendrais ?

[On the sheets you’re entirely right, and that’s the real flaw in this ad. I’m not going to tell you it’s normal: at ninety-five dollars you might expect to find bedding there. It says in black and white that you have to bring it. What I can do is take care of it: I have a car, I’ll take your sheets with mine, you carry nothing. If that were the only problem left, would you come?]
3 templates réutilisables
  1. Sur + point précis, tu as entièrement raison, et c’est le vrai défaut de + X.
  2. Je ne vais pas te dire que c’est normal : + reconnaissance du défaut.
  3. S’il ne restait que ça comme problème, tu + conditionnel ?
Point de grammaire / discours

« S’il ne restait que ça » (imparfait après si + conditionnel) est une formule de clôture : elle réduit l’ensemble du désaccord à un seul point résiduel et demande un engagement sur ce point seul. Notez la place de « que » : ne restait QUE ça = rien d’autre.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Céder complètement sur un point secondaire vous coûte très peu et rend tout le reste crédible. Choisissez toujours le défaut le plus visible de l’annonce et donnez-le à l’autre avant qu’il ne s’en serve. Puis proposez de le régler à sa place — c’est concret, et le concret marque.

[Giving way completely on a minor point costs very little and makes everything else credible. Always pick the most visible flaw in the ad and hand it over before it’s used against you. Then offer to solve it for them — that’s concrete, and concrete scores.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
la literieles draps / les couvertures[bedding]l’annonce
noir sur blancécrit noir sur blanc / explicitement[in black and white]citer l’annonce
s’en occuperprendre ça en charge / gérer[to take care of it]proposer
résiduelce qui reste / le dernier point[remaining]clôture
Réponse 6Prendre le risque à sa chargeB2

Tu me dis que cent cinquante dollars, en ce moment, tu préfères les garder. C’est une raison suffisante et je n’ai pas à la discuter. Le problème, ce n’est donc pas le montant, c’est de le sortir pour quelque chose dont tu n’es pas sûr. Alors on inverse : j’avance ta part des quatre-vingt-quinze dollars. Si le week-end te plaît, tu me rembourses au retour. S’il ne te plaît pas, tu ne me dois rien et on n’en reparle pas. Si tu ne sors rien de ton compte avant d’avoir vu, ça change la question ?

[You tell me that a hundred and fifty dollars, right now, you’d rather keep. That’s reason enough and it isn’t for me to argue with. So the problem isn’t the amount, it’s handing it over for something you’re not sure about. So let’s invert it: I’ll front your share of the ninety-five dollars. If you enjoy the weekend, you pay me back when we get home. If you don’t, you owe me nothing and we say no more about it. If you spend nothing before you’ve seen it, does that change the question?]
3 templates réutilisables
  1. C’est une raison suffisante et je n’ai pas à la discuter.
  2. Le problème, ce n’est pas + le montant, c’est + de le sortir sans être sûr.
  3. Alors on inverse : j’avance + la somme. Si + X, tu me rembourses ; sinon tu ne me dois rien.
Point de grammaire / discours

La double hypothèse symétrique (« si ça te plaît… s’il ne te plaît pas… ») décrit entièrement la suite en deux phrases, ce qui rend l’offre vérifiable. Notez « avancer » au sens financier : avancer de l’argent, c’est payer d’abord pour quelqu’un qui remboursera.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Quand l’argent existe mais que l’envie manque, ce n’est pas le prix qu’il faut baisser, c’est le risque qu’il faut déplacer. Proposer d’avancer la somme coûte peu — quatre-vingt-quinze dollars que vous auriez payés de toute façon — et transforme une dépense incertaine en dépense conditionnelle.

[When the money exists but the desire doesn’t, it isn’t the price you lower, it’s the risk you shift. Offering to front the sum costs little — ninety-five dollars you’d have paid anyway — and turns an uncertain expense into a conditional one.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
avancer (de l’argent)payer d’abord / faire l’avance[to front money]la proposition
rembourserrendre / restituer[to pay back]la proposition
inverserretourner / prendre dans l’autre sens[to invert]la manœuvre
être sûr deavoir la certitude / être convaincu[to be sure of]l’analyse
🎨 La même objection, quatre autres styles

Les réponses ci-dessus sont en style A : reconnaître → recadrer → proposer → relancer. Voici la même objection traitée autrement. Les faits ne changent pas ; c'est la manière d'entrer dans l'argument qui change.

Style B · RécitL’année dernière, on a fait le même calcul
Recette : une anecdote vécue → le fait de l’annonce sort du récit → proposition → relance

L’année dernière, on a fait exactement le même calcul avant de partir à Mont-Tremblant, tu te souviens ? On était persuadés que ça allait nous ruiner. Au retour, on avait dépensé moins qu’un samedi soir en ville, parce qu’on cuisinait sur place et qu’on était nombreux à partager l’essence. Là, c’est pareil, et c’est même mieux : le bois est fourni, le sauna aussi, et la nourriture on l’aurait achetée de toute façon. Tu veux qu’on refasse le calcul ensemble, ligne par ligne ?

[Last year we did exactly the same sums before going to Mont-Tremblant, remember? We were convinced it would ruin us. Coming back, we’d spent less than a Saturday night in town, because we cooked there and there were plenty of us splitting the petrol. Here it’s the same, and even better: the wood is provided, the sauna too, and the food we’d have bought anyway. Want to redo the sums together, line by line?]
Quand choisir ce style

Quand l’objection est une impression plutôt qu’un calcul — « ça va coûter cher » sans chiffre. Un souvenir partagé désamorce une impression bien mieux qu’un tableau. Ce style demande que vous inventiez un souvenir crédible : restez vague sur les détails, précis sur la conclusion.

[When the objection is an impression rather than a calculation — "it’ll be expensive" with no figure. A shared memory defuses an impression far better than a spreadsheet. This style requires you to invent a believable memory: stay vague on details, precise on the conclusion.]
Style C · CalculFaisons le vrai total, tout de suite
Recette : le vrai chiffre posé → décomposé → comparé à une dépense connue → proposition datée

Alors faisons le vrai total, tout de suite, et arrêtons de discuter du prix affiché. Quatre-vingt-quinze pour les deux nuits, une vingtaine pour l’essence partagée, et disons trente pour la nourriture du week-end : on arrive autour de cent quarante-cinq. Maintenant compare : un restaurant et une soirée en ville, à deux, c’est déjà plus que ça, et ça dure quatre heures. Ici, c’est quarante-six heures, sauna et canots compris. Si je te sors le détail ce soir, par écrit, tu le regardes ?

[Right, let’s do the real total, straight away, and stop arguing about the advertised price. Ninety-five for the two nights, about twenty for shared petrol, and say thirty for the weekend’s food: we land around a hundred and forty-five. Now compare: a restaurant and a night out, for two, is already more than that, and it lasts four hours. This is forty-six hours, sauna and canoes included. If I write the breakdown out for you tonight, will you look at it?]
Quand choisir ce style

Quand l’interlocuteur vous met au défi de donner un chiffre — « donne-moi un total, un seul ». Ici, hésiter coûte plus cher que se tromper de dix dollars. Ce style exige de dire les nombres clairement : entraînez-vous à prononcer « quatre-vingt-quinze » et « cent quarante-cinq » sans ralentir.

[When your listener dares you to produce a figure — "give me one total". Here, hesitating costs more than being ten dollars out. This style demands clear numbers: practise saying "quatre-vingt-quinze" and "cent quarante-cinq" without slowing down.]
Style D · À l’oralComme tu le dirais vraiment
Recette : la réponse 1 à l’oral : on concède vite, « ouais », « le truc c’est que », « du coup »

Ouais, non, t’as raison de faire le vrai total. Je vais pas te vendre quatre-vingt-quinze balles en sachant que c’est faux. Mais le truc, c’est que y a déjà plein de choses dedans : les deux nuits, le bois, le sauna, les canots. Tout ça, c’est compris. Du coup, ce qui reste vraiment à ajouter, c’est la bouffe — que t’aurais payée de toute façon — et l’essence, qu’on partage à douze. Dit comme ça, franchement, l’écart il est si grand que ça ?

[Yeah, no, you’re right to do the real total. I’m not going to sell you ninety-five quid knowing that’s not true. But the thing is, there’s already loads in it: the two nights, the wood, the sauna, the canoes. All that’s included. So what’s actually left to add is the food — which you’d have paid for anyway — and the petrol, split twelve ways. Put that way, honestly, is the gap that big?]
Quand choisir ce style

Concéder se dit vite à l’oral : « ouais, non, t’as raison » est une seule formule, pas une contradiction. Notez « balles » pour dollars et « la bouffe » pour la nourriture : familiers, très courants, acceptables une fois chacun en Section B. Répétés à chaque phrase, ils deviennent un tic et l’examinateur l’entend.

[Conceding is said fast in speech: "ouais, non, t’as raison" is one formula, not a contradiction. Note "balles" for dollars and "la bouffe" for food: colloquial, very common, acceptable once each in Section B. Repeated every sentence they become a tic and the examiner hears it.]
Style E · Version courteLa version courte — vingt secondes
Recette : je concède le total · ce qui est déjà compris · le vrai reste · la question

Ton total est juste, je ne le conteste pas. Mais les deux nuits, le bois, le sauna et les canots sont déjà compris. Il reste la nourriture, qu’on aurait payée de toute façon, et l’essence à douze. L’écart reste si grand ?

[Your total is right, I don’t dispute it. But the two nights, the wood, the sauna and the canoes are already included. What’s left is the food, which we’d have paid for anyway, and the petrol split twelve ways. Is the gap still that big?]
Quand choisir ce style

Quand l’objection du prix revient une deuxième fois, souvent vers la fin. Redire la version longue paraîtrait insistant. Quatre phrases suffisent à tenir la même position, et vous libérez du temps pour les objections qui n’ont pas encore été traitées.

[When the price objection comes back a second time, often near the end. Repeating the long version would sound insistent. Four sentences hold the same position, and free up time for objections not yet covered.]
👩‍🏫 Version professeur — conduire cette objection en classe
À écouter chez l’élève
  • L’élève conteste-t-il le total, ou le confirme-t-il avant de le décomposer ?
  • Cite-t-il ce qui est compris dans le prix en s’appuyant sur l’annonce, ou improvise-t-il la liste ?
  • Emploie-t-il le conditionnel passé pour neutraliser la nourriture (« qu’on aurait payée de toute façon ») ?
  • Sa relance est-elle une vraie question, ou un « non ? » posé pour clore ?
Ce qui sépare les niveaux
NCLCCe qu’on entend
NCLC 5Répète « ce n’est que quatre-vingt-quinze dollars » et défend le prix affiché. Aucune décomposition.
NCLC 7Concède le total, liste ce qui est compris d’après l’annonce, isole le coût réellement supplémentaire, termine par une question.
NCLC 9Distingue coût total et coût marginal, repère que le prix est un prétexte quand l’autre dit « ce n’est pas que je n’aie pas l’argent », et déplace le risque au lieu de baisser le prix.
Les erreurs qui reviennent — et la correction à donner
1

L’élève dit : « Quatre-vingt-quinze dollars, ce n’est vraiment pas cher pour deux nuits ! »

Pourquoi ça coûte : Défend le prix affiché, que l’interlocuteur vient précisément de dénoncer comme incomplet. C’est le réflexe qui fait perdre la banque en une phrase.

Correction : « Tu as raison de faire le total complet, et je ne vais pas te vendre quatre-vingt-quinze dollars en sachant que ce n’est pas le vrai chiffre. »

2

L’élève dit : « De toute façon, tu dépenses bien plus que ça tous les week-ends. »

Pourquoi ça coûte : Juge la manière dont l’autre gère son argent, et suppose des dépenses qu’on ne connaît pas. Double atteinte à l’interaction, pour un gain argumentatif nul.

Correction : « Compare avec ce que tu connais : un restaurant et une soirée en ville, à deux, c’est déjà plus que ça, et ça dure quatre heures. »

3

L’élève dit : « Les draps à apporter, ce n’est vraiment pas grand-chose, arrête. »

Pourquoi ça coûte : « Arrête » ferme la discussion et minimise un défaut réel de l’annonce. Concéder ce petit point aurait coûté cinq secondes et acheté la crédibilité sur les gros.

Correction : « Sur les draps, tu as entièrement raison, c’est le vrai défaut de cette annonce. Je prends tes draps avec les miens, tu n’as rien à porter. »

Exercice à faire en classe — Le total, puis la décomposition

Objectif : ancrer le réflexe concéder-puis-décomposer sur un chiffre. L’élève doit apprendre qu’un total juste ne se conteste jamais, il se redistribue. Exercice chronométré, dix secondes par réponse.

  1. Le professeur annonce un total gonflé mais plausible : « ça va te coûter cent cinquante dollars », « deux cents », « deux cent quarante ».
  2. L’élève confirme le total en une phrase, sans « mais » à l’intérieur de cette phrase.
  3. Il liste ensuite ce qui est déjà compris, en citant uniquement l’annonce. Toute invention est signalée.
  4. Il isole le coût réellement supplémentaire et le nomme : ici la nourriture et l’essence.
  5. Il termine par une question. Refaire l’item si la dernière phrase est une affirmation.
⚡ Phrases prêtes à l'emploi — à réutiliser telles quelles
PhraseEnglishFonction
Tu as raison de faire le total complet.[You’re right to do the full total.]concéder
Je ne vais pas te vendre un chiffre que je sais faux.[I’m not going to sell you a figure I know is wrong.]concéder
Regarde ce qui est déjà compris dans le prix.[Look at what’s already included in the price.]recadrer
Ce qu’il reste vraiment à ajouter, c’est la nourriture et l’essence.[What’s genuinely left to add is the food and the petrol.]chiffrer
La nourriture, tu l’aurais payée de toute façon.[The food you’d have paid for anyway.]coût marginal
Je préfère t’annoncer le vrai total maintenant.[I’d rather tell you the real total now.]franchise
Pour le prix d’une soirée en ville, on a deux nuits.[For the price of a night out, we get two nights away.]comparer
Tu ne sors rien de ton compte aujourd’hui.[You’re not spending anything today.]rassurer
Si ce n’est pas le prix, qu’est-ce que c’est ?[If it isn’t the price, what is it?]relancer
Dit comme ça, l’écart reste aussi grand ?[Put that way, is the gap still as big?]relancer
Vocabulaire propre à cette objection
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
le prix affichéle tarif annoncé / le montant indiqué[the advertised price]à opposer au prix réel
le coût réelle vrai total / tout compris[the real cost]décomposer
déboursersortir de sa poche / dépenser[to lay out, to spend]l’argent
partager les fraisdiviser la dépense / se répartir le coût[to split the costs]l’argent
revenir àse monter à / coûter au final[to come to]donner un total
un prétexteune excuse / une raison de façade[a pretext]la vraie objection
🚗2La route — « deux heures un vendredi soir, après le travail »trajet
[The drive — "two hours on a Friday evening, after work"]
Formulations de l'examinateur — choisissez-en 1 sur 6
1
Deux heures de route, tu dis ça comme si c’était un détail. Un vendredi soir, après une semaine complète de travail, dans le trafic de sortie de ville, ce n’est pas deux heures, c’est facilement trois. On arriverait vers vingt et une heures, vidés, et la première soirée serait fichue avant d’avoir commencé.[Two hours’ drive, you say it as if it were a detail. On a Friday evening, after a full week of work, in the traffic leaving town, it isn’t two hours, it’s easily three. We’d arrive around nine, drained, and the first evening would be ruined before it started.]
2
Et le retour ? Tu parles toujours de l’aller. Le dimanche seize heures, tout le monde rentre en même temps, donc on se retrouve dans les bouchons, et j’arrive chez moi le dimanche soir pour reprendre le travail le lendemain matin. Ce n’est pas un week-end de repos, c’est un week-end de voiture.[And the way back? You always talk about the outward journey. Sunday at four, everyone drives home at once, so we sit in traffic, and I get home on Sunday evening to start work the next morning. That isn’t a restful weekend, it’s a weekend of driving.]
3
Il y a un point que tu évites soigneusement : je n’ai pas de voiture. Donc tout ce week-end, je dépends de quelqu’un. Je pars quand il part, je rentre quand il rentre, et si je veux partir plus tôt le dimanche, je ne peux pas. Ça, pour moi, c’est rédhibitoire.[There’s a point you’re carefully avoiding: I don’t have a car. So for the whole weekend I depend on someone else. I leave when they leave, I come back when they come back, and if I want to leave earlier on Sunday, I can’t. For me, that’s a deal-breaker.]
4
Quatre heures de voiture au total, additionnées, c’est une demi-journée de ma vie passée assis à ne rien faire. Sur un week-end de quarante-six heures, ça fait presque dix pour cent du temps. Et tu me comptes ça dans le forfait sans jamais le mentionner.[Four hours in a car in total is half a day of my life spent sitting doing nothing. On a forty-six hour weekend that’s nearly ten percent of the time. And you fold that into the package without ever mentioning it.]
5
En novembre, sur une route de campagne, il fait nuit à partir de seize heures trente. Deux heures de conduite de nuit, éventuellement sur une chaussée humide, avec quelqu’un qui a travaillé toute la journée au volant — franchement, dis-moi que tu y as pensé.[In November, on a country road, it’s dark from half past four. Two hours of night driving, possibly on a wet road, with someone who’s worked all day at the wheel — honestly, tell me you’ve thought about that.]
6
Tu vas me proposer le covoiturage, je le sens venir. Mais le covoiturage, ça veut dire deux heures de conversation obligatoire avec des gens que je connais mal, dans un espace dont je ne peux pas sortir. Pour quelqu’un qui n’aime pas les groupes, ta solution est pire que le problème.[You’re going to suggest car-sharing, I can feel it coming. But car-sharing means two hours of compulsory conversation with people I hardly know, in a space I can’t leave. For someone who doesn’t like groups, your solution is worse than the problem.]
Relances de second niveau — choisissez-en 1 sur 5
↩1
Tu dis « on partira tôt ». On ne part jamais tôt. Il y en a toujours un qui arrive avec quarante minutes de retard.[You say "we’ll leave early". We never leave early. There’s always someone forty minutes late.]
↩2
Deux heures à l’aller, c’est peut-être vrai à trois heures de l’après-midi. Pas à dix-huit heures un vendredi.[Two hours out might be true at three in the afternoon. Not at six p.m. on a Friday.]
↩3
Si je dépends de ta voiture, je dépends aussi de ton humeur le dimanche. Ça, tu ne peux pas me le garantir.[If I depend on your car, I also depend on your mood on Sunday. You can’t guarantee me that.]
↩4
Tu me proposes de dormir pendant le trajet. On ne dort pas dans une voiture pleine de gens qui parlent.[You suggest I sleep during the drive. You don’t sleep in a car full of people talking.]
↩5
Et s’il neige ? En novembre, ça arrive. Deux heures deviennent quatre, et là, on fait quoi ?[And if it snows? In November it happens. Two hours become four, and then what do we do?]
Objectif pédagogique

Travailler l’objection logistique, celle qui ne se résout pas par un argument mais par une organisation. Le candidat doit apprendre à cesser d’argumenter pour proposer : un horaire, un conducteur, une règle de départ. On y apprend aussi à donner raison sur un point qu’on ne peut pas nier — la durée est écrite dans l’annonce — sans que la conversation s’arrête là.

[Working on the logistical objection, the kind that isn’t solved by an argument but by an arrangement. The candidate must learn to stop arguing and start proposing: a time, a driver, a departure rule. It also teaches conceding a point that cannot be denied — the duration is in the ad — without the conversation ending there.]

6 réponses modèles distinctes

Réponse 1Transformer la route en début de week-endB1

Deux heures, c’est long, et je ne vais pas te dire le contraire : c’est écrit dans l’annonce et je l’ai lu comme toi. Mais regarde à quelle heure ça commence. Vendredi dix-huit heures, ça veut dire qu’on part après le travail, pas qu’on sacrifie une journée. Et pendant ces deux heures, tu ne fais rien : tu es assis, tu écoutes de la musique, tu regardes la ville disparaître. Beaucoup de gens disent que c’est là que le week-end commence vraiment. Si tu ne conduis pas, est-ce que deux heures restent un problème ?

[Two hours is long, and I’m not going to say otherwise: it’s in the ad and I read it just as you did. But look at what time it starts. Friday six p.m. means we leave after work, not that we sacrifice a day. And during those two hours you do nothing: you sit, you listen to music, you watch the city disappear. Plenty of people say that’s when the weekend really begins. If you’re not the one driving, are two hours still a problem?]
3 templates réutilisables
  1. + Durée, c’est long, et je ne vais pas te dire le contraire.
  2. Mais regarde à quelle heure ça commence : + horaire de l’annonce.
  3. Si tu ne + verbe, est-ce que + objection + reste un problème ?
Point de grammaire / discours

La relance conditionnelle « si tu ne conduis pas, est-ce que… reste un problème ? » isole une variable : elle sépare ce qui gêne vraiment (conduire) de ce qui est invoqué (la durée). C’est la forme la plus utile pour faire préciser une objection vague.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Quand un fait est écrit dans l’annonce, ne le contestez jamais : l’examinateur a le texte sous les yeux. Dites « c’est écrit, je l’ai lu comme toi » — vous montrez que vous avez lu, ce qui est évalué — puis déplacez l’attention vers un autre fait écrit, l’horaire de début.

[When a fact is written in the ad, never dispute it: the examiner has the text in front of them. Say "it’s written there, I read it as you did" — you show you’ve read it, which is assessed — then move attention to another written fact, the start time.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
sacrifierperdre / y laisser[to sacrifice]le temps
disparaîtres’éloigner / s’effacer[to disappear]image du trajet
conduireêtre au volant / prendre le volant[to drive]le trajet
rester un problèmeposer problème / continuer à gêner[to remain a problem]relance
Réponse 2Répondre à la dépendance par un engagement précisB2

Le fait que tu n’aies pas de voiture, ce n’est pas un détail, et tu as raison de le mettre sur la table. Dépendre de quelqu’un pendant deux jours, sans pouvoir partir quand on veut, c’est exactement ce qui rend un week-end pesant. Alors je m’engage sur une chose précise : je conduis, et on rentre dimanche à seize heures comme prévu, même si les autres veulent rester. Si tu veux partir plus tôt, tu me le dis le samedi soir et on part plus tôt. Avec cette garantie-là, tu te sens moins coincé ?

[The fact that you don’t have a car isn’t a detail, and you’re right to put it on the table. Depending on someone for two days, unable to leave when you want, is exactly what makes a weekend heavy. So let me commit to one precise thing: I’ll drive, and we come back on Sunday at four as planned, even if the others want to stay. If you want to leave earlier, tell me on Saturday evening and we leave earlier. With that guarantee, do you feel less trapped?]
3 templates réutilisables
  1. Le fait que + subjonctif, ce n’est pas un détail.
  2. Alors je m’engage sur une chose précise : + engagement vérifiable.
  3. Avec cette garantie-là, tu te sens + adjectif ?
Point de grammaire / discours

« Le fait que tu n’aies pas de voiture » : après « le fait que », le subjonctif est la norme soignée à l’oral. Notez la différence entre « je m’engage à + infinitif » (promesse d’action) et « je m’engage sur + nom » (promesse portant sur un point précis) — la seconde est plus forte parce qu’elle est vérifiable.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Une objection logistique ne se gagne pas avec des arguments, elle se gagne avec un engagement daté et vérifiable. « On verra » ne vaut rien. « Je conduis, on rentre à seize heures, même si les autres restent » vaut beaucoup, parce que l’autre peut vous le rappeler.

[A logistical objection isn’t won with arguments, it’s won with a dated, checkable commitment. "We’ll see" is worth nothing. "I’ll drive, we leave at four, even if the others stay" is worth a lot, because the other person can hold you to it.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
dépendre deêtre tributaire de / compter sur[to depend on]l’objection
coincébloqué / pris au piège / sans échappatoire[trapped, stuck]l’objection
s’engager surpromettre / garantir[to commit to]la proposition
comme prévutel que convenu / conformément au plan[as planned]la proposition
Réponse 3Annoncer le pire scénario soi-mêmeB2

Tu as raison sur le retour, et c’est même pire que ce que tu dis : le dimanche, tout le monde rentre à la même heure. Donc admettons trois heures au lieu de deux. Je préfère te donner le mauvais chiffre tout de suite plutôt que te faire la surprise dimanche. Ce qu’on peut faire, c’est partir à quinze heures au lieu de seize. On perd une heure sur place et on évite l’heure de pointe. Ça te paraît jouable, ou le problème est ailleurs ?

[You’re right about the return, and it’s even worse than you say: on Sunday everyone drives home at the same time. So let’s say three hours instead of two. I’d rather give you the bad figure now than spring it on you on Sunday. What we can do is leave at three instead of four. We lose an hour there and avoid the rush. Does that sound workable, or is the problem elsewhere?]
3 templates réutilisables
  1. Tu as raison sur + point, et c’est même pire que ce que tu dis : + aggravation.
  2. Je préfère te donner le mauvais chiffre tout de suite plutôt que + surprise.
  3. Ça te paraît jouable, ou le problème est ailleurs ?
Point de grammaire / discours

Renchérir sur l’objection — « c’est même pire que ce que tu dis » — est une figure de concession extrême. Elle désarme parce qu’elle retire à l’autre son argument en le lui donnant plus fort. Ne l’employez que si vous avez immédiatement une proposition à faire derrière.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Aller plus loin que l’objection est risqué mais très payant : vous ne pouvez plus être soupçonné de minimiser. La règle absolue, c’est d’enchaîner tout de suite sur une solution concrète. Renchérir sans proposer, c’est donner raison et perdre.

[Going further than the objection is risky but very effective: you can no longer be suspected of playing it down. The absolute rule is to follow immediately with a concrete solution. Outbidding without proposing is simply conceding, and losing.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
l’heure de pointeles heures d’affluence / le trafic[rush hour]le trajet
faire la surprisene rien dire à l’avance[to spring it on someone]franchise
jouablefaisable / envisageable / tenable[workable]relance
ailleursautre part / d’un autre ordre[elsewhere]faire préciser
Réponse 4Le covoiturage sans le vendre comme un plaisirC1

Tu as deviné juste, j’allais parler de covoiturage, et ta remarque est plus fine que ma proposition. Je ne vais pas te dire que deux heures de voiture avec des gens que tu connais mal sont un bon moment. Ça peut être exactement ce que tu crains. Alors on fait autrement : tu montes avec moi, seulement nous deux, et les autres prennent la deuxième voiture. Tu as le silence si tu le veux. Sur ce point-là au moins, est-ce que je réponds à ce que tu me reproches ?

[You guessed right, I was going to mention car-sharing, and your point is sharper than my suggestion. I’m not going to tell you two hours in a car with people you barely know is a good time. It may be exactly what you dread. So let’s do it differently: you ride with me, just the two of us, and the others take the second car. You get silence if you want it. On that point at least, am I answering what you’re reproaching me with?]
3 templates réutilisables
  1. Tu as deviné juste, j’allais + infinitif, et ta remarque est plus fine que ma proposition.
  2. Je ne vais pas te dire que + X + est un bon moment.
  3. Alors on fait autrement : + solution modifiée.
Point de grammaire / discours

Reconnaître qu’on a été devancé (« tu as deviné juste ») puis dévaloriser sa propre proposition (« plus fine que ma proposition ») crée une asymétrie flatteuse qui rend la contre-proposition acceptable. C’est une stratégie de politesse négative : on s’efface pour faire passer l’idée.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Quand votre interlocuteur annonce votre argument avant vous, ne le déroulez surtout pas comme prévu : vous auriez l’air de ne pas écouter, et l’écoute est notée. Reconnaissez qu’il vous a devancé, puis modifiez réellement la proposition. Il faut que quelque chose change.

[When your listener announces your argument before you do, do not roll it out as planned: you’d look like you weren’t listening, and listening is assessed. Acknowledge that they got there first, then genuinely modify the proposal. Something has to actually change.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
devineranticiper / voir venir[to guess]reconnaître
fin / finesubtil / pertinent / juste[sharp, perceptive]compliment
redoutercraindre / appréhender[to dread]l’objection
reprocherfaire grief de / objecter[to reproach]relance
Réponse 5Mettre la route dans la balance du temps totalB1

Quatre heures de voiture au total, c’est vrai, et ce n’est pas rien. Mais compare avec ce que ça ouvre : le week-end va du vendredi dix-huit heures au dimanche seize heures, donc quarante-six heures. Quatre heures de route sur quarante-six, il en reste quarante-deux au bord d’un lac, avec un sauna et des canots. Le rapport te paraît mauvais ?

[Four hours in the car in total, that’s true, and it’s not nothing. But compare it with what it opens up: the weekend runs from Friday six p.m. to Sunday four p.m., so forty-six hours. Four hours of driving out of forty-six leaves forty-two by a lake, with a sauna and canoes. Does the ratio look bad to you?]
3 templates réutilisables
  1. + Coût, c’est vrai, et ce n’est pas rien.
  2. Mais compare avec ce que ça ouvre : + le total.
  3. + Coût + sur + total, il reste + bénéfice.
Point de grammaire / discours

La soustraction dite à voix haute (« quatre sur quarante-six, il en reste quarante-deux ») est une figure simple et très efficace : elle donne à entendre un rapport plutôt qu’un montant. Notez le pronom « en » qui reprend les heures : il en reste quarante-deux.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Un coût ne se conteste pas, il se rapporte à un total. Dites les deux nombres dans la même phrase, en laissant une micro-pause avant le second : c’est le contraste qui convainc, pas le calcul. Et employez « en », qui est très attendu à ce niveau.

[A cost isn’t disputed, it’s set against a total. Say both numbers in the same sentence, with a micro-pause before the second: it’s the contrast that persuades, not the arithmetic. And use "en", which is expected at this level.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
ce n’est pas rience n’est pas négligeable / ça compte[that’s not nothing]concéder
ouvrirpermettre / donner accès à[to open up]recadrer
il en resteil demeure / ça laisse[that leaves]soustraction
le rapportla proportion / l’équilibre[the ratio]relance
Réponse 6Réduire : partir samedi matinB1

Le vendredi soir après le travail, tu as raison, c’est le pire moment pour faire deux heures de route. Et je ne vais pas te dire qu’on partira tôt : on ne part jamais tôt, il y a toujours quelqu’un en retard. Alors ne viens pas le vendredi. Tu nous rejoins le samedi matin, à la lumière, sans trafic. Tu perds une soirée et tu gardes tes deux heures de route au calme. Une nuit au lieu de deux, ça rend la route acceptable ?

[Friday evening after work, you’re right, is the worst possible time to do two hours’ driving. And I won’t tell you we’ll leave early: we never leave early, there’s always someone running late. So don’t come on Friday. Join us on Saturday morning, in daylight, with no traffic. You lose one evening and you keep your two hours of driving calm. One night instead of two — does that make the drive acceptable?]
3 templates réutilisables
  1. Je ne vais pas te dire qu’on partira tôt : on ne part jamais tôt.
  2. Alors ne viens pas + moment difficile. Tu nous rejoins + moment plus simple.
  3. + Version réduite, ça rend + l’objection + acceptable ?
Point de grammaire / discours

Réduire la proposition au lieu de la défendre est une manœuvre de négociation : on ne discute plus si, on discute combien. L’impératif négatif « ne viens pas le vendredi » surprend parce qu’il retire quelque chose, et c’est précisément ce qui rend la suite audible.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Quand l’objection porte sur une partie seulement de l’offre — ici le vendredi soir — supprimez cette partie au lieu de la justifier. Vous perdez une soirée sur le papier et vous gagnez la conversation. Et dites à voix haute ce que l’autre perd aussi : « tu perds une soirée » rend l’offre honnête.

[When the objection targets only part of the offer — here Friday evening — remove that part instead of justifying it. You lose one evening on paper and win the conversation. And say out loud what they lose too: "you lose an evening" keeps the offer honest.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
rejoindreretrouver / arriver après[to join]la proposition
à la lumièrede jour / en plein jour[in daylight]la proposition
le traficla circulation / les bouchons[traffic]l’objection
au calmetranquillement / sans stress[calmly]la proposition
🎨 La même objection, quatre autres styles

Les réponses ci-dessus sont en style A : reconnaître → recadrer → proposer → relancer. Voici la même objection traitée autrement. Les faits ne changent pas ; c'est la manière d'entrer dans l'argument qui change.

Style B · RécitLe trajet dont tout le monde se souvient
Recette : un souvenir de trajet → le fait horaire de l’annonce → proposition → relance

Tu te rappelles quand on est descendus à Québec, et qu’on a passé une heure et demie coincés à la sortie de la ville ? Tu avais dit exactement ce que tu me dis là. Et au final, c’est le trajet dont tout le monde reparle : on avait mis de la musique, on avait parlé, personne ne regardait sa montre. Là, on part le vendredi à dix-huit heures, donc après le travail, et je conduis. Tu n’as qu’à monter et fermer les yeux si tu veux. Tu veux qu’on parte une heure plus tôt pour éviter le gros du trafic ?

[Remember when we drove down to Quebec City and spent an hour and a half stuck getting out of town? You said exactly what you’re saying now. And in the end it’s the journey everyone still talks about: we put music on, we talked, nobody looked at their watch. Here we leave on Friday at six, so after work, and I’m driving. You just get in and close your eyes if you like. Do you want to leave an hour earlier to miss the worst of the traffic?]
Quand choisir ce style

Quand l’objection porte sur la pénibilité ressentie plutôt que sur l’horaire. On ne peut pas prouver qu’un trajet sera agréable ; on peut rappeler qu’un trajet redouté s’est bien passé. Attention : ne concluez pas « donc ce sera pareil » — cela promettrait quelque chose. Terminez sur une proposition.

[When the objection is about how unpleasant it feels rather than the timing. You can’t prove a journey will be enjoyable; you can recall that a dreaded one went well. Careful: don’t conclude "so it’ll be the same" — that would be promising something. End on a proposal.]
Style C · CalculQuatre heures sur quarante-six
Recette : le coût en heures → rapporté au total → comparé à un trajet quotidien → proposition datée

Posons les heures, puisque c’est de temps qu’on parle et pas d’argent. Deux heures à l’aller, deux au retour : quatre heures. Le week-end fait quarante-six heures, du vendredi dix-huit heures au dimanche seize heures. Il reste donc quarante-deux heures sur place. Et compare avec ta semaine : tu fais une heure de transport par jour, soit cinq heures, pour aller travailler. Là, tu fais quatre heures pour deux nuits au bord d’un lac. Si je bloque le départ à dix-huit heures précises, vendredi, tu montes ?

[Let’s set out the hours, since we’re talking about time and not money. Two hours out, two back: four hours. The weekend is forty-six hours, Friday six p.m. to Sunday four p.m. So forty-two hours remain on site. And compare it with your week: you do an hour of commuting a day, five hours, to get to work. Here you do four hours for two nights by a lake. If I fix the departure at six sharp on Friday, will you get in?]
Quand choisir ce style

Quand l’interlocuteur chiffre lui-même l’objection — « dix pour cent du temps », « une demi-journée de ma vie ». S’il compte, comptez mieux que lui. Ce style exige de connaître les deux horaires de l’annonce par cœur : dix-huit heures, seize heures, quarante-six heures.

[When your listener puts numbers on the objection themselves — "ten percent of the time", "half a day of my life". If they count, count better. This style requires knowing both times in the ad by heart: six p.m., four p.m., forty-six hours.]
Style D · À l’oralComme tu le dirais vraiment
Recette : la réponse 1 à l’oral : « bon », « écoute », « voilà », phrases courtes

Bon, deux heures, c’est long, je vais pas te dire le contraire. C’est écrit dans l’annonce, je l’ai lu comme toi. Mais regarde l’heure : vendredi dix-huit heures. Donc on part après le boulot, quoi. On perd pas une journée. Et pendant deux heures tu fais rien. T’es assis, tu mets de la musique, tu regardes la ville qui s’éloigne. Y en a plein qui disent que c’est là que le week-end commence. Si c’est pas toi qui conduis, ça reste un problème, deux heures ?

[Right, two hours is long, I won’t say otherwise. It’s in the ad, I read it just like you. But look at the time: Friday six p.m. So we leave after work. We don’t lose a day. And for two hours you do nothing. You’re sitting there, you put music on, you watch the city disappear. Loads of people say that’s when the weekend starts. If you’re not the one driving, is two hours still a problem?]
Quand choisir ce style

Remarquez « le boulot » pour le travail et « y en a plein qui » pour « beaucoup de gens » : deux réductions orales normales. Attention en revanche à « c’est pas toi qui conduis » — la chute du « ne » est correcte à l’oral, mais dans une question, articulez bien la fin de phrase, sinon la question se perd et l’examinateur n’entend pas que vous lui avez rendu la parole.

[Note "le boulot" for work and "y en a plein qui" for "many people": two normal spoken reductions. But be careful with "c’est pas toi qui conduis" — dropping "ne" is fine in speech, but in a question, articulate the end clearly, otherwise the question is lost and the examiner doesn’t hear that you handed the floor back.]
Style E · Version courteLa version courte — vingt secondes
Recette : la durée concédée · l’horaire de l’annonce · le rapport · la question

Deux heures, c’est long, c’est écrit et je ne le conteste pas. Mais on part vendredi à dix-huit heures, donc après le travail. Quatre heures de route sur quarante-six, il en reste quarante-deux au bord d’un lac. Le rapport te paraît mauvais ?

[Two hours is long, it’s written there and I don’t dispute it. But we leave Friday at six, so after work. Four hours of driving out of forty-six leaves forty-two by a lake. Does the ratio look bad to you?]
Quand choisir ce style

Quand le trajet revient après avoir déjà été traité, ou quand il ne reste que deux minutes. Le chiffre quatre-sur-quarante-six fait tout le travail : gardez-le et supprimez le reste.

[When the journey comes up again after being dealt with, or when only two minutes remain. The four-out-of-forty-six figure does all the work: keep it and cut everything else.]
👩‍🏫 Version professeur — conduire cette objection en classe
À écouter chez l’élève
  • L’élève conteste-t-il la durée, qui est écrite dans l’annonce ? C’est une faute de lecture, pas d’argument.
  • Répond-il par un engagement daté et nominatif (« je conduis, on rentre à seize heures ») ou par une intention ?
  • Compte-t-il le retour, ou ne parle-t-il que de l’aller comme l’interlocuteur le lui reproche ?
  • Quand l’interlocuteur annonce l’argument du covoiturage avant lui, l’élève le déroule-t-il quand même ?
Ce qui sépare les niveaux
NCLCCe qu’on entend
NCLC 5Dit « deux heures, ce n’est rien » et promet qu’on partira tôt. Aucun horaire précis, aucune prise en charge.
NCLC 7Reprend l’horaire écrit, rapporte les quatre heures aux quarante-six du séjour, et s’engage sur un point vérifiable.
NCLC 9Renchérit sur l’objection (« c’est même pire, le dimanche tout le monde rentre »), puis propose immédiatement un départ décalé. Réduit l’offre plutôt que de la défendre.
Les erreurs qui reviennent — et la correction à donner
1

L’élève dit : « Deux heures, ça passe vite, tu verras, on sera arrivés avant que tu t’en rendes compte. »

Pourquoi ça coûte : Minimise une durée écrite dans l’annonce et promet une perception que l’on ne contrôle pas. L’interlocuteur a déjà dit qu’il comptait aussi le retour et le trafic.

Correction : « Deux heures, c’est long, et je ne vais pas te dire le contraire : c’est écrit dans l’annonce et je l’ai lu comme toi. »

2

L’élève dit : « On s’arrangera pour le retour, ne t’inquiète pas. »

Pourquoi ça coûte : Intention au lieu d’engagement. Sur une objection logistique, « on s’arrangera » est la formule que l’examinateur attend pour relancer, et il relancera.

Correction : « Je conduis, et on rentre dimanche à seize heures comme prévu, même si les autres veulent rester. »

3

L’élève dit : « Le covoiturage, c’est super convivial, tu vas voir, on rigole bien en voiture. »

Pourquoi ça coûte : Vend une ambiance à quelqu’un qui vient d’expliquer que deux heures de conversation forcée sont exactement ce qu’il redoute. C’est répondre sans avoir écouté.

Correction : « Je ne vais pas te dire que deux heures avec des gens que tu connais mal sont un bon moment. Tu montes avec moi, seulement nous deux. »

Exercice à faire en classe — De l’intention à l’engagement

Objectif : supprimer les formules d’intention sur toute objection logistique. Trois éléments obligatoires dans chaque réponse : qui, quel jour, quelle heure.

  1. Le professeur pose une objection de transport, d’horaire ou de dépendance.
  2. Dès que l’élève dit « on verra », « je m’en occuperai » ou « ne t’inquiète pas », le professeur l’interrompt et l’élève reprend sa phrase.
  3. La réponse n’est validée que si elle contient une personne nommée, un jour et une heure.
  4. Deuxième tour : l’élève doit en plus annoncer lui-même le point défavorable avant qu’on le lui oppose.
  5. Troisième tour : le professeur annonce l’argument de l’élève avant lui. L’élève doit reconnaître qu’il a été devancé et modifier réellement sa proposition.
⚡ Phrases prêtes à l'emploi — à réutiliser telles quelles
PhraseEnglishFonction
Deux heures, c’est long, je ne vais pas te dire le contraire.[Two hours is long, I won’t say otherwise.]concéder
C’est écrit dans l’annonce et je l’ai lu comme toi.[It’s in the ad and I read it as you did.]concéder
On part à dix-huit heures, donc après le travail.[We leave at six, so after work.]recadrer
Quatre heures de route sur quarante-six, il en reste quarante-deux.[Four hours out of forty-six leaves forty-two.]chiffrer
Je conduis, tu n’as qu’à monter.[I’ll drive, you just get in.]proposer
On rentre à seize heures, même si les autres veulent rester.[We leave at four, even if the others want to stay.]proposer
Si tu veux partir plus tôt, tu me le dis la veille.[If you want to leave earlier, tell me the day before.]proposer
Tu montes avec moi, les autres prennent la deuxième voiture.[You ride with me, the others take the second car.]proposer
Si tu ne conduis pas, est-ce que deux heures restent un problème ?[If you’re not driving, are two hours still a problem?]faire préciser
Ça te paraît jouable, ou le problème est ailleurs ?[Does that sound workable, or is the problem elsewhere?]relancer
Vocabulaire propre à cette objection
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
le trajetla route / le déplacement / le chemin[the journey]le trajet
les bouchonsles embouteillages / le trafic[traffic jams]le trajet
covoiturerpartager la voiture / faire du covoiturage[to car-share]la solution
dépendre de quelqu’unêtre tributaire de / compter sur[to depend on someone]l’objection
rédhibitoireéliminatoire / bloquant[a deal-breaker]objection forte
à l’aller / au retouren partant / en revenant[on the way there / back]le trajet
👥3Le groupe — « douze personnes, et je n’en connais que la moitié »groupe
[The group — "twelve people, and I only know half of them"]
Formulations de l'examinateur — choisissez-en 1 sur 6
1
Douze personnes. Douze. Ce n’est plus un week-end entre amis, c’est une colonie de vacances. Et sur ces douze, j’en connais peut-être cinq. Ça veut dire deux jours entiers à faire la conversation à des gens avec qui je n’ai rien en commun, sans pouvoir rentrer chez moi le soir.[Twelve people. Twelve. That isn’t a weekend with friends any more, it’s a summer camp. And of those twelve I know maybe five. That means two full days making conversation with people I have nothing in common with, and no way of going home in the evening.]
2
Ce qui me fatigue, ce n’est pas les gens, c’est le nombre. À quatre, on parle. À douze, on ne parle plus, on gère. Il y a toujours trois conversations en même temps, quelqu’un qui veut faire une activité, quelqu’un qui veut dormir, et il faut trancher en permanence.[What tires me isn’t the people, it’s the number. With four you talk. With twelve you don’t talk any more, you manage. There are always three conversations at once, someone who wants to do an activity, someone who wants to sleep, and you’re constantly having to decide.]
3
Et ne me dis pas que je pourrai m’isoler quand j’en aurai besoin. Dans un groupe de douze, tout se remarque. Celui qui part marcher tout seul, on vient le chercher au bout de dix minutes, on lui demande si ça va, et il devient le sujet de la soirée.[And don’t tell me I’ll be able to slip away when I need to. In a group of twelve everything gets noticed. Whoever goes off walking alone gets fetched after ten minutes, gets asked if they’re all right, and becomes the topic of the evening.]
4
Tu ne m’as toujours pas dit qui vient, et c’est pourtant la seule information qui compte pour moi. Tu me donnes le prix, les horaires, le sauna, les canots — et sur la seule chose qui déterminerait ma réponse, tu restes vague. J’en conclus que la liste ne va pas me plaire.[You still haven’t told me who’s coming, and that’s the only piece of information that matters to me. You give me the price, the times, the sauna, the canoes — and on the one thing that would determine my answer you stay vague. I conclude the list isn’t going to please me.]
5
J’ai déjà fait ça, ce genre de week-end, il y a trois ans. Au bout de vingt-quatre heures, le groupe s’était coupé en deux : ceux qui voulaient faire la fête jusqu’à trois heures du matin et ceux qui voulaient dormir. Devine dans quel camp j’étais, et devine qui a perdu.[I’ve done this kind of weekend before, three years ago. After twenty-four hours the group had split in two: those who wanted to party until three in the morning and those who wanted to sleep. Guess which camp I was in, and guess who lost.]
6
Tu me dis douze maximum, comme si le plafond était rassurant. Pour moi, un plafond à douze, ça veut surtout dire qu’ils comptent bien le remplir. Personne ne loue un chalet de six chambres pour y mettre cinq personnes.[You tell me twelve maximum, as if the cap were reassuring. To me a cap of twelve mainly means they fully intend to fill it. Nobody rents a six-bedroom cabin to put five people in it.]
Relances de second niveau — choisissez-en 1 sur 5
↩1
Tu me dis « ça va bien se passer ». Tu n’en sais rien, et moi non plus. C’est bien le problème.[You tell me "it’ll be fine". You don’t know that, and neither do I. That’s exactly the problem.]
↩2
Six chambres, d’accord. On dort six heures. Il reste quarante heures où on est tous dans la même pièce.[Six bedrooms, fine. We sleep for six hours. That leaves forty hours with all of us in the same room.]
↩3
Si je viens et que je m’ennuie, je fais quoi ? Je n’ai pas de voiture, je ne peux pas partir.[If I come and I’m bored, what do I do? I have no car, I can’t leave.]
↩4
Tu dis que je pourrai prendre un canot une heure. Seul, sur un lac, en novembre, pendant que onze personnes font la fête ?[You say I could take a canoe out for an hour. Alone, on a lake, in November, while eleven people are partying?]
↩5
Et si le groupe se coupe en deux comme la dernière fois, tu seras dans quel camp, toi ?[And if the group splits in two like last time, which camp will you be in?]
Objectif pédagogique

C’est l’objection centrale du sujet : elle est psychologique, donc on ne peut pas la réfuter avec un fait. Le candidat doit apprendre à ne jamais promettre une ambiance — « tu vas voir, ils sont super » est une faute — et à répondre par de la structure : un chiffre plafonné, une chambre, une sortie possible, un engagement personnel. On y travaille aussi le refus de promettre, qui est très noté.

[This is the sujet’s central objection: it is psychological, so it cannot be refuted with a fact. The candidate must learn never to promise an atmosphere — "you’ll see, they’re great" is a mistake — and to answer with structure instead: a capped number, a bedroom, a possible exit, a personal commitment. It also trains refusing to promise, which scores well.]

6 réponses modèles distinctes

Réponse 1Refuser de promettre l’ambianceB2

Je ne vais pas te dire que tu vas passer un bon moment : je n’en sais rien, et si je te le promettais, tu aurais raison de ne pas me croire. Ce que je peux te dire, c’est ce qui est écrit. Six chambres pour douze personnes au maximum, donc deux par chambre. Un lac, un sauna dehors, trois canots. Ça veut dire qu’il y a plusieurs endroits où aller, et que tu n’es pas obligé d’être dans la même pièce que tout le monde pendant quarante-six heures. C’est le nombre qui te gêne, ou le fait de ne pas pouvoir t’échapper ?

[I’m not going to tell you you’ll have a good time: I don’t know that, and if I promised it you’d be right not to believe me. What I can tell you is what’s written. Six bedrooms for twelve people maximum, so two per room. A lake, an outdoor sauna, three canoes. That means there are several places to go, and you aren’t obliged to be in the same room as everyone else for forty-six hours. Is it the number that bothers you, or not being able to escape?]
3 templates réutilisables
  1. Je ne vais pas te dire que + promesse : je n’en sais rien.
  2. Ce que je peux te dire, c’est ce qui est écrit : + faits.
  3. C’est + X + qui te gêne, ou + Y ?
Point de grammaire / discours

L’opposition « je ne vais pas te dire que… / ce que je peux te dire, c’est… » sépare explicitement l’invérifiable du vérifiable. C’est la structure de l’honnêteté argumentative, et elle est directement valorisée : elle montre que vous distinguez un fait d’une opinion.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Ne promettez jamais une ambiance, un groupe ou une émotion : rien de tout cela n’est dans l’annonce, et l’examinateur le sait. Dites-le à voix haute — « je n’en sais rien » — puis revenez immédiatement aux faits écrits. Le refus de promettre est plus persuasif que la promesse.

[Never promise an atmosphere, a group or an emotion: none of that is in the ad, and the examiner knows it. Say so out loud — "I don’t know" — then go straight back to the written facts. Refusing to promise persuades more than promising.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
promettregarantir / assurer / jurer[to promise]ce qu’il ne faut pas faire
s’échappers’éclipser / prendre le large / sortir[to escape]l’objection
être obligé dedevoir / être contraint de[to have to]la liberté
gênerdéranger / embêter / bloquer[to bother]faire préciser
Réponse 2Le plafond comme garantieB1

Douze, c’est beaucoup, tu as raison, et je comprends que le chiffre te fasse reculer. Mais lis bien : l’annonce dit douze au maximum. C’est un plafond, pas un objectif. On ne sera jamais treize, jamais quinze. Et on peut très bien être huit. Rien ne nous oblige à remplir le chalet — le prix est par personne, donc être moins nombreux ne coûte pas plus cher en hébergement. Si on était huit, dont six que tu connais, tu dirais quoi ?

[Twelve is a lot, you’re right, and I understand the number makes you back off. But read it carefully: the ad says twelve maximum. That’s a cap, not a target. We’ll never be thirteen, never fifteen. And we could easily be eight. Nothing obliges us to fill the cabin — the price is per person, so being fewer doesn’t cost more in accommodation. If there were eight of us, six of whom you know, what would you say?]
3 templates réutilisables
  1. + Chiffre, c’est beaucoup, tu as raison.
  2. Mais lis bien : l’annonce dit + chiffre + au maximum. C’est un plafond, pas un objectif.
  3. Si on était + hypothèse, tu dirais quoi ?
Point de grammaire / discours

La distinction « un plafond, pas un objectif » repose sur une opposition nominale courte, très efficace à l’oral. La relance « si on était huit, tu dirais quoi ? » emploie l’imparbait hypothétique sans conditionnel dans la principale : c’est la forme orale normale, plus vive que « que dirais-tu ».

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Lire l’annonce mieux que votre interlocuteur est un point gagné à chaque fois. « Maximum » est un mot que tout le monde survole. Isolez-le, répétez-le, expliquez ce qu’il implique. Cela prouve une lecture attentive, ce qui est explicitement évalué.

[Reading the ad better than your listener wins a point every time. "Maximum" is a word everyone skims. Isolate it, repeat it, spell out what it implies. That demonstrates careful reading, which is explicitly assessed.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
un plafondune limite / un maximum[a cap]lire l’annonce
un objectifune cible / un but[a target]opposition
reculerhésiter / faire marche arrière[to back off]l’objection
l’hébergementle logement / le couchage[accommodation]l’annonce
Réponse 3S’engager personnellement plutôt que sur le groupeB2

Tu as raison sur un point que je ne peux pas contourner : je ne contrôle pas le groupe et je ne peux rien te garantir sur les autres. En revanche, je peux m’engager sur moi. Si tu viens, c’est avec moi que tu viens, pas avec onze inconnus. Concrètement : on fait la route ensemble, on partage la chambre, et si tu veux souffler une heure, je dis aux autres de te laisser tranquille. Ça, je peux le tenir. Est-ce que ça suffit à rendre les douze supportables ?

[You’re right on a point I can’t get around: I don’t control the group and I can’t guarantee you anything about the others. What I can commit to is myself. If you come, you come with me, not with eleven strangers. Concretely: we travel together, we share the room, and if you want an hour to yourself I’ll tell the others to leave you alone. That I can deliver. Is that enough to make the twelve bearable?]
3 templates réutilisables
  1. Tu as raison sur un point que je ne peux pas contourner : + ce qui échappe à votre contrôle.
  2. En revanche, je peux m’engager sur + ce qui dépend de vous.
  3. Concrètement : + liste d’actions précises. Ça, je peux le tenir.
Point de grammaire / discours

« En revanche » marque une opposition forte entre deux domaines, ici l’incontrôlable et le contrôlable. Notez « ça, je peux le tenir » : la dislocation à gauche (ça, …) met en relief l’engagement et sonne très naturel à l’oral.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Distinguez toujours ce que vous contrôlez de ce que vous ne contrôlez pas, et ne vous engagez que sur le premier. C’est ce qui sépare une réponse crédible d’une réponse commerciale. Trois actions concrètes valent mieux que dix assurances.

[Always separate what you control from what you don’t, and commit only to the first. That’s what separates a credible answer from a sales pitch. Three concrete actions beat ten reassurances.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
contourneréviter / esquiver[to get around]concéder
tenir (une promesse)respecter / honorer[to keep a promise]s’engager
laisser tranquillelaisser en paix / ne pas déranger[to leave alone]la solution
supportabletenable / vivable / acceptable[bearable]relance
Réponse 4Répondre à « tu ne m’as pas dit qui vient »C1

Tu as mis le doigt sur ce que j’ai évité, et tu as eu raison de le remarquer : je ne t’ai pas dit qui venait. La vraie raison, c’est que la liste n’est pas encore faite. Si je t’avais donné des noms, je les aurais inventés pour te rassurer. Alors je te propose l’inverse : dis-moi deux personnes avec qui tu ne veux pas passer deux jours, et je te dis franchement si elles viennent. C’est une réponse qui te va, ou tu veux la liste complète avant de décider ?

[You’ve put your finger on what I avoided, and you were right to notice: I haven’t told you who’s coming. The real reason is that the list isn’t made yet. If I’d given you names I’d have invented them to reassure you. So let me suggest the opposite: name two people you don’t want to spend two days with, and I’ll tell you honestly whether they’re coming. Does that work for you, or do you want the full list before deciding?]
3 templates réutilisables
  1. Tu as mis le doigt sur ce que j’ai évité, et tu as eu raison de le remarquer.
  2. Si je t’avais donné + X, je les aurais inventés pour + but.
  3. Alors je te propose l’inverse : + proposition retournée.
Point de grammaire / discours

Le conditionnel passé dans les deux propositions (« si je t’avais donné… je les aurais inventés ») exprime un irréel du passé : ce que vous n’avez pas fait, et pourquoi. C’est une construction exigeante qui, bien placée, situe immédiatement au-dessus du B2.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Quand on vous reproche une omission, avouez-la avant de l’expliquer. L’ordre compte : aveu, puis raison, puis contre-proposition. Si vous expliquez d’abord, ça devient une excuse ; si vous avouez d’abord, ça devient de la franchise.

[When you’re accused of leaving something out, admit it before explaining it. Order matters: admission, then reason, then counter-proposal. Explain first and it reads as an excuse; admit first and it reads as candour.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
mettre le doigt surtoucher juste / viser juste[to put one’s finger on]reconnaître
éviteresquiver / passer sous silence[to avoid]l’aveu
rassurertranquilliser / apaiser[to reassure]l’intention
franchementhonnêtement / sans détour[honestly]la proposition
Réponse 5La sortie de secours plutôt que la convictionB1

Tu me demandes ce que tu fais si tu t’ennuies, et c’est la question la plus légitime de toute cette conversation. Je ne peux pas te garantir que tu ne t’ennuieras pas. Personne ne peut promettre ça à personne. Ce que je peux faire, c’est te donner une sortie : si samedi midi tu veux rentrer, je te ramène. Deux heures de route, et tu es chez toi le samedi soir. Avec cette sortie-là, est-ce que tu tenterais le coup ?

[You ask me what you do if you’re bored, and it’s the most legitimate question in this whole conversation. I can’t guarantee you won’t be bored. Nobody can promise that to anybody. What I can do is give you a way out: if you want to go home on Saturday lunchtime, I’ll drive you. Two hours, and you’re home on Saturday evening. With that exit, would you give it a go?]
3 templates réutilisables
  1. Tu me demandes + question, et c’est la question la plus légitime.
  2. Je ne peux pas te garantir + X. Personne ne peut promettre ça.
  3. Ce que je peux faire, c’est te donner une sortie : + issue concrète.
Point de grammaire / discours

« Tenter le coup » est une locution familière courante, tout à fait attendue en Section B où le tutoiement est la norme. Notez le conditionnel de politesse dans la relance : « est-ce que tu tenterais » est une invitation, alors que « tu tentes ? » serait une pression.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Offrir une sortie est plus efficace que convaincre : ce n’est pas l’activité qui fait peur, c’est de ne pas pouvoir en sortir. Une issue précise — un jour, une heure, un moyen de transport — vaut dix arguments. Et elle ne promet rien, donc elle ne peut pas vous être reprochée.

[Offering an exit works better than persuading: it isn’t the activity that frightens, it’s being unable to leave it. A precise way out — a day, a time, a means of transport — is worth ten arguments. And it promises nothing, so it can’t be held against you.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
s’ennuyertrouver le temps long / tourner en rond[to be bored]l’objection
une sortieune issue / une porte de sortie / un moyen de partir[a way out]la solution
ramenerreconduire / raccompagner[to drive back]la solution
tenter le coupessayer / se lancer[to give it a go]relance
Réponse 6Partir de ceux qu’il connaîtB1

Tu dis que tu ne connais que la moitié des gens. C’est vrai, et je ne vais pas te dire que l’autre moitié va devenir tes amis. Mais regarde dans l’autre sens : la moitié que tu connais, ce sont cinq ou six personnes que tu vois déjà volontiers. Un week-end avec cinq personnes que tu apprécies et cinq que tu croiseras à la cuisine, ce n’est pas un week-end avec onze inconnus. Formulé comme ça, tu es avec qui, ce week-end-là ?

[You say you only know half the people. That’s true, and I won’t tell you the other half will become your friends. But look at it the other way round: the half you do know is five or six people you already enjoy seeing. A weekend with five people you like and five you’ll pass in the kitchen isn’t a weekend with eleven strangers. Put that way, who are you with that weekend?]
3 templates réutilisables
  1. Je ne vais pas te dire que + les inconnus + vont devenir tes amis.
  2. Mais regarde dans l’autre sens : + la moitié favorable.
  3. Ce n’est pas un week-end avec + sa formulation négative.
Point de grammaire / discours

Le retournement de perspective (« regarde dans l’autre sens ») reprend exactement la même donnée — la moitié — et l’oriente autrement. Aucun fait nouveau n’est introduit : c’est la description qui change, ce qui la rend impossible à contester.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Quand l’autre décrit une situation par ce qui lui manque, redécrivez-la par ce qu’elle contient, sans ajouter le moindre fait. « Onze inconnus » et « cinq amis plus cinq personnes » désignent le même week-end. Et refusez d’emblée de promettre une amitié : c’est le piège de cette banque.

[When the other describes a situation by what it lacks, redescribe it by what it contains, without adding any fact. "Eleven strangers" and "five friends plus five others" are the same weekend. And refuse upfront to promise friendship: that’s the trap in this bank.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
croiser quelqu’unrencontrer brièvement / passer devant[to run into]la reformulation
apprécieraimer bien / estimer[to like]la reformulation
volontiersavec plaisir / sans se forcer[gladly]la reformulation
dans l’autre sensà l’inverse / autrement[the other way round]le retournement
🎨 La même objection, quatre autres styles

Les réponses ci-dessus sont en style A : reconnaître → recadrer → proposer → relancer. Voici la même objection traitée autrement. Les faits ne changent pas ; c'est la manière d'entrer dans l'argument qui change.

Style B · RécitLe week-end où tu as parlé à deux personnes
Recette : un souvenir qui donne raison à l’autre → ce que l’annonce change → proposition → relance

Je me souviens du mariage de Sophie. Tu as passé la soirée dehors, sur les marches, avec deux personnes, et tu m’as dit après que c’était la meilleure soirée de l’année. Tu n’as pas parlé aux cent invités. Tu as parlé à deux. Et personne n’a trouvé ça bizarre, parce qu’il y avait un dehors où aller. Là, c’est exactement pareil : un lac, un sauna dehors, trois canots, six chambres. Il y a partout où aller quand on ne veut plus être dans le salon. Ce n’est pas le nombre de personnes qui compte, mais le nombre d’endroits, non ?

[I remember Sophie’s wedding. You spent the evening outside on the steps with two people, and you told me afterwards it was the best night of the year. You didn’t talk to the hundred guests. You talked to two. And nobody found it odd, because there was an outside to go to. Here it’s exactly the same: a lake, an outdoor sauna, three canoes, six bedrooms. There’s somewhere to go whenever you don’t want to be in the living room any more. It isn’t the number of people that counts, it’s the number of places, isn’t it?]
Quand choisir ce style

Quand l’objection est une peur sociale plutôt qu’un problème pratique. On ne réfute pas une peur avec un chiffre, mais un souvenir où la peur ne s’est pas réalisée la met à distance. Choisissez un souvenir où l’autre s’en est bien tiré à sa manière — surtout pas un où il a « fini par s’amuser avec tout le monde ».

[When the objection is a social fear rather than a practical problem. You don’t refute a fear with a figure, but a memory where the fear didn’t materialise puts distance around it. Pick a memory where the other person coped in their own way — never one where they "ended up enjoying everyone’s company".]
Style C · CalculDouze personnes, six pièces, quarante-six heures
Recette : le chiffre retourné → rapporté à l’espace → comparé au quotidien → proposition datée

Prenons ton chiffre et poussons-le jusqu’au bout, ça vaut mieux que de discuter d’impressions. Douze personnes, c’est le plafond de l’annonce. Mais il y a six chambres, une cuisine, un sauna dehors et trois canots : au moins dix endroits distincts. Douze personnes sur dix endroits, ça fait rarement douze personnes dans la même pièce. Et sur quarante-six heures, il y en a au moins seize où tout le monde dort. Il reste trente heures de vie commune, réparties sur deux jours. Si je te garantis une chambre à toi seul, est-ce que les douze deviennent acceptables ?

[Let’s take your number and push it all the way, that beats arguing about impressions. Twelve people is the ad’s cap. But there are six bedrooms, a kitchen, an outdoor sauna and three canoes: at least ten distinct places. Twelve people across ten places rarely means twelve people in one room. And out of forty-six hours, at least sixteen are spent asleep. That leaves thirty hours of shared life across two days. If I guarantee you a room to yourself, do the twelve become acceptable?]
Quand choisir ce style

Quand votre interlocuteur martèle un nombre — « douze, douze ». Reprendre son propre chiffre et le diviser par l’espace et par le temps lui retire son poids. Ce style suppose de compter à voix haute sans se tromper : préparez « six chambres, dix endroits, quarante-six heures, seize heures de sommeil ».

[When your listener hammers a number — "twelve, twelve". Taking their own figure and dividing it by space and by time strips its weight. This style requires counting out loud without slipping: prepare "six bedrooms, ten places, forty-six hours, sixteen hours asleep".]
Style D · À l’oralComme tu le dirais vraiment
Recette : le refus de promettre, à l’oral : « écoute », « je sais pas », « c’est tout »

Écoute, je vais pas te dire que tu vas passer un super moment. J’en sais rien, moi. Et si je te le promettais, t’aurais raison de pas me croire. Ce que je peux te dire, c’est ce qui est écrit. Six chambres, douze personnes maximum. Donc deux par chambre, c’est tout. Et y a un lac, un sauna dehors, trois canots. Ça veut dire que t’es pas obligé d’être dans la même pièce que tout le monde pendant quarante-six heures. C’est le nombre qui te gêne, ou le fait de pas pouvoir t’échapper ?

[Look, I’m not going to tell you you’ll have a great time. I’ve no idea. And if I promised you that, you’d be right not to believe me. What I can tell you is what’s written. Six bedrooms, twelve people maximum. So two per room, that’s it. And there’s a lake, an outdoor sauna, three canoes. Which means you’re not stuck in the same room as everyone for forty-six hours. Is it the number that bothers you, or not being able to escape?]
Quand choisir ce style

Le refus de promettre passe mieux à l’oral qu’à l’écrit, parce que « j’en sais rien, moi » sonne sincère là où « je ne peux pas te le garantir » sonne prudent. Notez « t’es pas obligé » : deux réductions dans trois mots, et c’est exactement ce qu’un francophone dirait. Gardez « c’est tout » pour clore une énumération : c’est court et net.

[Refusing to promise lands better in speech than in writing, because "j’en sais rien, moi" sounds sincere where "je ne peux pas te le garantir" sounds cautious. Note "t’es pas obligé": two reductions in three words, and exactly what a native would say. Keep "c’est tout" to close a list: short and clean.]
Style E · Version courteLa version courte — vingt secondes
Recette : je ne promets rien · le fait écrit · les espaces · la question

Je ne vais pas te promettre que ce sera agréable, je n’en sais rien. Ce qui est écrit, c’est douze personnes au maximum et six chambres. Avec un lac, un sauna et trois canots, tu n’es jamais coincé dans une pièce. C’est le nombre, ou de ne pas pouvoir partir ?

[I won’t promise you it’ll be pleasant, I don’t know. What’s written is twelve people maximum and six bedrooms. With a lake, a sauna and three canoes, you’re never stuck in one room. Is it the number, or not being able to leave?]
Quand choisir ce style

La version à utiliser quand l’objection du groupe revient pour la troisième fois — ce qui arrive presque toujours sur ce sujet, parce que c’est l’objection centrale. Tenir la même position en quatre phrases prouve que vous ne cherchez pas à noyer l’interlocuteur.

[The version to use when the group objection comes back a third time — which nearly always happens on this sujet, because it’s the central objection. Holding the same position in four sentences proves you aren’t trying to drown your listener.]
👩‍🏫 Version professeur — conduire cette objection en classe
À écouter chez l’élève
  • L’élève promet-il une ambiance ou des amitiés ? C’est la faute à corriger en priorité sur cette banque.
  • Isole-t-il le mot « maximum » de l’annonce, ou dit-il seulement « douze personnes » ?
  • S’engage-t-il sur lui-même plutôt que sur le comportement du groupe, qu’il ne contrôle pas ?
  • Offre-t-il une sortie concrète — un jour, une heure, un moyen de rentrer — plutôt qu’une réassurance ?
Ce qui sépare les niveaux
NCLCCe qu’on entend
NCLC 5Rassure par des adjectifs : « ils sont tous très sympas, tu vas adorer ». Invente une ambiance absente de l’annonce.
NCLC 7Refuse de promettre, cite le plafond de douze et les espaces disponibles, et propose une sortie datée.
NCLC 9Sépare ce qu’il contrôle de ce qu’il ne contrôle pas, avoue l’omission quand on lui reproche de ne pas dire qui vient, et retourne la perspective sur la moitié connue.
Les erreurs qui reviennent — et la correction à donner
1

L’élève dit : « Tu vas voir, ils sont tous adorables, tu vas t’intégrer tout de suite. »

Pourquoi ça coûte : Double invention : l’annonce ne dit rien des gens, et personne ne peut promettre une intégration. L’interlocuteur n’a qu’à demander « comment tu le sais ? » pour tout faire tomber.

Correction : « Je ne vais pas te dire que tu vas passer un bon moment : je n’en sais rien, et si je te le promettais, tu aurais raison de ne pas me croire. »

2

L’élève dit : « Mais non, personne ne fait attention à qui s’isole, tout le monde s’en fiche. »

Pourquoi ça coûte : Contredit l’expérience sociale que l’interlocuteur vient de décrire, et qui est exacte. Lui dire qu’il se trompe sur ce qu’il a vécu ferme la conversation.

Correction : « Je ne contrôle pas le groupe et je ne peux rien te garantir sur les autres. En revanche, je peux m’engager sur moi. »

3

L’élève dit : « Il y aura Marc, Sophie et Julie, tu les adores, c’est réglé. »

Pourquoi ça coûte : Invente une liste de participants que le candidat ne connaît pas, pour rassurer. Si l’examinateur demande confirmation, la réponse s’effondre et l’honnêteté du reste avec elle.

Correction : « La liste n’est pas encore faite. Dis-moi deux personnes avec qui tu ne veux pas passer deux jours, et je te dis franchement si elles viennent. »

Exercice à faire en classe — Ce que je contrôle

Objectif : apprendre à ne s’engager que sur soi. La plupart des élèves promettent le comportement d’un groupe qu’ils n’ont jamais rencontré, ce qui est à la fois invérifiable et facilement démonté.

  1. Le professeur formule une objection sociale : le groupe, les inconnus, le regard des autres.
  2. L’élève doit énoncer en une phrase ce qu’il ne contrôle pas, et le dire explicitement.
  3. Il énonce ensuite trois actions précises qui dépendent uniquement de lui, au présent ou au futur simple.
  4. Interdiction de tout adjectif décrivant les autres — sympathique, gentil, accueillant. Une occurrence : on recommence.
  5. Dernier tour : l’interlocuteur demande « et si je m’ennuie ? ». L’élève doit fournir une sortie avec un jour, une heure et un moyen de transport.
⚡ Phrases prêtes à l'emploi — à réutiliser telles quelles
PhraseEnglishFonction
Je ne vais pas te dire que tu vas passer un bon moment : je n’en sais rien.[I won’t tell you you’ll have a good time: I don’t know.]refuser de promettre
Ce que je peux te dire, c’est ce qui est écrit.[What I can tell you is what’s written.]recadrer sur le fait
L’annonce dit douze au maximum : c’est un plafond, pas un objectif.[The ad says twelve maximum: a cap, not a target.]lire l’annonce
Je ne contrôle pas le groupe, mais je peux m’engager sur moi.[I don’t control the group, but I can commit to myself.]distinguer
Si tu viens, c’est avec moi que tu viens.[If you come, you come with me.]s’engager
Si tu veux souffler une heure, je dis aux autres de te laisser tranquille.[If you want an hour to yourself, I’ll tell the others to leave you be.]proposer
Si samedi midi tu veux rentrer, je te ramène.[If you want to go home on Saturday lunchtime, I’ll drive you.]offrir une sortie
Ce n’est pas le nombre de personnes qui compte, c’est le nombre d’endroits.[It isn’t the number of people, it’s the number of places.]recadrer
C’est le nombre qui te gêne, ou de ne pas pouvoir t’échapper ?[Is it the number, or not being able to escape?]faire préciser
Avec cette sortie-là, est-ce que tu tenterais le coup ?[With that exit, would you give it a go?]relancer
Vocabulaire propre à cette objection
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
la promiscuitéle manque d’intimité / être les uns sur les autres[lack of privacy]l’objection
s’isolerse mettre à l’écart / prendre l’air / rester dans son coin[to go off alone]la solution
faire la conversationentretenir la discussion / meubler[to make conversation]l’objection
une connaissancequelqu’un que je connais de vue / un vague ami[an acquaintance]l’objection
un plafondune limite / un maximum[a cap]lire l’annonce
une sortie de secoursune porte de sortie / une issue[an emergency exit]la solution
🛏️4L’intimité — « partager une chambre, à mon âge »intimite
[Privacy — "sharing a room, at my age"]
Formulations de l'examinateur — choisissez-en 1 sur 6
1
Six chambres pour douze personnes, tu présentes ça comme une bonne nouvelle. Pour moi, c’est la mauvaise. Ça veut dire deux par chambre, donc partager une chambre pendant deux nuits avec quelqu’un dont je ne sais pas s’il ronfle, s’il se couche à trois heures, ou s’il se lève à six.[Six bedrooms for twelve people, you present that as good news. For me it’s the bad news. It means two per room, so sharing a room for two nights with someone I don’t know snores, goes to bed at three, or gets up at six.]
2
À vingt ans, je l’aurais fait sans réfléchir. Aujourd’hui, j’ai besoin de fermer une porte le soir. Ce n’est pas une question de confort, c’est une question de récupération : si je ne dors pas, mon lundi est fichu et ma semaine entière avec.[At twenty I’d have done it without thinking. Today I need to close a door at night. It isn’t about comfort, it’s about recovery: if I don’t sleep, my Monday is ruined and my whole week with it.]
3
Et puis il y a la salle de bain. Tu ne m’as pas dit combien il y en a. Douze personnes le dimanche matin, une ou deux salles de bain, ça veut dire faire la queue en peignoir devant une porte. Ce n’est pas du repos, ça.[And then there’s the bathroom. You haven’t told me how many there are. Twelve people on Sunday morning, one or two bathrooms, means queueing in a dressing gown outside a door. That isn’t rest.]
4
Tu me diras que je peux me coucher quand je veux. Dans un chalet en bois, avec onze personnes dans le salon, on entend tout. Il n’y a pas d’isolation phonique dans ce genre de construction, et tu le sais aussi bien que moi.[You’ll tell me I can go to bed whenever I like. In a wooden cabin, with eleven people in the living room, you hear everything. There’s no sound insulation in that kind of building, and you know it as well as I do.]
5
Il y a aussi le fait, et c’est bête, qu’il faut apporter ses draps. Donc non seulement je partage une chambre, mais je fais mon lit moi-même, dans une chambre qui n’est pas la mienne, avec des draps que j’ai transportés sur deux heures de route.[There’s also the fact, silly as it sounds, that you have to bring your own sheets. So not only do I share a room, I make my own bed, in a room that isn’t mine, with sheets I’ve carried for two hours.]
6
Franchement, je préfère payer plus cher et avoir ma chambre. Si c’était cent cinquante dollars avec une chambre individuelle, je te dirais oui tout de suite. C’est le partage qui bloque, pas le prix, et ton annonce ne prévoit rien pour ça.[Honestly, I’d rather pay more and have my own room. If it were a hundred and fifty with a single room, I’d say yes right away. It’s the sharing that blocks it, not the price, and your ad makes no provision for that.]
Relances de second niveau — choisissez-en 1 sur 5
↩1
Tu proposes de partager avec toi. Et si tu décides de veiller jusqu’à deux heures avec les autres, je fais quoi ?[You offer to share with me. And if you decide to stay up until two with the others, what do I do?]
↩2
Une chambre pour moi seul, ça veut dire que quelqu’un d’autre sera à trois. Ce n’est pas à moi d’imposer ça.[A room to myself means someone else will be three to a room. It isn’t for me to impose that.]
↩3
Tu ne sais pas combien il y a de salles de bain, et tu me réponds quand même. Ça veut tout dire.[You don’t know how many bathrooms there are, and you answer anyway. That says it all.]
↩4
Des bouchons d’oreilles, sérieusement ? C’est ta solution pour deux nuits à quatre-vingt-quinze dollars ?[Earplugs, seriously? That’s your solution for two nights at ninety-five dollars?]
↩5
Si je dors mal deux nuits de suite, tout le week-end est raté, et ça, aucun sauna ne le rattrape.[If I sleep badly two nights running, the whole weekend is spoilt, and no sauna makes up for that.]
Objectif pédagogique

Une objection qu’il ne faut surtout pas minimiser : le sommeil et l’intimité sont des besoins, pas des caprices. Le candidat apprend ici à ne pas répondre « mais non, ça ira », qui est la faute la plus fréquente, et à chercher une solution matérielle dans les limites de l’annonce. On travaille aussi l’aveu d’ignorance : dire « je ne sais pas combien il y a de salles de bain » est plus fort que d’inventer un chiffre.

[An objection that must never be minimised: sleep and privacy are needs, not whims. The candidate learns not to answer "no, it’ll be fine", the commonest mistake, and to look for a material solution within the ad’s limits. It also trains admitting ignorance: saying "I don’t know how many bathrooms there are" is stronger than inventing a number.]

6 réponses modèles distinctes

Réponse 1Le sommeil n’est pas un capriceB1

Si tu ne dors pas, tout le reste ne sert à rien, et je ne vais pas te dire que c’est un détail. L’annonce dit six chambres pour douze personnes au maximum. Donc si on est huit, il y a six chambres pour huit, et quelqu’un dort seul. Je te propose que ce soit toi. Je le dis au groupe avant de partir, comme ça c’est réglé et personne n’en discute sur place. Avec une chambre à toi, est-ce que ça change la réponse ?

[If you don’t sleep, everything else is pointless, and I’m not going to tell you it’s a detail. The ad says six bedrooms for twelve people maximum. So if there are eight of us, that’s six rooms for eight, and someone sleeps alone. I suggest that’s you. I’ll tell the group before we go, so it’s settled and nobody argues about it up there. With a room of your own, does that change the answer?]
3 templates réutilisables
  1. Si tu ne + besoin vital, tout le reste ne sert à rien.
  2. L’annonce dit + chiffre. Donc si on est + hypothèse, + conséquence.
  3. Je le dis au groupe avant de partir, comme ça c’est réglé.
Point de grammaire / discours

La structure « si + présent, + présent » exprime une conséquence considérée comme certaine, pas une hypothèse : c’est ce qui donne du poids à la concession. Remarquez aussi « comme ça c’est réglé », formule orale très courante pour clore un point.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Ne minimisez jamais un besoin physique. « Mais non, tu dormiras très bien » est la pire réponse possible : elle dit à l’autre qu’il se trompe sur lui-même. Reconnaissez le besoin en une phrase, puis cherchez une solution dans les chiffres de l’annonce.

[Never minimise a physical need. "No, you’ll sleep fine" is the worst possible answer: it tells the other person they’re wrong about themselves. Acknowledge the need in one sentence, then look for a solution inside the ad’s numbers.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
récupérerse reposer / refaire ses forces[to recover, to recharge]le sommeil
un capriceune lubie / une exigence[a whim]ce que ce n’est pas
réglertrancher / arranger / fixer[to settle]la solution
ronflerfaire du bruit en dormant[to snore]l’objection
Réponse 2Avouer qu’on ne sait pasB2

Les salles de bain, je ne sais pas. L’annonce ne le dit pas, donc je ne vais pas inventer un chiffre pour te rassurer. Ce qui est écrit, c’est six chambres et douze personnes au maximum. Sur les salles de bain, il n’y a rien, et c’est une vraie lacune de l’annonce. Je peux appeler demain et te donner la réponse exacte avant que tu décides. Tu ne dis ni oui ni non tant que tu ne l’as pas. C’est la seule information qui te manque, ou il y en a d’autres ?

[The bathrooms, I don’t know. The ad doesn’t say, so I’m not going to invent a figure to reassure you. What is written is six bedrooms and twelve people maximum. On bathrooms there’s nothing, and that’s a genuine gap in the ad. I can ring tomorrow and give you the exact answer before you decide. You say neither yes nor no until you have it. Is that the only information you’re missing, or are there others?]
3 templates réutilisables
  1. + Point précis, je ne sais pas. L’annonce ne le dit pas.
  2. Je ne vais pas inventer un chiffre pour te rassurer.
  3. Je peux + action datée + et te donner la réponse avant que tu décides.
Point de grammaire / discours

« Avant que tu décides » : après « avant que », le subjonctif est la règle. Notez que l’oral courant emploie souvent l’indicatif ici ; le subjonctif reste la forme attendue à l’examen et se remarque.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Dire « je ne sais pas » est un acte fort, à condition d’enchaîner sur la manière dont vous allez savoir. Un candidat qui invente une salle de bain perd toute crédibilité si l’examinateur relance. Un candidat qui dit « ce n’est pas écrit, j’appelle demain » gagne sur les deux tableaux.

[Saying "I don’t know" is a strong move, provided you follow with how you will find out. A candidate who invents a bathroom loses all credibility if the examiner pushes. One who says "it isn’t written, I’ll ring tomorrow" wins both ways.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
une lacuneun manque / un trou / une omission[a gap]critiquer l’annonce
inventerimproviser / se donner une réponse[to make up]ce qu’il ne faut pas faire
exactprécis / vérifié[exact]la proposition
il te manquetu n’as pas / il te faut encore[you’re missing]relance
Réponse 3Accepter de payer plusB2

Tu viens de dire quelque chose de très clair : ce n’est pas le prix, c’est le partage. Ça, je l’entends. Alors arrêtons de parler de quatre-vingt-quinze dollars. Si la chambre seule est la condition, c’est la chambre seule qu’il faut régler. On peut faire simple : tu prends une chambre pour toi et tu paies une part et demie. Les autres paient un peu moins puisqu’ils sont à deux. Personne n’est lésé. À cent quarante dollars avec ta chambre, tu viens ?

[You’ve just said something very clear: it isn’t the price, it’s the sharing. I hear that. So let’s stop talking about ninety-five dollars. If a room of your own is the condition, then the room is what we have to solve. We can keep it simple: you take a room to yourself and pay a share and a half. The others pay slightly less since they’re two to a room. Nobody loses out. At a hundred and forty with your own room, will you come?]
3 templates réutilisables
  1. Tu viens de dire quelque chose de très clair : ce n’est pas + X, c’est + Y.
  2. Si + condition + est la condition, c’est + condition + qu’il faut régler.
  3. À + chiffre + avec + avantage, tu viens ?
Point de grammaire / discours

La mise en relief « c’est la chambre seule qu’il faut régler » (c’est… que) focalise l’élément à traiter. C’est la construction la plus utile du français pour recentrer une discussion qui part dans tous les sens.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Quand l’autre vous dit lui-même quelle est sa condition, ne discutez plus : achetez-la. Une proposition chiffrée qui règle exactement sa condition vaut plus que cinq arguments. Et terminez par une question fermée avec le prix dedans : elle force une réponse.

[When the other person tells you their condition themselves, stop arguing: buy it. A costed proposal that solves exactly that condition is worth more than five arguments. And end with a closed question containing the price: it forces an answer.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
une partune quote-part / une portion du total[a share]l’argent
léserdésavantager / pénaliser[to short-change]l’équité
réglerrésoudre / trancher[to settle, to solve]la solution
une conditionune exigence / un préalable[a condition]la négociation
Réponse 4Le bruit : reconnaître, puis organiserC1

Sur l’isolation, tu as raison et je n’ai rien à répondre : dans un chalet en bois, on entend tout. Je ne vais donc pas te promettre le silence, ce serait faux, et tu le verrais dès la première nuit. Ce qu’on peut décider avant de partir, c’est une heure : à partir de minuit, ceux qui veulent continuer sortent, il y a un sauna dehors et une terrasse pour ça. Ce n’est pas une promesse, c’est une règle qu’on pose ensemble. Si le groupe accepte cette règle avant le départ, est-ce que tu viens ?

[On the insulation you’re right and I have nothing to say: in a wooden cabin you hear everything. So I’m not going to promise you silence, that would be false, and you’d see it the first night. What we can decide before leaving is a time: from midnight, anyone who wants to carry on goes outside — there’s a sauna and a deck for that. It isn’t a promise, it’s a rule we set together. If the group accepts that rule before we go, will you come?]
3 templates réutilisables
  1. Sur + point, tu as raison et je n’ai rien à répondre.
  2. Je ne vais pas te promettre + X, ce serait faux.
  3. Ce n’est pas une promesse, c’est une règle qu’on pose ensemble.
Point de grammaire / discours

L’opposition « ce n’est pas une promesse, c’est une règle » distingue deux actes de langage : l’un engage le locuteur sur un résultat qu’il ne maîtrise pas, l’autre engage le groupe sur un comportement. Savoir faire cette distinction à l’oral place très haut.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Quand vous ne pouvez pas garantir un résultat, proposez une règle. Une règle se décide, se vérifie et se rappelle ; une promesse ne fait que vous exposer. Dites explicitement « ce n’est pas une promesse » : ce refus est précisément ce qui vous rend crédible.

[When you can’t guarantee an outcome, propose a rule. A rule can be agreed, checked and invoked; a promise only exposes you. Say explicitly "this isn’t a promise": that refusal is exactly what makes you credible.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
l’isolation phoniquel’insonorisation / le bruit qui passe[sound insulation]l’objection
veillerrester debout tard / faire la fête[to stay up]l’objection
poser une règlefixer / convenir de / s’entendre sur[to set a rule]la solution
la terrassele balcon / le dehors / le patio[the deck]l’espace
Réponse 5Les draps : régler le détail au lieu de le défendreA2

Les draps, c’est vrai, c’est écrit qu’il faut les apporter, et c’est pénible. Mais c’est un sac, pas un déménagement. Et c’est moi qui conduis. Donc je prends tes draps avec les miens le vendredi. Tu n’as rien à porter et rien à préparer. Ce point-là, on peut le considérer comme réglé ?

[The sheets, that’s true, it says you have to bring them, and it’s annoying. But it’s one bag, not a house move. And I’m the one driving. So I’ll take your sheets with mine on Friday. You have nothing to carry and nothing to prepare. Can we consider that point settled?]
3 templates réutilisables
  1. + Point, c’est vrai, c’est écrit, et c’est pénible.
  2. Mais c’est + petite chose, pas + grande chose.
  3. Ce point-là, on peut le considérer comme réglé ?
Point de grammaire / discours

L’opposition « c’est un sac, pas un déménagement » redimensionne l’objection par une simple comparaison nominale, sans adjectif ni argument. C’est court, oral, et plus efficace qu’une explication. Notez la reprise par « ce point-là » avec le démonstratif renforcé en -là.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Sur un détail matériel, ne développez pas : réglez-le et fermez le sujet. Une réponse courte sur un petit point donne du poids à vos réponses longues sur les grands. Si vous argumentez trois phrases sur des draps, vous signalez que vous n’avez rien de mieux.

[On a practical detail, don’t elaborate: solve it and close the topic. A short answer on a small point gives weight to your long answers on big ones. Argue three sentences about bedsheets and you signal you have nothing better.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
pénibleembêtant / agaçant / contraignant[annoying]concéder
un déménagementun gros transport / des cartons[a house move]comparaison
portertransporter / trimballer (familier)[to carry]la solution
réglérésolu / clos / arrangé[settled]clôture
Réponse 6Réduire à une seule nuitB1

Deux nuits dans une chambre partagée, c’est ça qui bloque, et je l’entends depuis le début. Je ne vais pas te dire que la deuxième nuit sera plus facile que la première. Si tu dors mal vendredi, samedi sera pire. Alors fais une seule nuit. Tu arrives samedi midi, tu dors une nuit, tu rentres dimanche avec moi à seize heures. Une nuit ratée, ça se rattrape ; deux, non. Une seule nuit, est-ce que tu tenterais ?

[Two nights in a shared room is what blocks it, and I’ve heard that from the start. I won’t tell you the second night will be easier than the first. If you sleep badly on Friday, Saturday will be worse. So do one night only. You arrive Saturday lunchtime, you sleep one night, you come home with me at four on Sunday. One bad night can be made up; two can’t. One single night — would you give it a go?]
3 templates réutilisables
  1. + Le point exact + c’est ça qui bloque, et je l’entends depuis le début.
  2. Je ne vais pas te dire que + la suite + sera plus facile.
  3. Alors fais + version réduite. + Comparaison qui justifie la réduction.
Point de grammaire / discours

La justification de la réduction repose sur une opposition brève et parallèle : « une nuit ratée, ça se rattrape ; deux, non ». L’ellipse du verbe dans le second membre est naturelle à l’oral et donne à la phrase une netteté qu’une formulation complète n’aurait pas.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Sur une objection de sommeil, ne promettez jamais que ça ira mieux : vous ne savez pas. Réduisez plutôt l’exposition. Passer de deux nuits à une divise le risque par deux, c’est arithmétique, et cela montre que vous avez pris le problème au sérieux au lieu de le contourner.

[On a sleep objection, never promise it’ll be fine: you don’t know. Reduce the exposure instead. Going from two nights to one halves the risk, which is arithmetic, and it shows you took the problem seriously rather than working around it.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
bloquercoincer / empêcher de dire oui[to block]l’objection
se rattraperse récupérer / se compenser[to be made up for]l’argument
tenteressayer / se lancer[to give it a go]relance
une expositionle temps passé à risque[exposure]la réduction
🎨 La même objection, quatre autres styles

Les réponses ci-dessus sont en style A : reconnaître → recadrer → proposer → relancer. Voici la même objection traitée autrement. Les faits ne changent pas ; c'est la manière d'entrer dans l'argument qui change.

Style B · RécitLa fois où tu n’as pas fermé l’œil
Recette : le mauvais souvenir reconnu → ce qui est différent ici → règle proposée → relance

Je sais exactement à quoi tu penses : l’auberge à Tadoussac, le dortoir, et toi qui n’as pas fermé l’œil de la nuit. Tu m’en parles encore aujourd’hui. Mais là, ce n’est pas un dortoir. L’annonce dit six chambres pour douze personnes au maximum, avec une porte qui ferme, et si on est huit, il en reste une pour toi seul. Et je te propose qu’on décide d’une heure de silence avant même de partir, pas une fois sur place quand il sera trop tard. Qu’est-ce qui t’aurait manqué à Tadoussac pour que ça se passe bien ?

[I know exactly what you’re thinking of: the hostel in Tadoussac, the dormitory, and you not sleeping a wink. You still bring it up today. But this isn’t a dormitory. The ad says six bedrooms for twelve people maximum, with a door that closes, and if there are eight of us one is left for you alone. And I suggest we agree a quiet time before we even leave, not once we’re there and it’s too late. What would you have needed in Tadoussac for it to go well?]
Quand choisir ce style

Quand l’objection vient clairement d’une mauvaise expérience passée. Nommer ce souvenir avant l’autre montre que vous l’avez écouté, et permet de démontrer ce qui, concrètement, n’est pas pareil. La relance en « qu’est-ce qui t’aurait manqué » transforme la plainte en cahier des charges.

[When the objection clearly comes from a bad past experience. Naming that memory before they do shows you were listening, and lets you demonstrate what is concretely different. The "what would you have needed" relaunch turns a complaint into a specification.]
Style C · CalculSix chambres, huit personnes, une part et demie
Recette : le calcul des lits → la part supplémentaire chiffrée → l’équité vérifiée → proposition datée

Traitons ça comme un problème de répartition, parce que c’en est un, et qu’il se résout. Six chambres. Si on est huit, deux chambres sont à deux et quatre sont individuelles. Si on est douze, tout est à deux. Le nombre de personnes décide de ta chambre, pas la chance. Donc soit on plafonne le groupe à huit, soit tu paies une part et demie — cent quarante dollars au lieu de quatre-vingt-quinze — et ta chambre est garantie quel que soit le nombre. Tu préfères qu’on limite le groupe à huit, ou que tu paies les quarante-cinq dollars de plus ?

[Let’s treat this as an allocation problem, because it is one, and it can be solved. Six bedrooms. If there are eight of us, two rooms are doubles and four are singles. If there are twelve, everything is a double. The number of people decides your room, not luck. So either we cap the group at eight, or you pay a share and a half — a hundred and forty instead of ninety-five — and your room is guaranteed whatever the number. Would you rather we limit the group to eight, or that you pay the extra forty-five dollars?]
Quand choisir ce style

Quand l’interlocuteur dit lui-même qu’il paierait plus cher. Il vient de vous donner sa condition chiffrée : répondez par un chiffre, pas par une réassurance. La relance à deux branches — « tu préfères A ou B ? » — remplace une question qui peut recevoir non par une question qui ne le peut pas.

[When your listener says themselves that they’d pay more. They’ve just handed you a costed condition: answer with a figure, not with reassurance. The two-branch relaunch — "would you rather A or B?" — replaces a question that can be answered no with one that can’t.]
Style D · À l’oralComme tu le dirais vraiment
Recette : la réponse 1 à l’oral : on prend le sommeil au sérieux, « ah non mais », « clairement »

Ah non mais si tu dors pas, tout le reste sert à rien. Clairement. Je vais pas te dire que c’est un détail. Bon. L’annonce dit six chambres pour douze personnes maximum. Donc si on est huit, y a six chambres pour huit, et quelqu’un dort seul. Ben ce sera toi. Je le dis au groupe avant qu’on parte, comme ça c’est réglé et personne discute sur place. Avec une chambre à toi, ça change la réponse ou pas ?

[No but if you don’t sleep, everything else is pointless. Clearly. I’m not going to tell you it’s a detail. Right. The ad says six bedrooms for twelve people maximum. So if there are eight of us, that’s six rooms for eight, and someone sleeps alone. Well, it’ll be you. I’ll tell the group before we leave, so it’s settled and nobody argues about it up there. With a room of your own, does that change the answer or not?]
Quand choisir ce style

« Ah non mais » n’est pas un refus : c’est un marqueur d’accord appuyé, très fréquent, qui signifie « je suis entièrement d’accord avec toi ». Le confondre avec une objection est une erreur classique des apprenants. Notez aussi « ben » en tête de solution : il annonce une conséquence évidente et fait gagner une transition entière.

["Ah non mais" is not a refusal: it’s an emphatic agreement marker, very frequent, meaning "I completely agree with you". Mistaking it for an objection is a classic learner error. Note also "ben" opening the solution: it announces an obvious consequence and saves a whole transition.]
Style E · Version courteLa version courte — vingt secondes
Recette : le besoin reconnu · le calcul des chambres · l’engagement · la question

Si tu ne dors pas, le reste ne sert à rien. Six chambres pour douze au maximum : si on est huit, quelqu’un dort seul. Ce sera toi, et je le dis au groupe avant de partir. Ça change la réponse ?

[If you don’t sleep, the rest is pointless. Six bedrooms for twelve maximum: if there are eight of us, someone sleeps alone. It’ll be you, and I’ll tell the group before we leave. Does that change the answer?]
Quand choisir ce style

Quand le sommeil revient après avoir été traité, ou quand vous avez déjà employé beaucoup de temps sur les objections précédentes. Le calcul six-pour-huit est l’élément décisif : gardez-le et coupez tout le reste.

[When sleep comes up again after being dealt with, or when you’ve already spent a lot of time on earlier objections. The six-for-eight calculation is the decisive element: keep it and cut everything else.]
👩‍🏫 Version professeur — conduire cette objection en classe
À écouter chez l’élève
  • L’élève minimise-t-il le besoin de sommeil ? « Tu dormiras très bien » est la faute type de cette banque.
  • Quand il ne sait pas combien il y a de salles de bain, invente-t-il un chiffre ou l’avoue-t-il ?
  • Distingue-t-il une promesse (« il n’y aura pas de bruit ») d’une règle (« à partir de minuit, on sort ») ?
  • Sur les draps, règle-t-il le point en deux phrases, ou le défend-il longuement ?
Ce qui sépare les niveaux
NCLCCe qu’on entend
NCLC 5Dit « mais non, tu dormiras bien » et enchaîne. Contredit l’autre sur son propre corps.
NCLC 7Reconnaît le besoin, calcule six chambres pour huit, s’engage à prévenir le groupe, et avoue ce qu’il ignore.
NCLC 9Oppose explicitement promesse et règle, propose une contrepartie chiffrée pour la chambre individuelle, et réduit à une seule nuit quand rien d’autre ne débloque.
Les erreurs qui reviennent — et la correction à donner
1

L’élève dit : « Mais non, tu dormiras très bien, on sera tous crevés de toute façon. »

Pourquoi ça coûte : Contredit l’interlocuteur sur son propre sommeil et promet un résultat physiologique. Deux choses qu’aucun locuteur ne peut affirmer pour quelqu’un d’autre.

Correction : « Si tu ne dors pas, tout le reste ne sert à rien, et je ne vais pas te dire que c’est un détail. »

2

L’élève dit : « Il doit y avoir deux ou trois salles de bain, dans un chalet de cette taille. »

Pourquoi ça coûte : Invente un chiffre absent de l’annonce pour combler un silence. Si l’examinateur relance, le candidat n’a rien à produire et perd la crédibilité acquise ailleurs.

Correction : « Les salles de bain, je ne sais pas, l’annonce ne le dit pas, donc je ne vais pas inventer un chiffre pour te rassurer. Je peux appeler demain. »

3

L’élève dit : « Je te promets qu’on fera silence à partir de minuit. »

Pourquoi ça coûte : Promet le comportement de onze autres personnes, sur lesquelles le candidat n’a aucun pouvoir. Une règle se propose au groupe ; elle ne se promet pas à l’avance.

Correction : « Ce n’est pas une promesse, c’est une règle qu’on pose ensemble : à partir de minuit, ceux qui veulent continuer sortent. »

Exercice à faire en classe — Promesse ou règle

Objectif : faire entendre la différence entre s’engager sur un résultat qu’on ne maîtrise pas et proposer une règle que le groupe peut adopter. C’est une distinction de niveau élevé et elle s’enseigne en dix minutes.

  1. Le professeur lit une série d’énoncés : « il n’y aura pas de bruit », « on éteint à minuit », « tu dormiras bien », « chacun range sa chambre avant de partir ».
  2. La classe classe chaque énoncé en deux colonnes : promesse impossible, ou règle adoptable.
  3. Pour chaque promesse impossible, un élève propose la règle équivalente, formulée au présent et avec une heure.
  4. Inverser : l’élève improvise une réponse de trente secondes sur le bruit, et la classe compte ses promesses.
  5. Terminer en faisant dire à voix haute la formule complète : « ce n’est pas une promesse, c’est une règle qu’on pose ensemble ».
⚡ Phrases prêtes à l'emploi — à réutiliser telles quelles
PhraseEnglishFonction
Si tu ne dors pas, tout le reste ne sert à rien.[If you don’t sleep, everything else is pointless.]concéder
Je ne vais pas inventer un chiffre pour te rassurer.[I won’t invent a figure to reassure you.]franchise
Ce n’est pas écrit dans l’annonce, donc je ne le sais pas.[It isn’t in the ad, so I don’t know.]avouer
Si on est huit, il reste une chambre pour toi seul.[If there are eight of us, a room is left for you alone.]chiffrer
Tu paies une part et demie et ta chambre est garantie.[You pay a share and a half and your room is guaranteed.]proposer
Je ne vais pas te promettre le silence, ce serait faux.[I won’t promise you silence, that would be false.]refuser de promettre
Ce n’est pas une promesse, c’est une règle qu’on pose ensemble.[It isn’t a promise, it’s a rule we set together.]distinguer
Je prends tes draps avec les miens, tu n’as rien à porter.[I’ll take your sheets with mine, you carry nothing.]proposer
Ce point-là, on peut le considérer comme réglé ?[Can we consider that point settled?]clore un point
Tu préfères qu’on limite le groupe, ou que tu paies un peu plus ?[Would you rather we cap the group, or you pay a bit more?]relancer
Vocabulaire propre à cette objection
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
l’intimitél’espace à soi / la tranquillité[privacy]l’objection
ronflerfaire du bruit en dormant[to snore]l’objection
l’isolation phoniquel’insonorisation / le bruit qui passe[sound insulation]l’objection
récupérerrefaire ses forces / se reposer[to recover]le sommeil
une part et demieun supplément / une majoration[a share and a half]la solution
la literieles draps / les couvertures[bedding]l’annonce
❄️5Le froid et la météo — « un chalet au bord d’un lac, en novembre »meteo
[Cold and weather — "a lakeside cabin, in November"]
Formulations de l'examinateur — choisissez-en 1 sur 6
1
Un chalet au bord d’un lac, en novembre, il faut quand même le dire clairement : il va faire froid, il va faire gris, et il fera nuit à partir de seize heures trente. Tes canots, personne ne les mettra à l’eau. Ton sauna, il faudra sortir dans le froid pour y aller. On paie pour des choses qu’on ne va pas utiliser.[A lakeside cabin in November — let’s be clear about it: it will be cold, it will be grey, and it will be dark from half past four. Nobody will put your canoes in the water. Your sauna means going outside in the cold to reach it. We’re paying for things we won’t use.]
2
Et s’il pleut tout le week-end ? Pas une averse, je parle de deux jours de pluie continue. Douze personnes enfermées dans un chalet, sans pouvoir sortir, du vendredi soir au dimanche après-midi. Tu me garantis qu’on ne va pas tourner en rond ?[And if it rains all weekend? Not a shower, I mean two days of continuous rain. Twelve people shut in a cabin, unable to go out, from Friday evening to Sunday afternoon. Can you guarantee we won’t be going round in circles?]
3
Le bois de chauffage est fourni, d’accord, c’est écrit. Mais ça suppose que quelqu’un sache faire un feu et le tienne toute la nuit. Sinon, on se réveille à trois heures du matin dans une pièce à douze degrés, avec les draps qu’on a apportés soi-même.[Firewood is provided, fine, that’s written. But it assumes someone knows how to light a fire and keep it going all night. Otherwise we wake at three in the morning in a room at twelve degrees, with the sheets we brought ourselves.]
4
Il y a aussi la route. En novembre, la première neige peut tomber n’importe quel week-end, et sur une route de campagne, deux heures peuvent facilement devenir quatre. Et là, on est bloqués là-bas le dimanche soir, avec le travail le lendemain.[There’s the road too. In November the first snow can fall any weekend, and on a country road two hours can easily become four. And then we’re stuck up there on Sunday night, with work the next day.]
5
Je ne suis pas quelqu’un qui aime le froid, ce n’est pas une pose. J’ai mal aux mains dès qu’il fait moins de dix degrés. Un week-end où l’essentiel des activités est dehors, au bord de l’eau, ce n’est objectivement pas fait pour moi.[I’m not someone who likes the cold, it’s not a pose. My hands hurt as soon as it’s below ten degrees. A weekend where most of the activities are outside, by the water, is objectively not made for me.]
6
Attends avril, et je te dis oui tout de suite. Le même chalet, le même prix, le même lac, mais avec de la lumière jusqu’à vingt heures et une température qui permet de sortir. Pourquoi est-ce qu’il faut absolument que ce soit maintenant ?[Wait until April and I’ll say yes immediately. The same cabin, the same price, the same lake, but with daylight until eight and a temperature that lets you go outside. Why does it absolutely have to be now?]
Relances de second niveau — choisissez-en 1 sur 5
↩1
Tu dis « on se couvrira ». Se couvrir, ça marche vingt minutes. Pas deux jours.[You say "we’ll wrap up". Wrapping up works for twenty minutes. Not two days.]
↩2
Le sauna, tu le mets en avant, mais il est dehors. Il faut traverser le froid pour y aller et en revenir mouillé.[You push the sauna, but it’s outside. You have to cross the cold to get there and come back wet.]
↩3
Tu ne peux pas me garantir la météo, tu viens de le dire. Donc tu me demandes de payer pour un pari.[You can’t guarantee the weather, you’ve just said so. So you’re asking me to pay for a gamble.]
↩4
S’il neige, l’annulation gratuite ne sert à rien : elle s’arrête sept jours avant, et la neige ne prévient pas sept jours à l’avance.[If it snows, free cancellation is useless: it stops seven days before, and snow doesn’t give seven days’ notice.]
↩5
Pourquoi novembre et pas avril ? Tu ne m’as toujours pas répondu là-dessus.[Why November and not April? You still haven’t answered me on that.]
Objectif pédagogique

Le piège de la promesse. La météo est la seule chose dont le candidat est absolument certain de ne rien savoir, et c’est précisément pour cela que l’examinateur la met sur la table : il veut voir si le candidat va promettre. On travaille ici le refus explicite de garantir, puis le déplacement de l’argument vers ce qui, lui, est écrit dans l’annonce : le bois fourni, le sauna, la cuisine équipée, l’intérieur.

[The promise trap. The weather is the one thing the candidate is certain to know nothing about, and that is exactly why the examiner puts it on the table: they want to see whether the candidate will promise. This trains the explicit refusal to guarantee, then moving the argument to what is written in the ad: firewood provided, the sauna, the equipped kitchen, the indoors.]

6 réponses modèles distinctes

Réponse 1Refuser de garantir la météoB1

Je ne peux pas te garantir le temps qu’il fera, et si je te disais qu’il fera beau, tu aurais raison de te méfier de tout le reste. Ce que l’annonce garantit, en revanche, c’est le bois de chauffage fourni et une cuisine entièrement équipée. Ce sont les deux choses qui comptent quand il pleut. Un chalet chauffé, de quoi cuisiner et un sauna, ça fonctionne aussi bien sous la pluie que sous le soleil. Qu’est-ce qui te manquerait vraiment s’il pleuvait tout le week-end ?

[I can’t guarantee what the weather will do, and if I told you it would be fine, you’d be right to distrust everything else I say. What the ad does guarantee is firewood provided and a fully equipped kitchen. Those are the two things that matter when it rains. A heated cabin, something to cook with and a sauna work just as well in rain as in sun. What would you genuinely be missing if it rained all weekend?]
3 templates réutilisables
  1. Je ne peux pas te garantir + X, et si je te disais + promesse, tu aurais raison de te méfier.
  2. Ce que l’annonce garantit, en revanche, c’est + faits écrits.
  3. Qu’est-ce qui te manquerait vraiment si + hypothèse défavorable ?
Point de grammaire / discours

Le système hypothétique « si je te disais…, tu aurais raison de… » sert d’argument sur votre propre honnêteté : vous montrez ce qui se passerait si vous mentiez. La relance emploie le même temps (« qu’est-ce qui te manquerait si… »), ce qui donne une belle symétrie à la réponse.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

La météo est le piège classique de ce sujet. Dès que l’examinateur demande une garantie, la bonne réponse commence par un refus. Refusez en une phrase, sans vous excuser, puis nommez ce que l’annonce garantit vraiment. Le mot « en revanche » fait la bascule.

[The weather is this sujet’s classic trap. As soon as the examiner asks for a guarantee, the right answer starts with a refusal. Refuse in one sentence, without apologising, then name what the ad does guarantee. The word "en revanche" makes the pivot.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
garantirassurer / promettre / certifier[to guarantee]ce qu’on refuse de faire
se méfierdouter / ne pas faire confiance[to be wary]la crédibilité
chauffébien au chaud / tempéré[heated]l’annonce
il te manqueraittu regretterais / tu n’aurais pas[you’d be missing]relance
Réponse 2Le mauvais temps comme argument pourB2

Tu as raison, en novembre il fera probablement froid et il fera nuit tôt. Je ne vais pas prétendre le contraire. Mais demande-toi à quoi sert un chalet. On ne loue pas un chalet en novembre pour se baigner : on le loue parce qu’il y a un poêle, du bois fourni et une grande cuisine. La nuit qui tombe à seize heures trente, en ville, c’est déprimant. Au bord d’un lac, avec un feu allumé, c’est exactement ce qu’on vient chercher. Tu ne trouves pas que c’est justement la saison pour ça ?

[You’re right, in November it will probably be cold and get dark early. I’m not going to pretend otherwise. But ask yourself what a cabin is for. You don’t rent a cabin in November to go swimming: you rent it because there’s a stove, firewood provided and a big kitchen. Darkness at half past four, in the city, is depressing. By a lake, with a fire lit, it’s exactly what you go for. Don’t you think that’s precisely the season for it?]
3 templates réutilisables
  1. Je ne vais pas prétendre le contraire.
  2. Mais demande-toi à quoi sert + l’objet : on ne + verbe + pas pour + usage inadapté.
  3. Tu ne trouves pas que c’est justement + reformulation positive ?
Point de grammaire / discours

« Justement » retourne un argument en le reprenant : ce qui était présenté comme un défaut devient la raison même. C’est un adverbe pivot extrêmement rentable en Section B, à condition d’être suivi d’un fait tiré de l’annonce.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Le retournement — faire du défaut la raison — est spectaculaire mais fragile. Il ne tient que si vous l’appuyez immédiatement sur un fait écrit : ici, le bois fourni. Sans ce fait, c’est une pirouette et l’examinateur le verra.

[The reversal — turning the drawback into the reason — is striking but fragile. It only holds if you immediately back it with a written fact: here, the firewood provided. Without that fact it’s a pirouette, and the examiner will see it.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
un poêleun foyer / une cheminée[a wood stove]le chalet
prétendreaffirmer / soutenir / faire croire[to claim]la franchise
déprimanttriste / pesant / morose[depressing]le contraste
justementprécisément / c’est bien pour ça[precisely]le retournement
Réponse 3Accepter que ce ne soit pas pour luiC1

Si tu as mal aux mains en dessous de dix degrés, ce n’est pas une objection, c’est un fait, et je ne discute pas les faits. Je ne vais donc pas essayer de te convaincre que le froid n’est pas un problème pour toi. Tu me connaîtrais mal si je faisais ça. Ce que je peux te dire, c’est que le chalet est chauffé, que le bois est fourni, et que rien ne t’oblige à sortir. Le sauna est dehors, les canots aussi ; l’intérieur, lui, est à quinze mètres. Un week-end entièrement à l’intérieur, ça t’irait, ou ça n’a plus d’intérêt pour toi ?

[If your hands hurt below ten degrees, that isn’t an objection, it’s a fact, and I don’t argue with facts. So I’m not going to try to convince you the cold isn’t a problem for you. You’d think little of me if I did. What I can tell you is that the cabin is heated, the wood is provided, and nothing obliges you to go out. The sauna is outside, the canoes too; the indoors is fifteen metres away. Would a weekend entirely indoors suit you, or does it lose its point for you?]
3 templates réutilisables
  1. Ce n’est pas une objection, c’est un fait, et je ne discute pas les faits.
  2. Tu me connaîtrais mal si je + imparfait.
  3. + Proposition réduite, ça t’irait, ou ça n’a plus d’intérêt pour toi ?
Point de grammaire / discours

Distinguer « une objection » (discutable) d’« un fait » (non discutable) est un geste argumentatif de haut niveau. La relance à deux branches, dont l’une accepte l’échec (« ça n’a plus d’intérêt pour toi »), montre que vous ne forcez pas — ce qui est explicitement valorisé dans le critère d’interaction.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Quand l’objection porte sur le corps, arrêtez de persuader. Insister devient désagréable et coûte des points d’interaction. Reconnaissez le fait, réduisez la proposition à ce qui reste possible, et offrez ouvertement la possibilité d’un non. Le calme vaut mieux que l’insistance.

[When the objection is physical, stop persuading. Pushing becomes unpleasant and costs interaction marks. Acknowledge the fact, reduce the proposal to what remains possible, and openly leave room for a no. Calm beats insistence.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
discutercontester / remettre en question[to dispute]le fait
rien ne t’oblige àtu n’es pas forcé de / libre à toi de[nothing obliges you to]la liberté
à l’intérieurdedans / au chaud[indoors]la solution
avoir de l’intérêtvaloir la peine / présenter un intérêt[to be worth it]relance
Réponse 4Répondre à « pourquoi pas en avril »B2

C’est la meilleure question que tu m’aies posée, et je n’ai pas de réponse de vendeur à te donner. La vraie raison, c’est qu’en avril, ce chalet sera loué depuis longtemps. Là, il est libre, à quatre-vingt-quinze dollars, avec une annulation sans frais jusqu’à sept jours avant. On peut faire les deux, d’ailleurs : on essaie maintenant à petit prix, et si ça te plaît, on réserve avril dès le retour. Ça te paraît plus raisonnable présenté comme ça ?

[That’s the best question you’ve asked me, and I have no salesman’s answer for you. The real reason is that in April this cabin will have been booked long since. Right now it’s free, at ninety-five dollars, with free cancellation up to seven days before. We could do both, in fact: try it now at a low price, and if you like it we book April as soon as we get back. Does it sound more reasonable put that way?]
3 templates réutilisables
  1. C’est la meilleure question que tu m’aies posée, et je n’ai pas de réponse de vendeur.
  2. La vraie raison, c’est que + explication non flatteuse.
  3. On peut faire les deux, d’ailleurs : + proposition cumulative.
Point de grammaire / discours

« La meilleure question que tu m’aies posée » : le superlatif entraîne le subjonctif dans la relative. C’est une construction qui se remarque immédiatement à l’oral et qui, ici, sert aussi à reconnaître la qualité de l’objection avant d’y répondre.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Quand on vous propose une alternative raisonnable, ne la balayez pas : votre interlocuteur a de bonnes raisons et l’examinateur le sait. Reconnaissez la qualité de la question, donnez une raison qui ne vous flatte pas, puis proposez d’additionner les deux options plutôt que de choisir.

[When you’re offered a reasonable alternative, don’t sweep it aside: your listener has good reasons and the examiner knows it. Acknowledge the quality of the question, give a reason that doesn’t flatter you, then propose adding the two options rather than choosing.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
une réponse de vendeurun argument commercial / du baratin[a salesman’s answer]la franchise
être louéêtre réservé / être pris[to be booked]la disponibilité
libredisponible / vacant[available]la disponibilité
raisonnablesensé / défendable[reasonable]relance
Réponse 5La neige : ne pas balayer le risqueB1

La neige en novembre, ça arrive, tu as raison de le dire, et l’annulation gratuite ne couvre pas ce cas-là. Sept jours avant, personne ne connaît la météo. Donc sur ce point précis, l’annonce ne nous protège pas. Ce qu’on peut faire, c’est décider ensemble le jeudi : on regarde les prévisions, et si c’est annoncé mauvais, on renonce et on perd le chalet. Quatre-vingt-quinze dollars, pas ta sécurité. Si on se donne ce rendez-vous le jeudi, tu es d’accord pour réserver ?

[Snow in November happens, you’re right to say so, and free cancellation doesn’t cover that case. Seven days before, nobody knows the weather. So on that precise point the ad doesn’t protect us. What we can do is decide together on the Thursday: we look at the forecast, and if it’s announced bad we give up and lose the cabin. Ninety-five dollars, not your safety. If we set that Thursday check-in, are you willing to book?]
3 templates réutilisables
  1. + Risque, ça arrive, tu as raison de le dire.
  2. Sur ce point précis, l’annonce ne nous protège pas.
  3. Ce qu’on peut faire, c’est décider ensemble + jour : + procédure.
Point de grammaire / discours

La phrase nominale finale « quatre-vingt-quinze dollars, pas ta sécurité » oppose deux valeurs sans verbe. Cette ellipse est très fréquente à l’oral pour conclure et hiérarchiser : elle frappe plus qu’une phrase complète.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Reconnaître qu’un risque n’est pas couvert par l’annonce est plus convaincant que de le minimiser, et cela vous évite la faute la plus grave du sujet : promettre la sécurité. Puis inventez la procédure qui manque, avec un jour précis. Le jour précis fait toute la différence.

[Admitting that a risk isn’t covered by the ad convinces more than playing it down, and it keeps you clear of this sujet’s worst mistake: promising safety. Then invent the missing procedure, with a specific day. The specific day makes all the difference.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
les prévisionsla météo / le bulletin[the forecast]la procédure
renoncerlaisser tomber / annuler / abandonner[to give up]la procédure
couvrir (un risque)protéger / prendre en charge[to cover a risk]l’annonce
se donner rendez-vousconvenir d’un moment / fixer un point[to set a check-in]la proposition
Réponse 6Équiper plutôt que rassurerB1

Tu as raison, il fera froid, et « on se couvrira » ne veut rien dire quand on le dit comme ça. Se couvrir, ça marche vingt minutes si on est mal équipé, tu l’as dit toi-même et c’est exact. Alors je m’en occupe concrètement : j’ai deux duvets et des couvertures en trop, je les mets dans la voiture. Tu n’achètes rien et tu n’emportes rien. Si tu n’as rien à prévoir ni à acheter, le froid reste un obstacle ?

[You’re right, it will be cold, and "we’ll wrap up" means nothing said like that. Wrapping up works for twenty minutes if you’re badly equipped, you said so yourself and it’s true. So I’ll handle it concretely: I have two spare duvets and some blankets, I’ll put them in the car. You buy nothing and you carry nothing. If you have nothing to plan and nothing to buy, is the cold still an obstacle?]
3 templates réutilisables
  1. « + Formule creuse + » ne veut rien dire quand on le dit comme ça.
  2. Alors je m’en occupe concrètement : + ce que vous apportez.
  3. Tu n’achètes rien et tu n’emportes rien.
Point de grammaire / discours

Disqualifier sa propre formule avant que l’autre ne le fasse (« ne veut rien dire quand on le dit comme ça ») est un métadiscours qui achète la suite. La solution est ensuite entièrement matérielle : des objets nommés, transportés par vous, que l’autre n’a ni à acheter ni à porter.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Le froid ne se discute pas, il s’équipe. « On se couvrira » est une intention ; « j’ai deux duvets, je les mets dans la voiture » est une action. Nommez les objets et dites qui les transporte : c’est ce niveau de détail qui distingue une réponse préparée d’une réponse improvisée.

[Cold isn’t argued with, it’s equipped for. "We’ll wrap up" is an intention; "I have two duvets, I’ll put them in the car" is an action. Name the objects and say who carries them: that level of detail is what separates a prepared answer from an improvised one.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
un duvetun sac de couchage / une couette[a duvet, a sleeping bag]l’équipement
être équipéavoir ce qu’il faut / être préparé[to be equipped]l’argument
emporterprendre avec soi / transporter[to take along]la proposition
prévoiranticiper / préparer à l’avance[to plan for]relance
🎨 La même objection, quatre autres styles

Les réponses ci-dessus sont en style A : reconnaître → recadrer → proposer → relancer. Voici la même objection traitée autrement. Les faits ne changent pas ; c'est la manière d'entrer dans l'argument qui change.

Style B · RécitLe week-end où il a plu sans arrêt
Recette : un souvenir de mauvais temps → ce qui avait sauvé la journée → le fait de l’annonce → relance

Tu te rappelles le chalet de ton frère, il y a deux hivers ? Il a plu du vendredi au dimanche, sans une heure d’arrêt. On avait tous fait la tête en arrivant. Et on a passé deux jours autour du poêle à faire la cuisine et à parler. Personne n’a mis le nez dehors, et personne ne s’est plaint au retour. Là, c’est exactement le même dispositif : le bois de chauffage est fourni et la cuisine est entièrement équipée. C’est écrit dans l’annonce, ce n’est pas moi qui l’invente. Qu’est-ce qui manquait, ce week-end-là, à part le soleil ?

[Remember your brother’s cabin, two winters ago? It rained from Friday to Sunday, without an hour’s break. We all pulled faces when we arrived. And we spent two days round the stove cooking and talking. Nobody set foot outside, and nobody complained on the way home. Here it’s exactly the same set-up: firewood is provided and the kitchen is fully equipped. That’s in the ad, I’m not making it up. What was missing that weekend, apart from the sun?]
Quand choisir ce style

Quand la crainte porte sur le scénario catastrophe — « et s’il pleut tout le week-end ». Un souvenir où le pire est arrivé et où ça s’est bien passé répond mieux qu’une promesse, parce qu’il n’en est pas une. Terminez toujours par le fait écrit, sinon vous n’aurez raconté qu’une histoire.

[When the fear is the worst-case scenario — "and if it rains all weekend". A memory where the worst happened and it went fine answers better than a promise, because it isn’t one. Always end on the written fact, or you’ll have told nothing but a story.]
Style C · CalculQuinze mètres entre le froid et le poêle
Recette : le risque chiffré → ce que l’annonce couvre → la procédure du jeudi → proposition datée

Séparons ce qui est probable de ce qui est possible, sinon on va discuter de la pluie pendant dix minutes. Probable : il fera froid et il fera nuit tôt. Sur ces deux points, l’annonce répond — bois de chauffage fourni, cuisine entièrement équipée, sauna. Possible : il neige et la route devient mauvaise. Sur ce point, l’annonce ne couvre rien, l’annulation s’arrête sept jours avant. Donc on traite les deux séparément. Le froid : on reste dedans, l’extérieur est à quinze mètres si on en veut. La neige : on regarde les prévisions le jeudi et on renonce si c’est mauvais, quitte à perdre les quatre-vingt-quinze dollars. Sur lequel des deux risques est-ce que tu veux que je revienne ?

[Let’s separate what’s likely from what’s possible, or we’ll discuss rain for ten minutes. Likely: it will be cold and dark early. On those two the ad answers — firewood provided, fully equipped kitchen, sauna. Possible: it snows and the road turns bad. On that the ad covers nothing, cancellation stops seven days before. So we handle the two separately. The cold: we stay indoors, the outside is fifteen metres away if we want it. The snow: we check the forecast on Thursday and pull out if it’s bad, even if we lose the ninety-five dollars. Which of the two risks do you want me to come back to?]
Quand choisir ce style

Quand l’interlocuteur empile plusieurs craintes météo dans la même phrase. Les trier à voix haute — probable d’un côté, possible de l’autre — vous fait gagner du temps et montre une vraie maîtrise du discours. La relance vous rend la main sans rien promettre.

[When your listener piles several weather fears into one sentence. Sorting them out loud — likely on one side, possible on the other — saves time and shows real command of discourse. The relaunch hands you back the floor without promising anything.]
Style D · À l’oralComme tu le dirais vraiment
Recette : le refus de garantir, à l’oral : « j’en sais rien », « par contre », « c’est ça qui compte »

Le temps qu’il va faire, j’en sais rien. Et si je te disais qu’il fera beau, t’aurais raison de plus me croire sur le reste. Par contre, ce que l’annonce garantit, c’est le bois de chauffage et une cuisine équipée. Et franchement, c’est ça qui compte quand il pleut. Un chalet chauffé, de quoi cuisiner, un sauna : ça marche aussi bien sous la pluie qu’au soleil. Qu’est-ce qui te manquerait vraiment s’il pleuvait tout le week-end ?

[What the weather will do, I’ve no idea. And if I told you it’d be fine, you’d be right to stop believing me about the rest. On the other hand, what the ad guarantees is the firewood and an equipped kitchen. And honestly, that’s what counts when it rains. A heated cabin, something to cook with, a sauna: works as well in rain as in sun. What would you genuinely be missing if it rained all weekend?]
Quand choisir ce style

« J’en sais rien » en tête de réponse est la forme orale du refus de promettre, et elle est plus crédible que « je ne peux pas te le garantir » parce qu’elle ne cherche pas à sauver la face. Notez « par contre », équivalent oral de « en revanche » : parfaitement admis à l’oral, à éviter en rédaction où « en revanche » reste attendu.

["J’en sais rien" opening an answer is the spoken form of refusing to promise, and it’s more credible than "I can’t guarantee it" because it isn’t trying to save face. Note "par contre", the spoken equivalent of "en revanche": perfectly acceptable in speech, avoid in writing where "en revanche" is expected.]
Style E · Version courteLa version courte — vingt secondes
Recette : je ne garantis pas · ce que l’annonce garantit · la question

Je ne peux pas te garantir le temps qu’il fera. Ce que l’annonce garantit, c’est le bois de chauffage et une cuisine équipée. Un chalet chauffé fonctionne aussi bien sous la pluie. Qu’est-ce qui te manquerait, vraiment ?

[I can’t guarantee you what the weather will do. What the ad guarantees is the firewood and an equipped kitchen. A heated cabin works just as well in the rain. What would you genuinely be missing?]
Quand choisir ce style

Quand l’examinateur pose la question fermée du piège — « tu me garantis qu’on ne va pas tourner en rond ? ». Une réponse longue donnerait l’impression de chercher une échappatoire. Refusez en une phrase, citez l’annonce, rendez la parole.

[When the examiner asks the trap’s closed question — "can you guarantee we won’t be going round in circles?". A long answer would look like hunting for an escape. Refuse in one sentence, cite the ad, hand the floor back.]
👩‍🏫 Version professeur — conduire cette objection en classe
À écouter chez l’élève
  • Quand on lui demande une garantie sur la météo, l’élève refuse-t-il explicitement, ou biaise-t-il ?
  • Enchaîne-t-il immédiatement sur un fait écrit — bois fourni, cuisine équipée — après le refus ?
  • Sur la neige, reconnaît-il que l’annulation à sept jours ne couvre pas ce cas ?
  • Propose-t-il une procédure avec un jour nommé (« on regarde les prévisions le jeudi ») ?
Ce qui sépare les niveaux
NCLCCe qu’on entend
NCLC 5Promet le beau temps ou l’esquive par une plaisanterie. Ne cite aucun fait de l’annonce.
NCLC 7Refuse la garantie en une phrase, nomme le bois de chauffage et la cuisine équipée, et termine par une question.
NCLC 9Retourne la saison en argument sans forcer, admet que l’annulation ne couvre pas la neige, et invente la procédure manquante avec un jour précis.
Les erreurs qui reviennent — et la correction à donner
1

L’élève dit : « Ne t’inquiète pas, il fera beau, c’est annoncé. »

Pourquoi ça coûte : Invente une prévision à plusieurs semaines et promet la seule chose dont personne ne dispose. C’est le piège explicite de cette banque et l’examinateur le pose exprès.

Correction : « Je ne peux pas te garantir le temps qu’il fera, et si je te disais qu’il fera beau, tu aurais raison de te méfier de tout le reste. »

2

L’élève dit : « Même s’il pleut, on va bien s’amuser, tu verras. »

Pourquoi ça coûte : Remplace une promesse météo par une promesse d’émotion, qui est tout aussi invérifiable. L’interlocuteur a déjà dit qu’il redoutait de tourner en rond à douze.

Correction : « Ce que l’annonce garantit, c’est le bois de chauffage et une cuisine entièrement équipée. Ce sont les deux choses qui comptent quand il pleut. »

3

L’élève dit : « S’il neige, on annulera, l’annulation est gratuite. »

Pourquoi ça coûte : Faux : l’annulation s’arrête sept jours avant, et la neige ne s’annonce pas sept jours à l’avance. Le candidat cite l’annonce de travers, ce qui est pire que de ne pas la citer.

Correction : « Sur ce point précis, l’annonce ne nous protège pas : l’annulation s’arrête sept jours avant. Ce qu’on peut faire, c’est décider ensemble le jeudi. »

Exercice à faire en classe — Refuser la garantie en une phrase

Objectif : automatiser le refus explicite face à une question fermée qui demande une promesse. L’élève doit répondre non sans adoucir, puis revenir à un fait écrit dans la seconde phrase.

  1. Le professeur pose une question fermée exigeant une garantie : « tu me garantis qu’il fera beau ? », « je vais m’amuser, oui ou non ? ».
  2. L’élève doit répondre par un refus net en une phrase, sans « mais », sans plaisanterie, sans changer de sujet.
  3. Sa deuxième phrase doit citer un élément écrit de l’annonce, et un seul.
  4. Sa troisième phrase est une question rendant la parole à l’interlocuteur.
  5. Variante : le professeur insiste une seconde fois avec la même question. L’élève doit refuser à nouveau sans se répéter mot pour mot.
⚡ Phrases prêtes à l'emploi — à réutiliser telles quelles
PhraseEnglishFonction
Je ne peux pas te garantir le temps qu’il fera.[I can’t guarantee what the weather will do.]refuser de promettre
Si je te disais qu’il fera beau, tu aurais raison de te méfier.[If I said it would be fine, you’d be right to distrust me.]crédibilité
Ce que l’annonce garantit, c’est le bois de chauffage et la cuisine.[What the ad guarantees is the firewood and the kitchen.]recadrer sur le fait
On ne loue pas un chalet en novembre pour se baigner.[You don’t rent a cabin in November to go swimming.]retourner
Rien ne t’oblige à sortir, l’intérieur est chauffé.[Nothing obliges you to go out, the inside is heated.]rassurer honnêtement
Sur ce point précis, l’annonce ne nous protège pas.[On that precise point, the ad doesn’t protect us.]franchise
On regarde les prévisions le jeudi et on décide ensemble.[We check the forecast on Thursday and decide together.]proposer une procédure
Ce n’est pas une objection, c’est un fait.[That isn’t an objection, it’s a fact.]distinguer
Qu’est-ce qui te manquerait vraiment s’il pleuvait ?[What would you genuinely be missing if it rained?]faire préciser
Un week-end entièrement à l’intérieur, ça t’irait ?[Would a weekend entirely indoors suit you?]relancer
Vocabulaire propre à cette objection
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
les prévisions météole bulletin / la météo[the forecast]la procédure
le bois de chauffageles bûches / le combustible[firewood]l’annonce
un poêleun foyer / une cheminée[a wood stove]le chalet
se couvrirs’habiller chaudement / mettre une couche[to wrap up warm]le froid
une averseune ondée / de la pluie passagère[a shower]la météo
être bloquéêtre coincé / ne pas pouvoir repartir[to be stuck]le risque
🍳6L’organisation — « qui cuisine, qui nettoie, ça finit toujours mal »organisation
[Organisation — "who cooks, who cleans, it always ends badly"]
Formulations de l'examinateur — choisissez-en 1 sur 6
1
Concrètement, qui fait les courses pour douze personnes ? Qui cuisine le vendredi soir en arrivant à vingt et une heures ? Qui nettoie le dimanche matin avant de rendre les clés ? Parce que dans ce genre de week-end, ce sont toujours les trois mêmes qui travaillent pendant que les neuf autres se reposent.[Concretely, who does the shopping for twelve people? Who cooks on Friday evening when we arrive at nine? Who cleans on Sunday morning before handing back the keys? Because in this kind of weekend it’s always the same three people working while the other nine rest.]
2
Et je sais déjà comment ça se passe : « on verra sur place ». C’est la phrase qui précède toujours une engueulade le dimanche matin. On verra sur place, ça veut dire que celui qui supporte le moins le désordre finit par tout faire, en silence, et rentre énervé.[And I already know how it goes: "we’ll sort it out there". That’s the phrase that always precedes a row on Sunday morning. "We’ll sort it out there" means whoever tolerates mess least ends up doing everything, in silence, and goes home furious.]
3
La cuisine est équipée, tu me le répètes. Équipée, ça veut dire qu’il y a un four et des casseroles. Ça ne veut pas dire qu’il y a quelqu’un qui sait s’en servir pour douze personnes, ni que quelqu’un a envie de passer son samedi soir devant les plaques.[The kitchen is equipped, you keep telling me. Equipped means there’s an oven and some pans. It doesn’t mean there’s anyone who knows how to use them for twelve, nor that anyone wants to spend Saturday evening at the hob.]
4
Il y a aussi l’argent, et c’est toujours le pire. Quelqu’un avance les courses, quelqu’un oublie de rembourser, quelqu’un ne mange pas de viande et estime qu’il ne doit pas payer sa part. Au retour, il reste toujours une dette de quarante dollars entre deux personnes qui ne s’en reparleront jamais.[There’s the money too, and that’s always the worst. Someone fronts the shopping, someone forgets to pay them back, someone doesn’t eat meat and reckons they shouldn’t pay their share. On the way home there’s always a forty-dollar debt between two people who’ll never mention it again.]
5
Tu me parles d’un tableau des tâches. J’ai déjà vu ça. On le fait le vendredi soir, tout le monde trouve ça très drôle, et le samedi personne ne le regarde. Un tableau ne remplace pas la bonne volonté, et la bonne volonté, à douze, il y en a toujours qui n’en ont pas.[You mention a chore chart. I’ve seen that before. You do it on Friday evening, everyone finds it hilarious, and by Saturday nobody looks at it. A chart doesn’t replace goodwill, and with twelve people there are always some who have none.]
6
Et il faut rendre le chalet propre le dimanche à seize heures. Ça veut dire que la dernière heure du week-end, celle qui devrait être la plus agréable, on la passe à balayer et à sortir les poubelles. Pour moi, ça gâche tout le reste.[And the cabin has to be left clean by four on Sunday. That means the last hour of the weekend, the one that should be the nicest, is spent sweeping and taking out the bins. For me that spoils everything else.]
Relances de second niveau — choisissez-en 1 sur 5
↩1
Tu dis que tu t’en occuperas. Tu ne peux pas cuisiner pour douze pendant deux jours tout seul.[You say you’ll take care of it. You can’t cook for twelve for two days on your own.]
↩2
Une cagnotte commune, d’accord. Et celui qui ne met rien dedans, tu lui dis quoi, le dimanche ?[A shared kitty, fine. And the one who puts nothing in, what do you say to them on Sunday?]
↩3
Deux par repas, ça fonctionne sur le papier. Le samedi soir, il y en aura deux qui auront disparu.[Two per meal works on paper. On Saturday evening two of them will have vanished.]
↩4
Tu comptes trente dollars de nourriture par personne. Pour cinq repas, c’est six dollars le repas. Personne ne mange pour ça.[You reckon thirty dollars of food each. For five meals that’s six dollars a meal. Nobody eats for that.]
↩5
Et le ménage du dimanche, tu ne m’en as toujours pas parlé. C’est le moment que je redoute le plus.[And Sunday’s cleaning, you still haven’t mentioned it. That’s the moment I dread most.]
Objectif pédagogique

Une objection purement pratique, et c’est ce qui la rend difficile : aucun argument ne la résout, seule une organisation la résout. Le candidat apprend ici à répondre par un dispositif — qui fait quoi, quand, avec quel argent — et non par des intentions. On y travaille le lexique de la répartition et les formules d’engagement personnel, qui sont la seule réponse crédible à « c’est toujours les mêmes qui font tout ».

[A purely practical objection, and that’s what makes it hard: no argument solves it, only an arrangement does. The candidate learns to answer with a mechanism — who does what, when, with whose money — and not with intentions. It trains the vocabulary of sharing out work, and the personal commitment formulas that are the only credible answer to "it’s always the same people doing everything".]

6 réponses modèles distinctes

Réponse 1Répondre par un dispositif, pas par une intentionB1

Tu as raison, et « on verra sur place » est exactement la phrase qui finit en dispute le dimanche matin. Donc on ne dit pas ça. On décide avant de partir, par écrit, et on l’envoie au groupe. Deux personnes par repas, cinq repas, ça fait dix personnes sur douze. Les deux qui restent font le ménage du dimanche et ne cuisinent pas du week-end. Sur ce système-là, tu vois quelque chose qui ne marche pas ?

[You’re right, and "we’ll sort it out there" is exactly the phrase that ends in an argument on Sunday morning. So we don’t say that. We decide before leaving, in writing, and send it to the group. Two people per meal, five meals, that’s ten people out of twelve. The two left do Sunday’s cleaning and don’t cook all weekend. In that system, do you see anything that doesn’t work?]
3 templates réutilisables
  1. Tu as raison, et « + phrase creuse » est exactement ce qui finit en dispute.
  2. Donc on ne dit pas ça : on décide avant de partir, par écrit.
  3. Sur ce système-là, tu vois quelque chose qui ne marche pas ?
Point de grammaire / discours

Le passage du futur vague au présent d’organisation (« on décide », « deux personnes par repas ») donne l’impression que la chose est déjà faite. C’est un effet de discours très utile : le présent rend une proposition plus concrète qu’un futur.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Face à une objection d’organisation, ne répondez jamais par une intention. « Je m’en occuperai », « ça va bien se passer » : ce sont des réponses vides et l’examinateur relancera. Donnez des nombres et une répartition. Deux par repas, cinq repas, dix personnes : ça s’entend, ça se vérifie.

[Never answer an organisational objection with an intention. "I’ll take care of it", "it’ll be fine": these are empty answers and the examiner will push. Give numbers and an allocation. Two per meal, five meals, ten people: that can be heard and checked.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
une disputeune engueulade / une tension / un conflit[an argument]l’objection
par écritnoir sur blanc / sur papier[in writing]la solution
la répartitionle partage / la distribution des tâches[the allocation]la solution
le ménagele nettoyage / remettre en état[the cleaning]la solution
Réponse 2La cagnotte : régler l’argent avantB2

L’histoire des quarante dollars qui traînent entre deux personnes au retour, je l’ai vécue, et c’est toujours ça qui laisse un goût désagréable. Le problème n’est jamais le montant, c’est qu’on paie après, et qu’après, personne n’a envie de réclamer. Donc on paie avant : chacun met trente dollars dans une cagnotte le vendredi, on fait les courses avec, et ce qui reste, on le redistribue le dimanche. Personne n’avance rien, personne ne réclame rien. Comme ça, l’argent, ce n’est plus un sujet, non ?

[The business of forty dollars hanging between two people on the way home — I’ve lived it, and that’s always what leaves a bad taste. The problem is never the amount, it’s that you pay afterwards, and afterwards nobody wants to chase it. So we pay beforehand: everyone puts thirty dollars in a kitty on Friday, we shop with that, and whatever’s left we hand back on Sunday. Nobody fronts anything, nobody chases anything. That way money stops being a subject, doesn’t it?]
3 templates réutilisables
  1. + Situation, je l’ai vécue, et c’est toujours ça qui + conséquence.
  2. Le problème n’est jamais + fausse cause, c’est que + vraie cause.
  3. Donc on + inverse de la vraie cause : + procédure.
Point de grammaire / discours

« Ce n’est jamais X, c’est que Y » déplace la cause : on refuse le diagnostic de l’autre sans refuser son constat. C’est la structure argumentative la plus utile pour proposer une solution que l’autre n’avait pas envisagée.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Identifier la vraie cause fait plus d’effet que proposer dix solutions. Ici, la cause n’est pas l’argent mais le moment du paiement. Une fois la cause nommée, la solution paraît évidente et votre interlocuteur ne peut plus la refuser sans se contredire.

[Identifying the real cause lands better than offering ten solutions. Here the cause isn’t the money but when it’s paid. Once the cause is named, the solution looks obvious and your listener can’t refuse it without contradicting themselves.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
une cagnotteune caisse commune / un pot commun[a kitty]la solution
avancer (de l’argent)payer d’abord / faire l’avance[to front money]le problème
réclamerdemander son dû / relancer quelqu’un[to chase money]le problème
redistribuerrendre / répartir le reste[to hand back]la solution
Réponse 3S’engager nominativementB2

Tu dis que ce sont toujours les trois mêmes qui font tout. C’est vrai, et je fais partie de ceux qui l’ont laissé arriver. Ce qui ne marche pas, c’est de compter sur la bonne volonté générale. Personne ne se sent responsable de ce qui est à tout le monde. Alors je m’engage sur mon nom : je fais les courses du vendredi et le ménage du dimanche. Ce sont les deux moments les plus pénibles, et je les prends. Toi, tu ne fais rien du week-end. Si je m’occupe des deux bouts, est-ce que l’organisation reste un problème ?

[You say it’s always the same three people who do everything. That’s true, and I’m one of those who let it happen. What doesn’t work is relying on general goodwill. Nobody feels responsible for what belongs to everyone. So I’ll commit in my own name: I’ll do Friday’s shopping and Sunday’s cleaning. Those are the two worst moments and I’m taking them. You do nothing all weekend. If I handle both ends, is the organisation still a problem?]
3 templates réutilisables
  1. C’est vrai, et je fais partie de ceux qui l’ont laissé arriver.
  2. Personne ne se sent responsable de ce qui est à tout le monde.
  3. Alors je m’engage sur mon nom : + tâches précises.
Point de grammaire / discours

Reconnaître sa propre part de responsabilité (« je fais partie de ceux qui ») avant de proposer donne à l’engagement un poids qu’une simple offre n’aurait pas. Notez « s’engager sur mon nom », plus fort que « je vais essayer de » : le nom rend la promesse opposable.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Quand une objection dénonce un comportement collectif, incluez-vous dedans. Si vous vous placez au-dessus du problème, vous devenez insupportable. Si vous dites « j’en fais partie », vous devenez crédible, et l’engagement qui suit est entendu.

[When an objection denounces collective behaviour, include yourself in it. Place yourself above the problem and you become insufferable. Say "I’m part of it" and you become credible, and the commitment that follows is heard.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
la bonne volontél’envie d’aider / la participation[goodwill]l’objection
se sentir responsablese sentir concerné / prendre en charge[to feel responsible]l’analyse
les deux boutsle début et la fin / l’arrivée et le départ[both ends]la proposition
pénibleingrat / désagréable / fatigant[unpleasant]les tâches
Réponse 4Le ménage du dimanche, prévu à l’avanceB1

Le ménage du dimanche, tu as raison d’y revenir, parce que c’est le moment qui gâche la fin du week-end. Et ça arrive toujours pour la même raison : on ne le prépare pas, donc on le découvre à quinze heures alors qu’il faut partir à seize. Donc on le fait autrement : on range au fur et à mesure, et le dimanche matin, on y passe vingt minutes à douze. Vingt minutes, ça ne gâche rien. Vingt minutes le dimanche matin, tu peux vivre avec ?

[Sunday’s cleaning, you’re right to come back to it, because it’s the moment that spoils the end of the weekend. And it always happens for the same reason: we don’t prepare it, so we discover it at three when we have to leave at four. So we do it differently: we tidy as we go, and on Sunday morning twelve of us spend twenty minutes on it. Twenty minutes spoils nothing. Twenty minutes on Sunday morning — can you live with that?]
3 templates réutilisables
  1. Tu as raison d’y revenir, parce que c’est + ce que ça gâche.
  2. Ça arrive toujours pour la même raison : + cause.
  3. + Durée précise, tu peux vivre avec ?
Point de grammaire / discours

« Au fur et à mesure » est une locution que l’on attend à ce niveau pour exprimer la progression parallèle. Notez la division implicite dans « vingt minutes à douze » : la préposition « à » suffit à dire « répartis entre douze personnes ».

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Chiffrez la corvée. Un nettoyage non chiffré paraît infini ; « vingt minutes à douze » paraît supportable. C’est le même travail, mais la seconde formulation se répond, alors que la première ne se répond pas. Donnez toujours une durée.

[Put a number on the chore. An unquantified clean sounds infinite; "twenty minutes between twelve of us" sounds bearable. It’s the same work, but the second version can be answered and the first can’t. Always give a duration.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
au fur et à mesureprogressivement / petit à petit[as we go along]la solution
gâchergâter / abîmer / plomber[to spoil]l’objection
rangerremettre en ordre / nettoyer[to tidy]la solution
vivre avecaccepter / s’en accommoder[to live with]relance
Réponse 5Accepter la critique du tableauC1

Ta critique du tableau des tâches est juste, et elle est meilleure que ma proposition : un tableau qu’on trouve drôle le vendredi, personne ne le regarde le samedi. Ce qui manque à un tableau, ce n’est pas la clarté, c’est quelqu’un qui le fasse respecter — et personne n’a envie d’être celui-là. Alors on ne fait pas de tableau. On fait plus simple : chaque repas, deux noms décidés avant le départ, et je rappelle les noms à voix haute une heure avant. Ce n’est pas un règlement, c’est juste quelqu’un qui parle. Ça, ça te paraît tenable, ou tu as vu ça échouer aussi ?

[Your criticism of the chore chart is fair, and it’s better than my suggestion: a chart everyone finds funny on Friday is one nobody looks at on Saturday. What a chart lacks isn’t clarity, it’s someone to enforce it — and nobody wants to be that person. So we don’t do a chart. We do something simpler: for each meal, two names agreed before we leave, and I say the names out loud an hour beforehand. It isn’t a set of rules, it’s just someone speaking. Does that sound workable, or have you seen that fail too?]
3 templates réutilisables
  1. Ta critique est juste, et elle est meilleure que ma proposition.
  2. Ce qui manque à + X, ce n’est pas + fausse cause, c’est + vraie cause.
  3. Ça te paraît tenable, ou tu as vu ça échouer aussi ?
Point de grammaire / discours

Abandonner explicitement sa propre proposition (« alors on ne fait pas de tableau ») est un mouvement rare et très valorisé : il prouve que vous écoutez réellement. La relance qui envisage l’échec (« ou tu as vu ça échouer aussi ») montre que vous n’avez pas besoin d’avoir raison.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Quand l’objection détruit votre solution, ne la défendez pas : abandonnez-la et proposez-en une plus petite. Un candidat qui change d’avis sous un bon argument marque plus qu’un candidat qui tient sa position. L’interaction est un critère à part entière.

[When an objection destroys your solution, don’t defend it: drop it and offer something smaller. A candidate who changes their mind under a good argument scores more than one who holds the line. Interaction is a criterion in its own right.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
faire respecterappliquer / veiller à ce que ce soit suivi[to enforce]l’analyse
un règlementdes règles / un cadre[a set of rules]ce qu’on évite
tenableviable / réaliste / jouable[workable]relance
échouerne pas marcher / tomber à l’eau[to fail]relance
Réponse 6Tout prendre en charge, une foisB2

Tu as raison de ne pas croire aux systèmes : les tableaux, les tours de rôle, tout ça s’écroule le samedi soir. Et je ne vais pas te promettre que cette fois sera différente, parce que je ne contrôle pas les dix autres. Alors pour ce week-end-là, je ne compte sur personne : je fais les courses, je cuisine le vendredi et le samedi soir, et je nettoie le dimanche. Toi, tu ne fais rien. Si le système s’écroule, il s’écroule sans toi. Si tu n’as strictement aucune tâche, est-ce que l’organisation reste un sujet ?

[You’re right not to believe in systems: charts, rotas, all of it collapses on Saturday evening. And I won’t promise you this time will be different, because I don’t control the other ten. So for this weekend I’m counting on nobody: I do the shopping, I cook on Friday and Saturday evening, and I clean on Sunday. You do nothing. If the system collapses, it collapses without you. If you have strictly no task at all, is the organisation still a subject?]
3 templates réutilisables
  1. Tu as raison de ne pas croire aux systèmes : + ce qui s’écroule.
  2. Je ne vais pas te promettre que cette fois sera différente.
  3. Alors je ne compte sur personne : + liste de vos tâches. Toi, tu ne fais rien.
Point de grammaire / discours

Retirer entièrement l’autre du dispositif — « toi, tu ne fais rien » — est une offre extrême qui ne fonctionne qu’une fois et seulement si elle est bornée dans le temps (« pour ce week-end-là »). La dislocation « toi, tu » met l’exemption en relief et la rend audible.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Quand l’autre a déjà démonté chaque système que vous proposez, arrêtez d’en proposer. Prenez tout sur vous, explicitement, et bornez l’offre à une seule fois. C’est coûteux, donc crédible. Mais ne le faites qu’en dernier recours : employé trop tôt, cela ressemble à du chantage affectif.

[When the other has already dismantled every system you offer, stop offering them. Take everything on yourself, explicitly, and bound the offer to one occasion. It’s costly, therefore credible. But use it only as a last resort: deployed too early it reads as emotional blackmail.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
s’écroulers’effondrer / ne pas tenir[to collapse]l’objection
compter surse reposer sur / faire confiance à[to count on]le dispositif
une tâcheun travail / quelque chose à faire[a task]relance
bornerlimiter / restreindre à[to bound]la prudence
🎨 La même objection, quatre autres styles

Les réponses ci-dessus sont en style A : reconnaître → recadrer → proposer → relancer. Voici la même objection traitée autrement. Les faits ne changent pas ; c'est la manière d'entrer dans l'argument qui change.

Style B · RécitLe dimanche matin où personne ne parlait
Recette : le souvenir de la dispute → la cause repérée dans le souvenir → le dispositif → relance

Je repense au week-end chez Marc. Le dimanche matin, plus personne ne se parlait, et tout ça pour une histoire de vaisselle et de quarante dollars. Ce qui avait cassé, ce n’était pas la vaisselle : c’est qu’on n’avait rien décidé en partant, et qu’au bout de deux jours, chacun comptait ce que l’autre n’avait pas fait. Donc cette fois, on décide tout le vendredi avant de monter dans la voiture : deux noms par repas, trente dollars chacun dans une cagnotte, vingt minutes de ménage le dimanche matin. Qu’est-ce qui aurait sauvé le week-end de Marc, d’après toi ?

[I keep thinking about the weekend at Marc’s. On Sunday morning nobody was speaking to anyone, all over some washing-up and forty dollars. What broke wasn’t the washing-up: it was that we’d decided nothing before leaving, so after two days everyone was counting what the others hadn’t done. So this time we decide everything on Friday before we get in the car: two names per meal, thirty dollars each in a kitty, twenty minutes’ cleaning on Sunday morning. What would have saved Marc’s weekend, in your view?]
Quand choisir ce style

Quand l’objection s’appuie sur un précédent — « ça finit toujours mal ». Raconter le même précédent et en tirer la cause vous met du même côté que lui. La relance lui demande sa propre analyse : s’il la donne, il a construit votre dispositif avec vous et ne peut plus le refuser.

[When the objection rests on a precedent — "it always ends badly". Telling the same precedent and drawing out its cause puts you on their side. The relaunch asks for their own analysis: if they give it, they’ve built your arrangement with you and can no longer refuse it.]
Style C · CalculCinq repas, douze personnes, trente dollars
Recette : le travail chiffré → divisé par le groupe → l’argent préréglé → proposition datée

Mettons des nombres sur ce que tu décris, parce que « toujours les mêmes » est une impression, pas une organisation. Le week-end fait cinq repas : vendredi soir, samedi matin, samedi midi, samedi soir, dimanche matin. Deux personnes par repas, ça fait dix personnes mobilisées sur douze. Chacun cuisine une fois sur tout le week-end, quarante-cinq minutes. Pour l’argent : trente dollars chacun dans une cagnotte le vendredi, les courses sortent de là, et on redistribue le reste dimanche. Le ménage : vingt minutes à douze le dimanche matin, pas à quinze heures. Je t’écris ce plan ce soir en six lignes. Si tu n’y trouves rien à redire, on réserve ?

[Let’s put numbers on what you’re describing, because "always the same people" is an impression, not an arrangement. The weekend has five meals: Friday dinner, Saturday breakfast, Saturday lunch, Saturday dinner, Sunday breakfast. Two people per meal means ten of the twelve are on duty. Each cooks once across the whole weekend, forty-five minutes. For money: thirty dollars each in a kitty on Friday, the shopping comes out of that, and we share back what’s left on Sunday. Cleaning: twenty minutes between twelve on Sunday morning, not at three in the afternoon. I’ll write this out in six lines tonight. If you find nothing wrong with it, shall we book?]
Quand choisir ce style

Quand l’interlocuteur prédit le désordre sans le chiffrer. Découper le week-end en repas et diviser par le groupe transforme une crainte diffuse en tâche de quarante-cinq minutes. Ce style exige de connaître les cinq repas du séjour : comptez-les avant de parler.

[When your listener predicts chaos without quantifying it. Cutting the weekend into meals and dividing by the group turns a vague fear into a forty-five-minute task. This style requires knowing the five meals of the stay: count them before you speak.]
Style D · À l’oralComme tu le dirais vraiment
Recette : le dispositif à l’oral : on décide vite, chiffres nus, « bon », « voilà », « du coup »

Ouais, « on verra sur place », c’est exactement la phrase qui finit en engueulade le dimanche matin. T’as raison. Bon, du coup on dit pas ça. On décide avant de partir, par écrit, et on l’envoie au groupe. Voilà. Deux personnes par repas, cinq repas, ça fait dix personnes sur douze. Les deux qui restent font le ménage du dimanche et cuisinent pas du week-end. Sur ce système-là, tu vois un truc qui marche pas ?

[Yeah, "we’ll sort it out there" is exactly the phrase that ends in a row on Sunday morning. You’re right. Right, so we don’t say that. We decide before leaving, in writing, and send it to the group. There. Two people per meal, five meals, that’s ten people out of twelve. The two left do Sunday’s cleaning and don’t cook all weekend. In that system, do you see anything that doesn’t work?]
Quand choisir ce style

Un dispositif se dit en chiffres nus, sans phrase de liaison : « deux par repas, cinq repas, dix personnes ». C’est plus clair à l’oral qu’une phrase construite. Notez « voilà » employé seul pour clore une décision : très fréquent et très utile pour marquer qu’un point est réglé avant de passer au suivant.

[An arrangement is stated in bare numbers, with no linking sentence: "two per meal, five meals, ten people". That’s clearer in speech than a constructed sentence. Note "voilà" used alone to close a decision: very frequent and very useful for marking that a point is settled before moving on.]
Style E · Version courteLa version courte — vingt secondes
Recette : la phrase creuse refusée · le dispositif chiffré · la question

« On verra sur place » est la phrase qui finit en dispute, tu as raison. Donc on décide avant de partir, par écrit : deux personnes par repas, cinq repas. Les deux qui restent font le ménage et ne cuisinent pas. Tu vois quelque chose qui ne marche pas ?

["We’ll sort it out there" is the phrase that ends in an argument, you’re right. So we decide before leaving, in writing: two people per meal, five meals. The two left over do the cleaning and don’t cook. Do you see anything that doesn’t work?]
Quand choisir ce style

Quand l’organisation est soulevée tard dans l’épreuve, après que le temps et le groupe ont déjà pris plusieurs minutes. Le dispositif chiffré tient en deux phrases : ne le développez que si l’interlocuteur le conteste.

[When organisation comes up late in the test, after time and the group have already taken several minutes. The costed arrangement fits in two sentences: only expand it if your listener disputes it.]
👩‍🏫 Version professeur — conduire cette objection en classe
À écouter chez l’élève
  • L’élève répond-il par un dispositif chiffré, ou par une intention du type « je m’en occuperai » ?
  • Donne-t-il des nombres — deux par repas, cinq repas, vingt minutes — ou reste-t-il dans le qualitatif ?
  • S’inclut-il dans le problème quand l’objection dénonce un comportement collectif ?
  • Quand sa solution est démontée (« un tableau, personne ne le regarde »), l’abandonne-t-il ou la défend-il ?
Ce qui sépare les niveaux
NCLCCe qu’on entend
NCLC 5Répond « ça va bien se passer, on s’organisera ». Aucun nombre, aucune répartition, aucune date.
NCLC 7Propose une répartition chiffrée décidée avant le départ, et règle l’argent par une cagnotte payée à l’avance.
NCLC 9Identifie la vraie cause (on paie après, pas le montant), s’inclut dans le comportement dénoncé, et abandonne sa propre solution quand elle est réfutée.
Les erreurs qui reviennent — et la correction à donner
1

L’élève dit : « Ne t’inquiète pas, je m’occuperai de tout, ça va bien se passer. »

Pourquoi ça coûte : Intention sans contenu, et matériellement impossible : personne ne cuisine seul pour douze pendant deux jours. L’interlocuteur l’a d’ailleurs déjà dit.

Correction : « Deux personnes par repas, cinq repas, ça fait dix personnes sur douze. Les deux qui restent font le ménage du dimanche. »

2

L’élève dit : « Pour l’argent, on comptera au retour, ce n’est pas compliqué. »

Pourquoi ça coûte : C’est précisément le mécanisme qui produit la dette décrite par l’interlocuteur : on paie après, et après, personne n’ose réclamer.

Correction : « Chacun met trente dollars dans une cagnotte le vendredi et on redistribue le reste le dimanche. Personne n’avance rien, personne ne réclame rien. »

3

L’élève dit : « Il y a toujours des gens qui ne font rien, mais nous on n’est pas comme ça. »

Pourquoi ça coûte : Sépare le locuteur du groupe qu’il critique, ce qui le rend immédiatement antipathique et invérifiable. S’inclure aurait été plus fort et plus vrai.

Correction : « C’est vrai que ce sont toujours les trois mêmes qui font tout, et je fais partie de ceux qui l’ont laissé arriver. »

Exercice à faire en classe — Des nombres, pas des intentions

Objectif : remplacer systématiquement les formules d’intention par une répartition chiffrée. L’élève doit sortir trois nombres dans chaque réponse organisationnelle.

  1. Le professeur pose une objection d’organisation : les courses, la cuisine, le ménage, l’argent.
  2. L’élève répond. Toute phrase contenant « on verra », « je m’en occupe » ou « ça ira » est interrompue et reprise.
  3. La réponse n’est validée que si elle contient au moins trois nombres : combien de personnes, combien de fois, combien de temps ou combien d’argent.
  4. Deuxième tour : le professeur démonte la solution proposée. L’élève doit l’abandonner explicitement et en proposer une plus petite.
  5. Troisième tour : l’objection porte sur l’argent. La réponse doit déplacer le paiement avant le week-end, pas après.
⚡ Phrases prêtes à l'emploi — à réutiliser telles quelles
PhraseEnglishFonction
« On verra sur place », c’est la phrase qui finit en dispute.["We’ll sort it out there" is the phrase that ends in an argument.]concéder
On décide avant de partir, par écrit.[We decide before leaving, in writing.]proposer
Deux personnes par repas, cinq repas, dix personnes sur douze.[Two per meal, five meals, ten people out of twelve.]chiffrer
Le problème n’est pas le montant, c’est qu’on paie après.[The problem isn’t the amount, it’s that we pay afterwards.]recadrer
Chacun met trente dollars dans une cagnotte le vendredi.[Everyone puts thirty dollars in a kitty on Friday.]proposer
Je fais les courses et le ménage : les deux moments pénibles.[I’ll do the shopping and the cleaning: the two worst bits.]s’engager
Vingt minutes à douze, ça ne gâche rien.[Twenty minutes between twelve spoils nothing.]chiffrer
Ta critique est meilleure que ma proposition.[Your criticism is better than my suggestion.]céder
Sur ce système-là, tu vois quelque chose qui ne marche pas ?[In that system, do you see anything that doesn’t work?]relancer
Si je m’occupe des deux bouts, ça reste un problème ?[If I handle both ends, is it still a problem?]relancer
Vocabulaire propre à cette objection
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
se répartir les tâchesse partager le travail / faire des tours de rôle[to divide up the jobs]la solution
une cagnotteune caisse commune / un pot commun[a kitty]l’argent
avancer de l’argentpayer d’abord / faire l’avance[to front money]l’argent
une corvéeune tâche ingrate / le sale boulot[a chore]l’objection
au fur et à mesureprogressivement / petit à petit[as you go]la solution
une engueuladeune dispute / une prise de bec[a row]l’objection
📵7L’ennui — « qu’est-ce qu’on fait pendant deux jours là-bas ? »ennui
[Boredom — "what do we actually do for two days up there?"]
Formulations de l'examinateur — choisissez-en 1 sur 6
1
Concrètement, on fait quoi ? Tu me dis un lac, un sauna, trois canots. Le sauna, c’est une heure. Les canots, en novembre, personne ne les sortira. Il reste donc quarante heures à remplir dans un chalet en bois, sans cinéma, sans commerces, sans rien autour. Tu appelles ça un week-end, moi j’appelle ça une salle d’attente.[Concretely, what do we do? You mention a lake, a sauna, three canoes. The sauna is an hour. The canoes, in November, nobody will take out. That leaves forty hours to fill in a wooden cabin, with no cinema, no shops, nothing around. You call it a weekend, I call it a waiting room.]
2
Et je connais la suite : à un moment, quelqu’un sortira un jeu de cartes, et on jouera parce qu’il n’y a rien d’autre à faire. Ce n’est pas du repos, c’est de l’occupation. Chez moi, au moins, quand je m’ennuie, je peux faire ce que je veux.[And I know what comes next: at some point someone will produce a pack of cards, and we’ll play because there’s nothing else. That isn’t rest, it’s killing time. At home, at least, when I’m bored I can do what I like.]
3
Deux heures de route pour aller regarder un lac. Formulé comme ça, tu entends bien que ça ne tient pas. Si je veux voir de l’eau et des arbres, il y a un parc à vingt minutes de chez moi, et je rentre dormir dans mon lit le soir.[Two hours’ drive to go and look at a lake. Put like that, you can hear that it doesn’t add up. If I want water and trees there’s a park twenty minutes from my flat, and I go home to my own bed at night.]
4
Tu vas me répondre qu’on va parler, cuisiner, se reposer. Mais parler, on peut le faire au café mercredi soir, gratuitement, et rentrer chacun chez soi à vingt-trois heures. Qu’est-ce que le chalet ajoute, exactement, à part la contrainte de rester ?[You’ll tell me we’ll talk, cook, rest. But we can talk at a café on Wednesday evening, for free, and each go home at eleven. What exactly does the cabin add, apart from the obligation to stay?]
5
Il faut aussi penser au réseau. Au bord d’un lac, à deux heures de la ville, il y a de fortes chances qu’il n’y ait pas de connexion. Donc pas de travail en retard, pas de film, pas de musique. Pour certains c’est un argument ; pour moi c’est deux jours coupé de tout.[There’s the signal to think about too. By a lake, two hours from the city, there’s a good chance there’s no connection. So no catching up on work, no film, no music. For some that’s a selling point; for me it’s two days cut off from everything.]
6
Le samedi après-midi, dans ce genre d’endroit, il y a toujours ce moment creux entre le repas et le soir où plus personne ne sait quoi faire. Tout le monde regarde son téléphone qui ne capte pas. C’est là que les week-ends se cassent, et ça dure trois heures.[On Saturday afternoon, in that sort of place, there’s always that dead stretch between lunch and evening when nobody knows what to do. Everyone stares at a phone with no signal. That’s where these weekends fall apart, and it lasts three hours.]
Relances de second niveau — choisissez-en 1 sur 5
↩1
Tu me dis « ne rien faire, c’est justement le but ». Ne rien faire, je sais le faire chez moi, gratuitement.[You tell me "doing nothing is the point". I can do nothing at home, for free.]
↩2
Le sauna, tu le ressors à chaque fois. Combien de temps on reste dans un sauna, d’après toi ?[You keep bringing the sauna back. How long do you actually stay in a sauna?]
↩3
Une randonnée, d’accord. Et s’il pleut samedi après-midi, ton programme tombe entièrement.[A hike, fine. And if it rains on Saturday afternoon your whole programme collapses.]
↩4
Tu dis qu’on n’aura pas le temps de s’ennuyer. Personne ne prévoit de s’ennuyer, ça arrive quand même.[You say we won’t have time to be bored. Nobody plans to be bored, it happens anyway.]
↩5
Et si le groupe se coupe en deux, ceux qui veulent marcher et ceux qui veulent rester, on fait comment ?[And if the group splits, those who want to walk and those who want to stay, what then?]
Objectif pédagogique

Objection d’apparence facile, en réalité piégeuse : l’envie de répondre « mais non, on ne s’ennuiera pas » est immédiate, et c’est une promesse déguisée. Le candidat apprend à ne lister que ce qui est écrit — sauna, canots, cuisine, lac — puis à nommer honnêtement le creux du samedi après-midi au lieu de le nier, et enfin à proposer une activité datée. On y travaille aussi le vocabulaire du temps libre et de l’inaction choisie.

[An objection that looks easy and is in fact a trap: the urge to answer "no, we won’t be bored" is immediate, and it is a disguised promise. The candidate learns to list only what is written — sauna, canoes, kitchen, lake — then to name the Saturday-afternoon lull honestly rather than deny it, and finally to propose a dated activity. It also trains the vocabulary of free time and chosen idleness.]

6 réponses modèles distinctes

Réponse 1Ne lister que ce qui est écritA2

C’est une vraie question, et je ne vais pas te répondre « on trouvera bien quelque chose ». L’annonce donne trois choses : un sauna dehors, trois canots et une cuisine entièrement équipée. C’est tout ce qui est garanti. Avec ça, on a de quoi occuper un samedi : le lac le matin, le sauna en fin de journée, et cuisiner le soir à plusieurs. Il te faudrait quoi de plus pour que ce soit un vrai week-end ?

[That’s a fair question, and I’m not going to answer "we’ll find something". The ad gives three things: an outdoor sauna, three canoes and a fully equipped kitchen. That’s everything that’s guaranteed. With that we have enough for a Saturday: the lake in the morning, the sauna at the end of the day, and cooking together in the evening. What more would you need for it to be a proper weekend?]
3 templates réutilisables
  1. C’est une vraie question, et je ne vais pas te répondre + phrase creuse.
  2. L’annonce donne trois choses : + liste. C’est tout ce qui est garanti.
  3. Il te faudrait quoi de plus pour que + subjonctif ?
Point de grammaire / discours

Annoncer le nombre avant la liste (« trois choses : … ») structure la réponse et aide l’auditeur à suivre. C’est un réflexe à prendre pour toute énumération orale. La relance emploie « pour que » + subjonctif, forme attendue dès le B1.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Dire « c’est tout ce qui est garanti » est un aveu de limite, et c’est exactement ce qui vous rend crédible. Trois éléments écrits, énoncés calmement, valent plus qu’une liste de dix activités inventées que l’examinateur ne retrouvera pas dans l’annonce.

[Saying "that’s everything that’s guaranteed" admits a limit, and that’s exactly what makes you credible. Three written items, calmly stated, beat a list of ten invented activities the examiner won’t find in the ad.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
occuperremplir / meubler (le temps)[to fill time]l’activité
garantiassuré / certain / écrit[guaranteed]l’annonce
de quoi + infinitifce qu’il faut pour / assez pour[enough to]structure utile
il te faudraittu aurais besoin de / il te manque[you’d need]relance
Réponse 2Nommer le creux du samedi après-midiB2

Le moment creux du samedi après-midi, tu as raison, il existe, et tout le monde fait comme s’il n’existait pas. Je ne vais pas te dire qu’on n’aura pas le temps de s’ennuyer : dans un chalet, entre quatorze et dix-sept heures, il y a toujours un flottement. Alors on met quelque chose dedans, à l’avance : le sauna à quinze heures, par exemple. C’est le seul moment de la journée où il est agréable d’y aller, justement parce qu’il fait déjà frais. Si ce trou-là est bouché, est-ce qu’il en reste d’autres ?

[The dead stretch on Saturday afternoon — you’re right, it exists, and everyone pretends it doesn’t. I’m not going to tell you we won’t have time to be bored: in a cabin, between two and five, there’s always a drift. So we put something in it, in advance: the sauna at three, for instance. It’s the one time of day when it’s pleasant to go, precisely because it’s already chilly. If that gap is plugged, are there others left?]
3 templates réutilisables
  1. + Problème, tu as raison, il existe, et tout le monde fait comme s’il n’existait pas.
  2. Je ne vais pas te dire qu’on n’aura pas + X.
  3. Alors on met quelque chose dedans, à l’avance : + activité datée.
Point de grammaire / discours

« Faire comme si » + imparfait ou plus-que-parfait exprime la feinte : ici, « comme s’il n’existait pas ». C’est une construction élégante et fréquente. Notez aussi « justement parce que », qui retourne la cause en argument.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Nommer précisément le moment faible — pas « on pourrait s’ennuyer » mais « entre quatorze et dix-sept heures » — prouve que vous avez réellement imaginé le week-end. Puis bouchez ce trou avec une activité de l’annonce, à une heure précise. Précision plus honnêteté : c’est la combinaison qui marque.

[Naming the weak moment precisely — not "we might get bored" but "between two and five" — proves you’ve genuinely pictured the weekend. Then plug that gap with an activity from the ad, at a specific time. Precision plus honesty: that’s the combination that scores.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
un moment creuxun temps mort / un flottement / un trou[a lull]l’objection
boucher un troucombler / remplir[to plug a gap]la solution
un flottementune hésitation collective / un vide[a drift]l’objection
fraisun peu froid / vif[chilly]le sauna
Réponse 3Répondre à « qu’est-ce que le chalet ajoute »C1

Ta question est la bonne, et elle est plus difficile que toutes les autres : qu’est-ce que le chalet ajoute au café du mercredi ? Je ne vais pas te dire que la conversation y sera meilleure. Ce qui change, ce n’est pas la qualité, c’est la durée : au café, on se lève à vingt-trois heures parce qu’il faut travailler demain. Là, personne ne se lève. C’est la seule chose que le chalet ajoute vraiment, et c’est peut-être la seule qu’on ne peut pas s’offrir autrement. Est-ce que ça compte pour toi, ou est-ce que ça ne pèse pas assez ?

[Your question is the right one, and it’s harder than all the others: what does the cabin add to the Wednesday café? I’m not going to tell you the conversation will be better there. What changes isn’t the quality, it’s the length: at a café you stand up at eleven because there’s work tomorrow. Up there nobody stands up. That’s the only thing the cabin genuinely adds, and it may be the only one you can’t buy any other way. Does that count for you, or does it not weigh enough?]
3 templates réutilisables
  1. Ta question est la bonne, et elle est plus difficile que toutes les autres.
  2. Ce qui change, ce n’est pas + X, c’est + Y.
  3. Est-ce que ça compte pour toi, ou est-ce que ça ne pèse pas assez ?
Point de grammaire / discours

La mise en relief « ce qui change, ce n’est pas X, c’est Y » est la structure reine de la nuance à l’oral. Elle permet de concéder la moitié d’un argument tout en isolant précisément ce qui reste vrai. À employer au moins une fois dans l’épreuve.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Quand la question est bonne au point de menacer votre position, dites-le. Puis ne défendez qu’un seul point, le plus solide, et abandonnez le reste. Une réponse qui ne défend qu’une chose est plus convaincante qu’une réponse qui en défend cinq.

[When the question is good enough to threaten your position, say so. Then defend one point only, the strongest, and give up the rest. An answer that defends one thing persuades more than an answer defending five.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
ajouterapporter / faire gagner[to add]la question
la duréele temps qu’on a / la longueur[the length of time]l’argument
s’offrirse permettre / se procurer[to afford oneself]l’argument
pesercompter / avoir du poids[to weigh, to count]relance
Réponse 4Le réseau : ne pas le vendre comme une vertuB2

Sur le réseau, je ne sais pas ce que ça donne là-bas, et l’annonce n’en parle pas du tout. Je ne vais donc pas te vendre la déconnexion comme un bienfait. Si tu as besoin d’être joignable, c’est un vrai problème, pas une philosophie. Ce qu’on peut faire, c’est vérifier avant : j’appelle et je te dis s’il y a du réseau. Si ce n’est pas le cas, tu décides en le sachant. C’est important au point de tout changer, ou c’est juste inconfortable ?

[On the signal, I don’t know what it’s like up there, and the ad says nothing about it. So I’m not going to sell you disconnection as a benefit. If you need to be reachable, that’s a real problem, not a philosophy. What we can do is check beforehand: I’ll call and tell you whether there’s coverage. If there isn’t, you decide knowing that. Is it important enough to change everything, or just uncomfortable?]
3 templates réutilisables
  1. Sur + point, je ne sais pas, et l’annonce n’en parle pas.
  2. Je ne vais pas te vendre + X + comme un bienfait.
  3. C’est important au point de tout changer, ou c’est juste inconfortable ?
Point de grammaire / discours

« Au point de + infinitif » exprime le degré qui entraîne une conséquence. La relance oppose deux intensités (déterminant / inconfortable) et oblige l’interlocuteur à situer son objection sur une échelle : c’est une manière très efficace de faire préciser.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Ne transformez jamais un inconvénient en vertu. « Ça fait du bien de se déconnecter » est la formule type du discours publicitaire, et l’examinateur l’entend comme telle. Admettez le manque, proposez de le vérifier, et laissez l’autre juger.

[Never turn a drawback into a virtue. "It does you good to disconnect" is textbook advertising language, and the examiner hears it as such. Admit the gap, offer to check it, and let the other person judge.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
le réseaula connexion / le signal / la couverture[phone signal]l’objection
joignabledisponible / qu’on peut contacter[reachable]l’objection
un bienfaitun avantage / un bénéfice[a benefit]ce qu’on évite de dire
inconfortablegênant / pas pratique[uncomfortable]relance
Réponse 5Le programme qui résiste à la pluieB1

Tu as raison : si mon programme dépend du beau temps, il ne vaut rien. Donc je ne le construis pas sur le lac. Les canots, c’est un bonus, pas un programme. Ce qui tient par tous les temps, c’est la cuisine équipée et le sauna : on cuisine ensemble le samedi soir, longuement, et on va au sauna avant. Ni l’un ni l’autre ne dépend de la météo. Un programme qui tient même sous la pluie, ça répond à ta question ?

[You’re right: if my programme depends on good weather, it’s worthless. So I won’t build it on the lake. The canoes are a bonus, not a programme. What holds in any weather is the equipped kitchen and the sauna: we cook together on Saturday evening, at length, and go to the sauna beforehand. Neither depends on the weather. Does a programme that holds even in the rain answer your question?]
3 templates réutilisables
  1. Tu as raison : si + condition, + ça ne vaut rien.
  2. + Élément + c’est un bonus, pas un programme.
  3. Ce qui tient par tous les temps, c’est + éléments de l’annonce.
Point de grammaire / discours

« Ni l’un ni l’autre ne dépend » : la négation double exige « ne » devant le verbe et entraîne le singulier quand on considère les éléments séparément. C’est un point de langue qui se remarque s’il est correct.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Hiérarchisez vos arguments à voix haute : dire qu’un élément n’est qu’un bonus vous fait perdre un argument mais gagner toute la solidité du reste. Un candidat qui défend tout avec la même énergie ne convainc de rien.

[Rank your arguments out loud: calling one item a mere bonus loses you an argument but makes everything else solid. A candidate who defends everything with equal energy convinces of nothing.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
tenirrésister / rester valable[to hold up]l’argument
un bonusun plus / un supplément[a bonus]hiérarchiser
longuementà loisir / sans se presser[at length]l’activité
par tous les tempsquelle que soit la météo[in any weather]l’argument
Réponse 6Construire à partir de ce qu’il aimeB2

Je me rends compte que je te décris un week-end sans t’avoir demandé une seule fois ce que tu aimes faire. Et c’est peut-être pour ça que ça sonne creux : je te vends un sauna et des canots comme si ça suffisait à remplir deux jours. Alors dis-moi : un dimanche où tu ne fais rien, tu fais quoi exactement ? Si c’est lire, il y a un poêle et personne ne te parlera avant midi. Si c’est cuisiner longuement, la cuisine est entièrement équipée. Qu’est-ce que tu fais, toi, quand tu as une journée vide devant toi ?

[I realise I’ve been describing a weekend to you without once asking what you like doing. And maybe that’s why it rings hollow: I’m selling you a sauna and canoes as if that were enough to fill two days. So tell me: on a Sunday when you do nothing, what exactly do you do? If it’s reading, there’s a stove and nobody will talk to you before midday. If it’s cooking at length, the kitchen is fully equipped. What do you do when you have an empty day ahead of you?]
3 templates réutilisables
  1. Je me rends compte que je te décris + X + sans t’avoir demandé + Y.
  2. C’est peut-être pour ça que ça sonne creux.
  3. Si c’est + son goût, + le fait de l’annonce qui y répond.
Point de grammaire / discours

Reconnaître qu’on a parlé sans écouter (« sans t’avoir demandé une seule fois ») emploie l’infinitif passé après « sans », forme obligatoire quand le sujet est le même. La suite fonctionne par hypothèses conditionnelles ouvertes, qui laissent l’autre remplir le contenu.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Une objection d’ennui révèle presque toujours que le candidat a parlé sans poser une seule question. Dites-le, c’est une concession gratuite et elle vous relance. Puis proposez deux hypothèses seulement, rattachées chacune à un fait de l’annonce, et laissez l’autre choisir.

[A boredom objection nearly always reveals that the candidate has talked without asking a single question. Say so, it’s a free concession and it restarts you. Then offer two hypotheses only, each tied to a fact from the ad, and let the other choose.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
sonner creuxmanquer de contenu / ne pas convaincre[to ring hollow]l’aveu
se rendre comptes’apercevoir / réaliser[to realise]l’aveu
longuementà loisir / sans se presser[at length]l’activité
une journée videune journée sans rien de prévu[an empty day]relance
🎨 La même objection, quatre autres styles

Les réponses ci-dessus sont en style A : reconnaître → recadrer → proposer → relancer. Voici la même objection traitée autrement. Les faits ne changent pas ; c'est la manière d'entrer dans l'argument qui change.

Style B · RécitLe samedi où on n’a rien fait
Recette : un souvenir d’inaction réussie → ce qui l’avait permis → le fait de l’annonce → relance

Tu te souviens du samedi chez ta sœur, à la campagne ? On n’a rien fait de la journée. Rien. Et tu m’as dit le soir que c’était la première fois depuis des mois que tu ne regardais pas l’heure. Ce n’est pas qu’il y avait des activités. C’est qu’il n’y avait rien à faire, et que personne ne devait rentrer. Chez toi, le samedi, il y a toujours une lessive ou un courrier qui attend. Le chalet, c’est ça : le bois est fourni, la cuisine est équipée, et il n’y a rien autour. Tu ne peux pas ranger un appartement qui n’est pas le tien. Ce samedi-là, tu l’as trouvé long ?

[Remember the Saturday at your sister’s in the countryside? We did nothing all day. Nothing. And you told me that evening it was the first time in months you hadn’t looked at the clock. It wasn’t that there were activities. It was that there was nothing to do, and nobody had to get home. At your place on a Saturday there’s always a wash or some post waiting. The cabin is that: the wood is provided, the kitchen is equipped, and there’s nothing around. You can’t tidy a flat that isn’t yours. Did that Saturday feel long to you?]
Quand choisir ce style

Quand l’objection confond « ne rien faire » et « s’ennuyer ». Un argument abstrait sur le repos sonne creux ; un souvenir où l’inaction a été bonne fait la démonstration. La relance est une vraie question, pas une question rhétorique : laissez-le répondre.

[When the objection confuses "doing nothing" with "being bored". An abstract argument about rest rings hollow; a memory where idleness worked makes the case. The relaunch is a genuine question, not a rhetorical one: let them answer.]
Style C · CalculQuarante-six heures, dont trois à remplir
Recette : le temps découpé → le vrai trou isolé → une activité datée dedans → proposition

Découpons les quarante-six heures, c’est plus utile que de se demander si on va s’ennuyer. Seize heures de sommeil sur deux nuits. Cinq repas, préparation comprise : environ huit heures. Deux heures de sauna et de lac. La soirée du vendredi et celle du samedi : huit heures. Il reste, au pire, trois heures vraiment vides, le samedi après-midi. Trois heures sur quarante-six, c’est six pour cent du week-end. Et c’est exactement là qu’on place le sauna, à quinze heures, pour ne pas les subir. Trois heures à remplir, ça te paraît encore une salle d’attente ?

[Let’s cut up the forty-six hours, it’s more useful than wondering whether we’ll be bored. Sixteen hours asleep across two nights. Five meals, preparation included: about eight hours. Two hours of sauna and lake. Friday evening and Saturday evening: eight hours. That leaves, at worst, three genuinely empty hours, on Saturday afternoon. Three hours out of forty-six is six percent of the weekend. And that’s exactly where we put the sauna, at three, so we don’t just sit through them. Three hours to fill — does that still look like a waiting room?]
Quand choisir ce style

Quand l’interlocuteur emploie une image forte — « une salle d’attente », « quarante heures à remplir ». Reprenez son chiffre et découpez-le : l’image ne résiste pas au découpage. Ce style demande de préparer la répartition à l’avance ; ne comptez pas en direct.

[When your listener uses a strong image — "a waiting room", "forty hours to fill". Take their figure and break it down: the image doesn’t survive the breakdown. This style requires preparing the split in advance; don’t count live.]
Style D · À l’oralComme tu le dirais vraiment
Recette : nommer le creux, à l’oral : « ouais », « je vais pas te dire », « du coup »

Le moment creux du samedi après-midi, ouais, il existe. Et tout le monde fait comme s’il existait pas. Je vais pas te dire qu’on aura pas le temps de s’ennuyer. Dans un chalet, entre deux et cinq heures, y a toujours un flottement. C’est comme ça. Du coup on met un truc dedans, à l’avance. Le sauna à trois heures, par exemple. C’est le seul moment de la journée où c’est agréable d’y aller, justement parce qu’il fait déjà frais. Si ce trou-là est bouché, il en reste d’autres ?

[The dead stretch on Saturday afternoon, yeah, it exists. And everyone pretends it doesn’t. I’m not going to tell you we won’t have time to get bored. In a cabin, between two and five, there’s always a drift. That’s how it is. So we put something in it, in advance. The sauna at three, for instance. It’s the one time of day when it’s pleasant to go, precisely because it’s already chilly. If that gap is plugged, are there others left?]
Quand choisir ce style

Notez « on aura pas » : à l’oral on supprime le « ne », et devant une voyelle cela s’entend nettement. C’est correct en expression orale. Notez aussi « un truc » employé une seule fois, pour une chose volontairement non spécifiée — c’est son bon usage. Répété trois fois dans la même réponse, il devient un signe de lexique pauvre.

[Note "on aura pas": in speech the "ne" disappears, and before a vowel it’s clearly audible. This is correct in the speaking test. Note also "un truc" used once, for something deliberately unspecified — that’s its proper use. Repeated three times in one answer it becomes a sign of poor vocabulary.]
Style E · Version courteLa version courte — vingt secondes
Recette : le creux reconnu · l’activité datée · la question

Le moment creux du samedi après-midi existe, je ne vais pas le nier. Entre quatorze et dix-sept heures, il y a toujours un flottement. Alors on y met le sauna, à quinze heures, décidé à l’avance. Ce trou-là bouché, il en reste d’autres ?

[The Saturday afternoon lull exists, I won’t deny it. Between two and five there’s always a drift. So we put the sauna in it, at three, agreed in advance. With that gap plugged, are there others left?]
Quand choisir ce style

Quand l’ennui est évoqué en passant plutôt que défendu longuement. Une réponse brève et précise — un créneau horaire, une activité, une heure — vaut mieux qu’un développement sur la valeur du repos, qui sonnerait comme une justification.

[When boredom is mentioned in passing rather than argued at length. A brief, precise answer — a time slot, an activity, an hour — beats a development on the value of rest, which would sound like a justification.]
👩‍🏫 Version professeur — conduire cette objection en classe
À écouter chez l’élève
  • L’élève liste-t-il uniquement ce qui est écrit, ou invente-t-il des activités absentes de l’annonce ?
  • Nomme-t-il un moment faible précis (« entre quatorze et dix-sept heures ») plutôt qu’un vague « on pourrait s’ennuyer » ?
  • Transforme-t-il l’absence de réseau en vertu ? C’est le réflexe publicitaire à supprimer.
  • Pose-t-il au moins une question sur ce que l’interlocuteur aime faire, ou parle-t-il seul ?
Ce qui sépare les niveaux
NCLCCe qu’on entend
NCLC 5Répond « on trouvera bien quelque chose » ou invente des activités que l’annonce ne mentionne pas.
NCLC 7Annonce le nombre avant la liste, s’en tient aux trois éléments écrits, et propose une activité à une heure précise.
NCLC 9Nomme honnêtement ce que le chalet ajoute et ce qu’il n’ajoute pas, refuse de vendre la déconnexion comme un bienfait, et hiérarchise ses arguments à voix haute.
Les erreurs qui reviennent — et la correction à donner
1

L’élève dit : « On ne va pas s’ennuyer, il y a plein de choses à faire là-bas ! »

Pourquoi ça coûte : « Plein de choses » n’est pas une liste, et l’annonce n’en mentionne que trois. La promesse de ne pas s’ennuyer est par ailleurs une promesse sur un état intérieur.

Correction : « L’annonce donne trois choses : un sauna dehors, trois canots et une cuisine équipée. C’est tout ce qui est garanti. »

2

L’élève dit : « Ça fait du bien de se déconnecter, tu verras, c’est le vrai luxe aujourd’hui. »

Pourquoi ça coûte : Transforme un inconvénient — l’absence probable de réseau — en vertu, dans le registre exact de la publicité. L’examinateur l’entend comme tel et l’interlocuteur a prévenu qu’il le remarquerait.

Correction : « Je ne vais pas te vendre la déconnexion comme un bienfait. Si tu as besoin d’être joignable, c’est un vrai problème, pas une philosophie. »

3

L’élève dit : « On fera une randonnée le samedi après-midi, ça remplira la journée. »

Pourquoi ça coûte : Construit le programme sur le beau temps, que l’interlocuteur a déjà mis en doute, et sur une activité absente de l’annonce. Deux fragilités dans une phrase.

Correction : « Ce qui tient par tous les temps, c’est la cuisine équipée et le sauna. Les canots, c’est un bonus, pas un programme. »

Exercice à faire en classe — Trois éléments, pas un de plus

Objectif : apprendre à énumérer uniquement ce que l’annonce garantit, en annonçant le nombre d’abord. La tentation d’ajouter des activités imaginaires est la faute la plus fréquente sur cette banque.

  1. Le professeur distribue l’annonce et demande à chaque élève de compter les activités réellement mentionnées.
  2. L’élève répond à l’objection en annonçant le nombre avant la liste : « l’annonce donne trois choses ».
  3. Il doit ajouter la phrase « c’est tout ce qui est garanti », qui borne l’énumération.
  4. Toute activité inventée — randonnée, feu de camp, jeux de société — est comptée par la classe et l’item est repris.
  5. Dernier tour : l’élève doit nommer un moment faible précis avec une heure, et y placer une activité prise dans la liste des trois.
⚡ Phrases prêtes à l'emploi — à réutiliser telles quelles
PhraseEnglishFonction
Je ne vais pas te répondre « on trouvera bien quelque chose ».[I won’t answer "we’ll find something".]refuser le vide
L’annonce donne trois choses ; c’est tout ce qui est garanti.[The ad gives three things; that’s all that’s guaranteed.]recadrer sur le fait
Le moment creux du samedi après-midi, il existe.[The Saturday afternoon lull does exist.]concéder
On met le sauna à quinze heures, justement pour ça.[We put the sauna at three, precisely for that.]proposer
Les canots, c’est un bonus, pas un programme.[The canoes are a bonus, not a programme.]hiérarchiser
Ce qui change, ce n’est pas la qualité, c’est la durée.[What changes isn’t the quality, it’s the length.]nuancer
Je ne vais pas te vendre la déconnexion comme un bienfait.[I won’t sell you disconnection as a benefit.]franchise
Ce qui tient par tous les temps, c’est la cuisine et le sauna.[What holds in any weather is the kitchen and the sauna.]recadrer
Il te faudrait quoi de plus pour que ce soit un vrai week-end ?[What more would you need for it to be a proper weekend?]faire préciser
Est-ce que ça compte pour toi, ou ça ne pèse pas assez ?[Does that count for you, or does it not weigh enough?]relancer
Vocabulaire propre à cette objection
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
un moment creuxun temps mort / un flottement[a lull]l’objection
occuper le tempsmeubler / remplir la journée[to fill the time]l’activité
se déconnectercouper / ne plus être joignable[to disconnect]le réseau
le réseaula couverture / le signal[phone signal]le réseau
ne rien fairene rien avoir à faire / lever le pied[to do nothing]le repos
par tous les tempsquelle que soit la météo[in any weather]l’argument
🤔8Le repli poli — « c’est gentil, mais je vais voir »esquive
[The polite retreat — "that’s kind, but I’ll see"]
Formulations de l'examinateur — choisissez-en 1 sur 6
1
Écoute, c’est très gentil d’avoir pensé à moi, vraiment. Je vais voir comment je suis ce week-end-là et je te redis. Ne compte pas sur moi pour l’instant, mais ne m’enlève pas de la liste non plus. Je te fais signe dans la semaine, c’est promis.[Listen, it’s very kind of you to have thought of me, really. I’ll see how I am that weekend and let you know. Don’t count on me for now, but don’t take me off the list either. I’ll get in touch during the week, I promise.]
2
Franchement, tout ce que tu m’as dit tient debout. Je n’ai rien à redire sur le prix, ni sur l’organisation, ni sur la chambre. C’est juste que je ne le sens pas. Et je sais que ce n’est pas une réponse satisfaisante pour toi, mais c’est la seule que j’ai.[Honestly, everything you’ve said holds up. I’ve nothing to say against the price, or the organisation, or the room. It’s just that I’m not feeling it. And I know that isn’t a satisfying answer for you, but it’s the only one I have.]
3
Pars sans moi, ça me fera plaisir pour toi. Tu seras avec onze personnes, mon absence ne changera rien au week-end, et moi j’en profiterai pour me reposer tranquillement. Tout le monde y gagne. Tu me raconteras au retour, et je serai content de t’écouter.[Go without me, I’ll be glad for you. You’ll be with eleven people, my absence won’t change the weekend at all, and I’ll take the chance to have a quiet rest. Everybody wins. You can tell me about it when you’re back, and I’ll be happy to listen.]
4
On fait autre chose, plutôt ? Un dîner tous les deux la semaine prochaine, ou un café samedi après-midi. J’ai envie de te voir, ce n’est pas ça le problème. C’est le format que je ne veux pas, pas toi.[Shall we do something else instead? Dinner, just the two of us, next week, or a coffee on Saturday afternoon. I want to see you, that’s not the problem. It’s the format I don’t want, not you.]
5
Je te dirai oui et je vais te décevoir, alors autant que je sois honnête maintenant : dans dix jours, je vais trouver une raison de me désister. Je me connais. Tu préfères que je te le dise maintenant ou que je te le dise le jeudi soir ?[I’ll say yes and then let you down, so I may as well be honest now: in ten days I’ll find a reason to pull out. I know myself. Would you rather I told you now or on the Thursday evening?]
6
Reparlons-en plus tard, tu veux ? Là, tout de suite, je sors d’une semaine compliquée et je ne suis pas en état de décider quoi que ce soit. Laisse-moi quelques jours, ça ne coûte rien à personne, et l’annulation est gratuite jusqu’à sept jours avant de toute façon.[Let’s talk about it later, shall we? Right now I’m coming out of a difficult week and I’m in no state to decide anything. Give me a few days, it costs nobody anything, and cancellation is free up to seven days before anyway.]
Relances de second niveau — choisissez-en 1 sur 5
↩1
Tu insistes, et c’est exactement ce qui me fait reculer. Laisse-moi respirer.[You’re pushing, and that’s exactly what makes me back away. Let me breathe.]
↩2
Tu me demandes une date. Je ne veux pas donner de date, c’est justement le problème.[You want a date. I don’t want to give a date, that’s precisely the problem.]
↩3
« Je ne le sens pas », ce n’est pas un argument, je sais. Mais ça reste ma réponse.["I’m not feeling it" isn’t an argument, I know. But it’s still my answer.]
↩4
Si je te dis jeudi, tu vas me relancer mercredi. On se connaît.[If I say Thursday, you’ll chase me on Wednesday. We know each other.]
↩5
Tu as bien argumenté, honnêtement. Ça ne veut pas dire que je vais changer d’avis.[You argued it well, honestly. That doesn’t mean I’m going to change my mind.]
Objectif pédagogique

La banque la plus difficile de l’épreuve, parce que l’objection n’en est pas une : c’est une sortie de conversation. Deux fautes symétriques guettent — insister lourdement, ce qui coûte les points d’interaction, ou abandonner, ce qui termine l’épreuve avant les dix minutes. Le candidat apprend à accepter le refus à voix haute, puis à demander une seule chose, petite et datée. On y travaille la politesse, le conditionnel d’atténuation et la clôture ouverte.

[The hardest bank in the test, because the objection isn’t one: it’s an exit from the conversation. Two symmetrical mistakes wait — pushing heavily, which costs interaction marks, or giving up, which ends the test before the ten minutes are over. The candidate learns to accept the refusal out loud, then ask for one small, dated thing. It trains politeness, the softening conditional, and the open close.]

6 réponses modèles distinctes

Réponse 1Accepter le non, demander une seule choseB1

D’accord. Je ne vais pas insister, et si c’est non, c’est non — ça ne change rien entre nous. Je te demande juste une chose, parce que ça m’aide pour l’organisation : ne me dis pas « je vais voir », dis-moi un jour. Jeudi soir, par exemple. Tu me dis oui ou non jeudi soir, et d’ici là je ne t’en reparle pas une seule fois. Jeudi, ça te va ?

[All right. I won’t push, and if it’s no, it’s no — that changes nothing between us. I’ll just ask you one thing, because it helps me organise: don’t tell me "I’ll see", give me a day. Thursday evening, for instance. You tell me yes or no on Thursday evening, and until then I won’t mention it once. Thursday, does that work?]
3 templates réutilisables
  1. Je ne vais pas insister, et si c’est non, c’est non.
  2. Je te demande juste une chose : ne me dis pas « je vais voir », dis-moi un jour.
  3. D’ici là, je ne t’en reparle pas une seule fois.
Point de grammaire / discours

L’impératif négatif suivi d’un impératif positif (« ne me dis pas…, dis-moi… ») propose une substitution concrète. C’est la forme la plus efficace pour transformer une esquive en engagement, parce qu’elle ne demande pas un oui, seulement une date.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Face à une esquive, ne redemandez jamais un oui : vous obtiendrez un non ferme et l’épreuve s’arrêtera. Demandez une date. Une date n’engage à rien, donc elle s’accorde facilement — et elle relance la conversation, ce qui est exactement ce dont vous avez besoin.

[Faced with a dodge, never ask again for a yes: you’ll get a firm no and the test will stop. Ask for a date. A date commits to nothing, so it’s easily granted — and it restarts the conversation, which is exactly what you need.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
insisterrevenir à la charge / forcer[to push]ce qu’on annonce ne pas faire
d’ici làentre-temps / jusque-là[until then]l’engagement
ça te vaça te convient / c’est bon pour toi[does that work for you]relance
l’organisationla logistique / les préparatifs[the arrangements]la raison invoquée
Réponse 2Respecter « je ne le sens pas »B2

Tu me dis que tout tient debout mais que tu ne le sens pas. Je ne vais pas discuter ça : personne ne peut argumenter contre une impression, et ce serait même désagréable d’essayer. Simplement, une impression, ça vient de quelque part. La dernière fois qu’on est partis à plusieurs, ça s’est mal terminé, et je crois que c’est de là que ça vient. Si c’est ça, dis-le-moi, et j’arrête. Si c’est autre chose, dis-le-moi aussi, et j’arrête pareil. Ça vient de là, ou je me trompe complètement ?

[You tell me everything holds up but you’re not feeling it. I won’t argue with that: nobody can argue against an impression, and it would even be unpleasant to try. Only, an impression comes from somewhere. The last time we went away as a group it ended badly, and I think that’s where it comes from. If that’s it, tell me, and I’ll stop. If it’s something else, tell me too, and I’ll stop just the same. Is that where it comes from, or am I completely wrong?]
3 templates réutilisables
  1. Je ne vais pas discuter ça : personne ne peut argumenter contre une impression.
  2. Simplement, + une impression, ça vient de quelque part.
  3. Si c’est ça, dis-le-moi, et j’arrête. Si c’est autre chose, j’arrête pareil.
Point de grammaire / discours

La double conditionnelle symétrique (« si c’est ça… si c’est autre chose… ») aboutit au même résultat dans les deux cas. C’est une figure de renoncement affiché qui, paradoxalement, rouvre la conversation : l’autre n’a plus rien à défendre.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Promettre d’arrêter quoi qu’il arrive est le moyen le plus sûr de continuer. Tant que l’autre doit se protéger, il se ferme. Dès qu’il n’a plus rien à défendre, il explique. Et c’est l’explication qui vous donne la dernière prise.

[Promising to stop whatever the answer is the surest way to carry on. As long as the other has to defend themselves, they close up. Once there’s nothing to defend, they explain. And it’s the explanation that gives you your last purchase.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
une impressionun ressenti / une intuition[a feeling]l’objection
tenir deboutse tenir / être cohérent[to hold up]concession
ça vient de quelque partça a une origine / ça s’explique[it comes from somewhere]l’analyse
je me trompej’ai tort / je fais fausse route[I’m wrong]relance
Réponse 3Accepter la contre-proposition sans lâcherB2

Un dîner tous les deux la semaine prochaine, oui, avec plaisir, et on le fait de toute façon. Mais tu as dit quelque chose d’important : c’est le format que tu ne veux pas, pas moi. Le format, justement, on peut le changer. Tu viens le samedi matin seulement, avec moi, et tu repars le samedi soir. Une journée au lieu de deux nuits. Le prix baisse, la chambre ne se pose plus, et tu dors chez toi. Une journée, c’est encore trop ?

[Dinner, just the two of us, next week — yes, gladly, and we’ll do that anyway. But you said something important: it’s the format you don’t want, not me. And the format is exactly what we can change. You come on Saturday morning only, with me, and you leave on Saturday evening. One day instead of two nights. The price drops, the bedroom question disappears, and you sleep in your own bed. Is one day still too much?]
3 templates réutilisables
  1. + Contre-proposition, oui, avec plaisir, et on le fait de toute façon.
  2. Mais tu as dit quelque chose d’important : c’est + X + que tu ne veux pas, pas + Y.
  3. + Version réduite de la proposition. + Objection + , c’est encore trop ?
Point de grammaire / discours

Accepter pleinement la contre-proposition avant de revenir à la sienne évite l’effet de marchandage. Notez la réduction progressive — de deux nuits à une journée — qui est la technique classique de négociation : on ne renonce pas, on rétrécit.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Quand on vous propose autre chose, acceptez d’abord, sincèrement et sans condition. Puis reprenez les mots exacts de l’autre — ici « le format » — et proposez une version réduite. Réduire est presque toujours plus efficace que répéter.

[When you’re offered something else, accept first, sincerely and unconditionally. Then take the other’s exact words — here "the format" — and offer a reduced version. Shrinking the ask almost always beats repeating it.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
le formatla forme / la formule / le cadre[the format]reprendre ses mots
repartirrentrer / reprendre la route[to head back]la version réduite
baisserdiminuer / être moins élevé[to drop]le prix
se poser (une question)se présenter / faire problème[to arise]la solution
Réponse 4Répondre à « je vais te décevoir »C1

Que tu me préviennes maintenant plutôt que le jeudi soir, c’est déjà une forme de respect, et je le prends comme ça. Mais tu te condamnes un peu vite. Tu ne te désistes pas par légèreté, tu te désistes quand tu as dit oui trop tôt, sans y avoir vraiment réfléchi. Alors ne dis pas oui. Dis-moi seulement que tu y réfléchis jusqu’à jeudi, et jeudi tu me dis non si c’est non. Je n’aurai rien réservé à ton nom d’ici là. Réfléchir sans t’engager, ça, tu peux ?

[That you’re warning me now rather than on Thursday evening is already a form of respect, and I take it that way. But you’re condemning yourself a bit quickly. You don’t pull out from carelessness, you pull out when you’ve said yes too early, without really thinking. So don’t say yes. Just tell me you’ll think about it until Thursday, and on Thursday you tell me no if it’s no. I won’t have booked anything in your name before then. Thinking without committing — can you do that?]
3 templates réutilisables
  1. Que tu + subjonctif, c’est déjà une forme de respect.
  2. Tu te condamnes un peu vite : tu ne + verbe + pas par + X, tu + verbe + quand + Y.
  3. + Demande minimale + , ça, tu peux ?
Point de grammaire / discours

La complétive en tête de phrase (« Que tu me préviennes maintenant… c’est ») exige le subjonctif et donne à l’oral une élégance immédiatement perceptible. C’est une structure à préparer, car elle ne vient pas spontanément.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Quand l’autre se dévalorise pour sortir, ne confirmez surtout pas, mais ne flattez pas non plus. Reformulez son comportement d’une manière plus juste, puis réduisez votre demande jusqu’à ce qu’il ne puisse plus la refuser : ici, réfléchir, ce qui n’engage à rien.

[When the other runs themselves down to get out, don’t confirm it, but don’t flatter either. Reframe their behaviour more accurately, then shrink your ask until it can’t be refused: here, thinking about it, which commits to nothing.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
préveniravertir / dire à l’avance[to warn]la concession
se désisterse retirer / faire faux bond[to pull out]l’objection
par légèretésans réfléchir / à la légère[out of carelessness]l’analyse
s’engagerse lier / donner sa parole[to commit]la demande réduite
Réponse 5Laisser partir proprementB1

Tu sors d’une semaine compliquée et tu me demandes de te laisser respirer. C’est légitime, et j’arrête là. Je ne vais pas te relancer mercredi, tu me connais mais je peux faire autrement. Voilà ce que je fais : je ne t’en reparle plus du tout. Si tu veux venir, tu m’envoies un message avant jeudi. Si je n’ai rien, je pars avec les autres et on se voit au retour. C’est correct comme ça ?

[You’re coming out of a hard week and you’re asking me to let you breathe. That’s legitimate, and I’ll stop there. I won’t chase you on Wednesday — you know me, but I can do otherwise. Here’s what I’ll do: I won’t mention it again at all. If you want to come, send me a message before Thursday. If I hear nothing, I go with the others and we’ll see each other when I’m back. Is that all right?]
3 templates réutilisables
  1. C’est légitime, et j’arrête là.
  2. Voilà ce que je fais : je ne t’en reparle plus. Si tu veux + X, tu + action minimale.
  3. Si je n’ai rien, + ce qui se passe. C’est correct comme ça ?
Point de grammaire / discours

Inverser la charge — c’est lui qui recontacte, pas vous qui relancez — se dit avec « si… tu… / si je n’ai rien, je… ». Deux hypothèses suffisent à décrire toute la suite, ce qui clôt proprement sans fermer la porte.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

Savoir s’arrêter est une compétence évaluée. Terminez par une procédure claire où c’est l’autre qui agit, et par une question courte qui demande son accord sur la manière, pas sur le fond. Vous montrez que vous respectez un refus tout en gardant la conversation ouverte.

[Knowing when to stop is an assessed skill. End with a clear procedure in which the other person acts, and a short question asking their agreement on the method, not the substance. You show you respect a refusal while keeping the conversation open.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
légitimecompréhensible / justifié[legitimate]reconnaître
relancerrevenir à la charge / redemander[to chase up]ce qu’on s’engage à ne pas faire
un messageun mot / un texto[a message]la procédure
correctacceptable / honnête / réglo[fair, all right]relance
Réponse 6Retourner la question une dernière foisB2

Tu as raison, j’ai passé dix minutes à te donner des réponses sans jamais te poser la bonne question. Je ne vais pas te redemander de venir : tu as dit non, et le redemander ne changerait rien sinon l’ambiance. Je te demande autre chose : qu’est-ce qu’il aurait fallu pour que ce soit oui ? Pas pour te convaincre maintenant — pour que je sache quoi te proposer la prochaine fois. Il aurait fallu quoi, exactement ?

[You’re right, I’ve spent ten minutes giving you answers without ever asking you the right question. I won’t ask you again to come: you said no, and asking again would change nothing except the atmosphere. I’m asking something else: what would it have taken for it to be a yes? Not to convince you now — so that I know what to suggest next time. What would it have taken, exactly?]
3 templates réutilisables
  1. J’ai passé dix minutes à te donner des réponses sans te poser la bonne question.
  2. Le redemander ne changerait rien sinon l’ambiance.
  3. Qu’est-ce qu’il aurait fallu pour que ce soit oui ? Pas pour te convaincre maintenant.
Point de grammaire / discours

« Qu’est-ce qu’il aurait fallu pour que ce soit oui » combine un conditionnel passé impersonnel et un subjonctif après « pour que ». La question porte sur un passé irréel, donc elle n’engage à rien — c’est précisément ce qui permet à l’autre d’y répondre sincèrement.

Ce que vous pouvez dire, en tant que professeur

En fin d’épreuve, quand le refus est acquis, la meilleure relance ne demande plus un oui : elle demande une information. Poser la question au conditionnel passé retire toute pression, et la réponse de l’interlocuteur relance souvent la conversation pour deux minutes de plus — exactement ce dont vous avez besoin.

[At the end of the test, once the refusal is settled, the best relaunch no longer asks for a yes: it asks for information. Putting the question in the past conditional removes all pressure, and the answer often restarts the conversation for two more minutes — exactly what you need.]
Vocabulaire de cette réponse
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
l’ambiancele climat / le ton de la conversation[the atmosphere]l’argument
il aurait falluce qui aurait été nécessaire[what it would have taken]la relance
la prochaine foisune autre fois / plus tard[next time]la justification
sincèrementhonnêtement / franchement[sincerely]le ton
🎨 La même objection, quatre autres styles

Les réponses ci-dessus sont en style A : reconnaître → recadrer → proposer → relancer. Voici la même objection traitée autrement. Les faits ne changent pas ; c'est la manière d'entrer dans l'argument qui change.

Style B · RécitLa fois où tu as dit oui au dernier moment
Recette : un souvenir de décision tardive → ce qui l’avait permis → la même latitude offerte → relance

Tu te rappelles le concert de novembre ? Tu m’avais dit exactement ça : « je vais voir, ne compte pas sur moi ». Et tu as dit oui le jour même, à dix-sept heures. Ce qui avait marché, c’est que personne ne t’avait relancé. Tu avais décidé quand tu étais prêt, et pas quand on te le demandait. Alors on refait pareil : je ne te relance pas une seule fois. L’annulation est sans frais jusqu’à sept jours avant, donc j’ai jusqu’au vendredi précédent pour ajuster le nombre. Tu veux que je te laisse jusqu’à quand, exactement ?

[Remember the concert in November? You told me exactly this: "I’ll see, don’t count on me". And you said yes on the day itself, at five o’clock. What worked was that nobody chased you. You decided when you were ready, not when you were asked. So let’s do the same: I won’t chase you once. Cancellation is free up to seven days before, so I have until the Friday before to adjust the numbers. How long would you like me to give you, exactly?]
Quand choisir ce style

Quand l’esquive est un besoin de temps plutôt qu’un refus. Rappeler une fois où l’autre a fini par accepter, à son rythme, lui rend sa liberté sans abandonner la demande. La relance lui laisse fixer lui-même l’échéance — c’est la seule façon d’obtenir une date d’un interlocuteur qui refuse d’en donner.

[When the dodge is a need for time rather than a refusal. Recalling a time they eventually accepted, at their own pace, returns their freedom without dropping the ask. The relaunch lets them set the deadline themselves — the only way to get a date from someone who refuses to give one.]
Style C · CalculSept jours, et rien à ton nom
Recette : le calendrier posé → ce que chaque date engage → le coût du non chiffré → proposition datée

Regardons le calendrier plutôt que ton envie, parce que le calendrier, lui, se discute. Le départ est dans dix-sept jours. L’annulation est sans frais jusqu’à sept jours avant, donc jusqu’au vendredi qui précède. Entre aujourd’hui et ce vendredi-là, il y a dix jours pendant lesquels ta réponse ne coûte rien à personne. Concrètement : je ne réserve rien à ton nom aujourd’hui. Tu me dis jeudi prochain, dans huit jours. Si c’est non, il me reste encore deux jours pour ajuster, et tu n’auras rien payé. Jeudi en huit, c’est une date qui t’engage à quelque chose ?

[Let’s look at the calendar rather than at how you feel, because the calendar can be discussed. Departure is in seventeen days. Cancellation is free up to seven days before, so until the preceding Friday. Between today and that Friday there are ten days during which your answer costs nobody anything. Concretely: I book nothing in your name today. You tell me next Thursday, in eight days. If it’s no, I still have two days to adjust, and you’ll have paid nothing. Thursday week — is that a date that commits you to anything?]
Quand choisir ce style

Quand l’esquive s’appuie sur le refus de s’engager. Déplacer la discussion sur le calendrier retire l’enjeu affectif : on ne demande plus un oui, on demande une date, et on démontre qu’elle ne coûte rien. La relance est une question rhétorique dont la réponse est évidemment « non ».

[When the dodge rests on refusing to commit. Moving the discussion onto the calendar removes the emotional stake: you’re no longer asking for a yes, you’re asking for a date, and showing it costs nothing. The relaunch is a rhetorical question whose answer is obviously "no".]
Style D · À l’oralComme tu le dirais vraiment
Recette : accepter le non, à l’oral : très court, « ok », « juste un truc », « promis »

Ok, c’est bon, j’insiste pas. Si c’est non, c’est non, ça change rien entre nous. Juste un truc, parce que ça m’aide pour l’organisation : me dis pas « je vais voir ». Dis-moi un jour. Jeudi soir, par exemple. Tu me dis oui ou non jeudi, et d’ici là je t’en reparle pas. Promis. Jeudi, ça te va ?

[OK, it’s fine, I won’t push. If it’s no, it’s no, it changes nothing between us. Just one thing, because it helps me organise: don’t tell me "I’ll see". Give me a day. Thursday evening, for instance. You tell me yes or no on Thursday, and until then I won’t bring it up. Promise. Thursday, does that work?]
Quand choisir ce style

Accepter un refus se dit toujours court : plus la phrase est longue, plus elle ressemble à une négociation qui continue. « Promis » employé seul, en fin de phrase, vaut un engagement complet et ne coûte qu’un mot. Notez « me dis pas » : à l’impératif négatif, l’oral place le pronom devant le verbe et supprime le « ne ».

[Accepting a refusal is always said briefly: the longer the sentence, the more it sounds like a negotiation still running. "Promis" used alone at the end of a sentence is worth a full commitment and costs one word. Note "me dis pas": in the negative imperative, speech puts the pronoun before the verb and drops the "ne".]
Style E · Version courteLa version courte — vingt secondes
Recette : j’accepte · la demande minimale · la date · la question

Je n’insiste pas, si c’est non, c’est non. Je te demande juste de ne pas me dire « je vais voir ». Dis-moi jeudi, et d’ici là je n’en reparle pas. Ça te va ?

[I won’t push, if it’s no, it’s no. I’m just asking you not to say "I’ll see". Tell me on Thursday, and until then I won’t mention it. Does that work?]
Quand choisir ce style

C’est la version de fin d’épreuve, quand il reste trente secondes. Elle contient tout ce qui est noté sur cette banque : accepter le refus, une demande minimale, une date, une question. Apprenez-la par cœur — elle referme proprement n’importe quelle Section B.

[This is the end-of-test version, with thirty seconds left. It contains everything assessed on this bank: accepting the refusal, a minimal request, a date, a question. Learn it by heart — it closes any Section B cleanly.]
👩‍🏫 Version professeur — conduire cette objection en classe
À écouter chez l’élève
  • L’élève redemande-t-il un oui ? C’est la faute qui produit un non ferme et termine l’épreuve.
  • Demande-t-il une date, et justifie-t-il pourquoi il en a besoin ?
  • S’engage-t-il explicitement à ne pas relancer d’ici là ?
  • Sait-il s’arrêter, ou continue-t-il à argumenter après un refus clair ?
Ce qui sépare les niveaux
NCLCCe qu’on entend
NCLC 5Insiste et répète les mêmes arguments, ou abandonne sèchement avec « tant pis ».
NCLC 7Accepte le refus à voix haute, demande une date plutôt qu’un oui, et promet de ne pas relancer.
NCLC 9Respecte « je ne le sens pas » sans le discuter, réduit la demande jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus être refusée, et inverse la charge du recontact.
Les erreurs qui reviennent — et la correction à donner
1

L’élève dit : « Allez, viens, tu ne le regretteras pas, je te le promets ! »

Pourquoi ça coûte : Insistance directe après un refus, doublée d’une promesse sur un sentiment futur. Après un non clair, toute relance de ce type fait chuter la note d’interaction quelle que soit la langue.

Correction : « Je ne vais pas insister : si c’est non, c’est non, et ça ne change rien entre nous. »

2

L’élève dit : « Bon, d’accord, tant pis, laisse tomber. »

Pourquoi ça coûte : Abandon sec au milieu d’une épreuve de dix minutes. L’examinateur n’a plus rien à quoi réagir, et « tant pis » ferme la relation en plus de la conversation.

Correction : « Voilà ce que je fais : je n’en reparle plus. Si tu veux venir, tu m’envoies un message avant jeudi. C’est correct comme ça ? »

3

L’élève dit : « Pourquoi tu n’as pas envie ? Ce n’est pas une vraie raison, ça. »

Pourquoi ça coûte : Conteste le droit de l’interlocuteur à ne pas vouloir. On n’argumente pas contre une envie, et le lui dire est la manière la plus rapide de clore l’échange.

Correction : « Je ne vais pas discuter ça : personne ne peut argumenter contre une impression, et ce serait même désagréable d’essayer. »

Exercice à faire en classe — Demander une date, jamais un oui

Objectif : transformer une esquive en engagement minimal. La plupart des élèves redemandent un oui et obtiennent un non définitif ; il faut automatiser le réflexe inverse en fin d’épreuve.

  1. Le professeur formule une esquive polie : « je vais voir », « on en reparle l’année prochaine », « laisse-moi du temps ».
  2. L’élève accepte le refus en une phrase, sans aucun « mais » à l’intérieur de cette phrase.
  3. Il demande ensuite une date, une seule, en donnant d’abord la raison factuelle qui l’y oblige.
  4. Il s’engage explicitement à ne pas relancer avant cette date. Sans cet engagement, l’item est repris.
  5. Dernier tour : l’interlocuteur répond « je n’ai pas envie, c’est tout ». L’élève doit respecter cela sans le discuter et proposer quand même une procédure de recontact.
⚡ Phrases prêtes à l'emploi — à réutiliser telles quelles
PhraseEnglishFonction
Je ne vais pas insister, et si c’est non, c’est non.[I won’t push, and if it’s no, it’s no.]accepter le refus
Ça ne change rien entre nous.[That changes nothing between us.]rassurer
Ne me dis pas « je vais voir », dis-moi un jour.[Don’t say "I’ll see", give me a day.]demander une date
D’ici là, je ne t’en reparle pas une seule fois.[Until then, I won’t mention it once.]s’engager
Personne ne peut argumenter contre une impression.[Nobody can argue against a feeling.]respecter
Si c’est ça, dis-le-moi, et j’arrête.[If that’s it, tell me, and I’ll stop.]renoncer ouvertement
Une journée au lieu de deux nuits, c’est encore trop ?[One day instead of two nights — still too much?]réduire la demande
Je ne réserve rien à ton nom aujourd’hui.[I’m booking nothing in your name today.]rassurer
Tu veux que je te laisse jusqu’à quand, exactement ?[How long would you like me to give you, exactly?]faire fixer la date
C’est correct comme ça ?[Is that all right like that?]conclure
Vocabulaire propre à cette objection
FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
se désisterse retirer / faire faux bond / renoncer[to pull out]l’objection
relancer quelqu’unrevenir à la charge / redemander[to chase someone up]ce qu’on évite
une échéanceune date limite / un délai[a deadline]la solution
s’engagerse lier / donner sa parole[to commit]la négociation
légitimecompréhensible / justifié[legitimate]reconnaître
faire signedonner des nouvelles / recontacter[to get in touch]l’esquive

🔤Mots importants — plusieurs options par mot

Chaque mot-clé ouvre sur ses variantes. Varier le lexique est directement noté.

un chaleta cabin / lodgecourant
une cabane en boisun refugeune maison de campagneun pavillonun gîte

Au Québec, « chalet » est le mot normal pour une maison de villégiature, même confortable. « Cabane » est plus rustique et peut faire peur ; « gîte » suppose un hôte qui loue. Ne dites pas « un cottage » en français courant.

partagerto sharecourant
diviserse répartirmettre en communêtre à plusieurs surfaire moitié-moitié

Attention à la construction : on partage QUELQUE CHOSE AVEC quelqu’un. « Se répartir » insiste sur la division en parts (se répartir les courses). « Mettre en commun » est plus collectif et sonne très bien à l’oral.

la promiscuitélack of privacy, being on top of each othersoutenu
le manque d’intimitéêtre les uns sur les autresvivre en vase closla vie en collectivitéle manque d’espace

Faux ami dangereux : « promiscuité » ne veut PAS dire promiscuity. C’est le fait d’être trop proches physiquement. Un mot qui impressionne, mais « manque d’intimité » est plus sûr si vous hésitez.

une corvéea chorecourant
une tâchele ménagela vaisselleles tâches ménagèresce qu’il y a à faire

« Corvée » porte un jugement négatif : c’est une tâche pénible. Pour organiser sans dramatiser, dites « on se répartit les tâches ». Utilisez « corvée » quand vous reprenez l’objection de l’autre : « ta corvée de vaisselle, elle dure dix minutes à douze. »

se ressourcerto recharge, to get away from it allcourant
se reposersoufflerdécompresserprendre l’aircouper avec le quotidien

« Souffler » et « décompresser » sont très naturels à l’oral et rapportent plus qu’un simple « se reposer ». Évitez « se relaxer », calque de l’anglais ; préférez « se détendre ».

annulerto cancelcourant
se désisterrenoncerdécommanderrevenir sur sa décisionse retirer

« Se désister » est le mot juste quand c’est une personne qui se retire d’un groupe. « Décommander » se dit d’une réservation. « Annulation sans frais » est le terme exact de l’annonce : reprenez-le tel quel, c’est un point gagné.

à l’écartapart, off to one sidecourant
de son côtéau calmeseul dans son coinen retraitloin de l’agitation

Précieux pour répondre à « je n’aime pas les groupes » : « tu peux très bien rester en retrait une heure ». « Seul dans son coin » peut sonner péjoratif ; « au calme » est neutre et rassurant.

un imprévusomething unexpectedcourant
un contretempsun empêchementun pépinquelque chose qui tombe malun changement de dernière minute

« Un empêchement » est la formule polie pour annuler : « j’ai eu un empêchement ». « Un pépin » est familier mais parfaitement acceptable en Section B, où le tutoiement est attendu.

📇Vocabulaire complet du sujet — 36 entrées

Tous les mots utiles de ce sujet, rassemblés. Chaque entrée donne au moins deux variantes : c'est la variété qui est notée, pas la longueur.

FrançaisSynonymes / variantesEnglishEmploi
un chaletune cabane en bois / un refuge / un gîte[a cabin, a lodge]le lieu
au bord du lacen bordure de / donnant sur / les pieds dans l’eau[on the lakeside]le lieu
le bois de chauffageles bûches / le combustible[firewood]ce qui est fourni
une cuisine équipéetout le nécessaire / de quoi cuisiner[a fully equipped kitchen]ce qui est fourni
un canotune barque / un kayak / une embarcation[a canoe]les activités
un saunaun bain de vapeur / un hammam[a sauna]les activités
la literieles draps / les couvertures / de quoi dormir[bedding]ce qu’il faut apporter
faire le pleinprendre de l’essence / faire le carburant[to fill up with petrol]le trajet
covoiturerpartager la voiture / faire du covoiturage[to car-share]le trajet
le trajetla route / le déplacement / le chemin[the journey]le trajet
aux heures de pointedans le trafic / aux heures d’affluence[at rush hour]le trajet
la promiscuitéle manque d’intimité / être les uns sur les autres[lack of privacy]l’objection du groupe
s’isolerse mettre à l’écart / rester dans son coin / prendre l’air[to go off on one’s own]l’objection du groupe
faire la conversationentretenir la discussion / meubler[to make conversation]l’objection du groupe
une connaissancequelqu’un que je connais de vue / un vague ami[an acquaintance]l’objection du groupe
être mal à l’aisene pas se sentir à sa place / être gêné[to be uncomfortable]l’objection du groupe
une corvéeune tâche ingrate / le sale boulot[a chore]l’organisation
se répartir les tâchesse partager le travail / faire des tours de rôle[to divide up the jobs]l’organisation
à tour de rôlechacun son tour / en alternance[in turns]l’organisation
la vaissellelaver les assiettes / nettoyer après le repas[the washing-up]l’organisation
faire les coursesl’approvisionnement / acheter de quoi manger[to do the shopping]l’organisation
une cagnotteune caisse commune / un pot commun[a kitty, a shared pot]l’argent
diviser par douzerépartir à douze / partager entre douze[to split twelve ways]l’argent
revenir àcoûter au final / se monter à[to come to (a total)]l’argent
le prix affichéle tarif annoncé / le montant indiqué[the advertised price]l’argent
sans fraisgratuitement / sans rien payer / sans pénalité[free of charge]l’annulation
se désisterse retirer / renoncer / faire faux bond[to pull out]l’annulation
un empêchementun contretemps / un imprévu / un pépin[something that came up]l’annulation
soufflerdécompresser / se ressourcer / couper[to unwind]l’argument positif
prendre l’airsortir de la ville / changer d’air[to get some fresh air]l’argument positif
il fait fraisça caille (familier) / la température baisse[it’s chilly]la météo
se couvrirmettre une couche de plus / s’habiller chaudement[to wrap up warm]la météo
de toute façonde toute manière / quoi qu’il arrive[in any case]connecteur
dit comme çaprésenté ainsi / vu sous cet angle[put that way]connecteur
cela ditceci dit / n’empêche que[that said]connecteur
en revanchepar contre / à l’inverse[on the other hand]connecteur

⚡30 phrases pour ce sujet

Utilisables telles quelles dans cette activité. Classées par fonction : ouvrir, concéder, recadrer, chiffrer, proposer, relancer, conclure.

#PhraseEnglishFonction
1Je commence par le prix, comme ça c’est réglé.[Let me start with the price, so that’s out of the way.]ouvrir
2Je te préviens tout de suite, il y a un point qui va te déplaire.[I’ll warn you straight away, there’s one thing you won’t like.]ouvrir
3Je te connais, je sais déjà ce que tu vas me répondre.[I know you, I already know what you’re going to say.]ouvrir
4Avant que tu dises non, laisse-moi trente secondes.[Before you say no, give me thirty seconds.]ouvrir
5J’ai une annonce sous les yeux, je te lis ce qui est écrit.[I have the ad in front of me, I’ll read you what it says.]ouvrir
6Tu as raison de faire le total complet.[You’re right to do the full total.]concéder
7Je ne vais pas te dire le contraire, c’est vrai.[I’m not going to say otherwise, that’s true.]concéder
8Sur ce point-là, tu as entièrement raison.[On that point you’re entirely right.]concéder
9C’est le vrai défaut de cette annonce, je te l’accorde.[That’s the real flaw in this ad, I’ll grant you that.]concéder
10Je ne vais pas te vendre un chiffre que je sais faux.[I’m not going to sell you a figure I know is wrong.]concéder
11Ce n’est pas faux. Ce qui est faux, c’est la conclusion que tu en tires.[That’s not wrong. What’s wrong is the conclusion you draw from it.]accord partiel
12D’accord sur le constat, pas d’accord sur le remède.[I agree with the observation, not with the remedy.]accord partiel
13L’annonce ne dit pas ça, elle dit exactement ceci.[The ad doesn’t say that, it says exactly this.]recadrer
14Regarde ce qui est déjà compris dans le prix.[Look at what’s already included in the price.]recadrer
15Tu compares deux choses qui ne se comparent pas.[You’re comparing two things that aren’t comparable.]recadrer
16Le chiffre est plafonné par l’annonce : douze, pas plus.[The number is capped by the ad: twelve, no more.]recadrer
17Fais le calcul avec moi, ligne par ligne.[Do the sum with me, line by line.]chiffrer
18Ce qu’il reste vraiment à ajouter, c’est la nourriture et l’essence.[What’s genuinely left to add is the food and the petrol.]chiffrer
19Divisé à douze, ça fait une vingtaine de dollars chacun.[Split twelve ways, that’s about twenty dollars each.]chiffrer
20Pour le prix d’une soirée en ville, on a deux nuits.[For the price of one night out in town, we get two nights away.]comparer
21Quatre heures de restaurant contre quarante-six heures là-bas.[Four hours in a restaurant against forty-six hours up there.]comparer
22Je ne peux pas te promettre la météo, elle n’est pas dans l’annonce.[I can’t promise you the weather, it isn’t in the ad.]rassurer honnêtement
23Je ne te garantis rien ; je te décris ce qui est prévu.[I’m not guaranteeing anything; I’m describing what’s provided.]rassurer honnêtement
24Tu ne t’engages pas : annulation sans frais jusqu’à sept jours avant.[You’re not committing: free cancellation up to seven days before.]rassurer honnêtement
25Je m’occupe des courses, tu n’as qu’à monter dans la voiture.[I’ll handle the shopping, all you have to do is get in the car.]proposer
26On se répartit les tâches vendredi soir, par écrit, et c’est réglé.[We split the jobs on Friday evening, in writing, and that’s that.]proposer
27Si tu veux souffler une heure, personne ne viendra te chercher.[If you want an hour to yourself, nobody will come looking for you.]proposer
28Dit comme ça, est-ce que ça reste aussi lourd ?[Put that way, is it still as heavy?]relancer
29Qu’est-ce qu’il faudrait pour que tu dises oui ?[What would it take for you to say yes?]relancer
30On se laisse jusqu’à dimanche et tu me dis, sans pression.[Let’s leave it until Sunday and you tell me, no pressure.]conclure
Francora
Francora
French Coaching for TEF & TCF Canada
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CHALET DU LAC ROND — week-end de groupe
Chalet en bois au bord du lac Rond, à deux heures de route de la ville.
Du vendredi 18 h au dimanche 16 h.
Six chambres, douze personnes au maximum.
Cuisine entièrement équipée ; bois de chauffage fourni.
Sauna extérieur et trois canots à disposition.
95 $ par personne pour les deux nuits.
Annulation sans frais jusqu’à sept jours avant l’arrivée.
Animaux non admis. Draps et serviettes à apporter.

Vous avez vu cette annonce pour un week-end en chalet entre amis. Vous en parlez à un(e) ami(e) qui trouve l’idée sympathique mais qui n’aime pas partir en groupe. Présentez-lui cette activité et essayez de le/la convaincre de venir avec vous.

Francora · @frenchwithguri

CHALET DU LAC ROND — week-end de groupe
Chalet en bois au bord du lac Rond, à deux heures de route de la ville.
Du vendredi 18 h au dimanche 16 h.
Six chambres, douze personnes au maximum.
Cuisine entièrement équipée ; bois de chauffage fourni.
Sauna extérieur et trois canots à disposition.
95 $ par personne pour les deux nuits.
Annulation sans frais jusqu’à sept jours avant l’arrivée.
Animaux non admis. Draps et serviettes à apporter.

Vous avez vu cette annonce pour un week-end en chalet entre amis. Vous en parlez à un(e) ami(e) qui trouve l’idée sympathique mais qui n’aime pas partir en groupe. Présentez-lui cette activité et essayez de le/la convaincre de venir avec vous.

Ce que votre interlocuteur va vous opposer — 8 objections

Une objection par bloc. Sous chaque formulation, répondez à voix haute sans lire. Les lignes servent à noter la phrase qui vous a manqué.

1💸 Le prix — « quatre-vingt-quinze dollars, ce n’est que le début »
1Quatre-vingt-quinze dollars par personne, d’accord, mais ce n’est jamais que le début. Il faut ajouter la nourriture pour tout le week-end, l’essence pour deux heures de route aller-retour, et les boissons. Quand je fais le total honnêtement, on n’est plus à quatre-vingt-quinze, on est bien au-delà de cent cinquante — et ça, pour deux nuits.
2Tu me donnes toujours le prix affiché, jamais le prix réel, et c’est exactement ce que font les annonces. Moi, ce que je veux savoir, c’est combien je sors de mon compte entre le vendredi soir et le dimanche soir. Tant que tu ne me donnes pas ce chiffre-là, je considère que tu ne l’as pas calculé.
3Ce n’est pas que je n’aie pas l’argent, ce n’est pas la question. C’est que cent cinquante dollars, en ce moment, j’aime autant les garder pour autre chose. Le mois a été long, j’ai des dépenses qui tombent en fin de mois, et un week-end n’est pas ma priorité en octobre.
4Et puis il y a tous les frais invisibles dont personne ne parle avant. On arrive, il manque quelque chose, quelqu’un va au village, on rachète. Le samedi, on décide d’acheter du vin. Le dimanche, on s’arrête sur la route. C’est toujours comme ça, et ça n’apparaît jamais dans ton calcul.
5Tu vas me dire que c’est moins cher qu’un hôtel. Sans doute. Mais un hôtel, je n’en prends pas non plus. La vraie comparaison, pour moi, ce n’est pas chalet contre hôtel, c’est chalet contre rester chez moi — et rester chez moi, ça coûte zéro dollar.
6Honnêtement, quatre-vingt-quinze dollars pour dormir dans une chambre partagée, avec mes propres draps que je dois transporter sur deux heures de route, je trouve que ce n’est pas donné. À ce tarif-là, j’aimerais au moins ne pas faire mon lit moi-même.
Relance possible : Tu me sors des chiffres, mais tu les arranges. Trente dollars de nourriture pour deux jours, personne ne mange pour trente dollars.
2🚗 La route — « deux heures un vendredi soir, après le travail »
1Deux heures de route, tu dis ça comme si c’était un détail. Un vendredi soir, après une semaine complète de travail, dans le trafic de sortie de ville, ce n’est pas deux heures, c’est facilement trois. On arriverait vers vingt et une heures, vidés, et la première soirée serait fichue avant d’avoir commencé.
2Et le retour ? Tu parles toujours de l’aller. Le dimanche seize heures, tout le monde rentre en même temps, donc on se retrouve dans les bouchons, et j’arrive chez moi le dimanche soir pour reprendre le travail le lendemain matin. Ce n’est pas un week-end de repos, c’est un week-end de voiture.
3Il y a un point que tu évites soigneusement : je n’ai pas de voiture. Donc tout ce week-end, je dépends de quelqu’un. Je pars quand il part, je rentre quand il rentre, et si je veux partir plus tôt le dimanche, je ne peux pas. Ça, pour moi, c’est rédhibitoire.
4Quatre heures de voiture au total, additionnées, c’est une demi-journée de ma vie passée assis à ne rien faire. Sur un week-end de quarante-six heures, ça fait presque dix pour cent du temps. Et tu me comptes ça dans le forfait sans jamais le mentionner.
5En novembre, sur une route de campagne, il fait nuit à partir de seize heures trente. Deux heures de conduite de nuit, éventuellement sur une chaussée humide, avec quelqu’un qui a travaillé toute la journée au volant — franchement, dis-moi que tu y as pensé.
6Tu vas me proposer le covoiturage, je le sens venir. Mais le covoiturage, ça veut dire deux heures de conversation obligatoire avec des gens que je connais mal, dans un espace dont je ne peux pas sortir. Pour quelqu’un qui n’aime pas les groupes, ta solution est pire que le problème.
Relance possible : Tu dis « on partira tôt ». On ne part jamais tôt. Il y en a toujours un qui arrive avec quarante minutes de retard.
3👥 Le groupe — « douze personnes, et je n’en connais que la moitié »
1Douze personnes. Douze. Ce n’est plus un week-end entre amis, c’est une colonie de vacances. Et sur ces douze, j’en connais peut-être cinq. Ça veut dire deux jours entiers à faire la conversation à des gens avec qui je n’ai rien en commun, sans pouvoir rentrer chez moi le soir.
2Ce qui me fatigue, ce n’est pas les gens, c’est le nombre. À quatre, on parle. À douze, on ne parle plus, on gère. Il y a toujours trois conversations en même temps, quelqu’un qui veut faire une activité, quelqu’un qui veut dormir, et il faut trancher en permanence.
3Et ne me dis pas que je pourrai m’isoler quand j’en aurai besoin. Dans un groupe de douze, tout se remarque. Celui qui part marcher tout seul, on vient le chercher au bout de dix minutes, on lui demande si ça va, et il devient le sujet de la soirée.
4Tu ne m’as toujours pas dit qui vient, et c’est pourtant la seule information qui compte pour moi. Tu me donnes le prix, les horaires, le sauna, les canots — et sur la seule chose qui déterminerait ma réponse, tu restes vague. J’en conclus que la liste ne va pas me plaire.
5J’ai déjà fait ça, ce genre de week-end, il y a trois ans. Au bout de vingt-quatre heures, le groupe s’était coupé en deux : ceux qui voulaient faire la fête jusqu’à trois heures du matin et ceux qui voulaient dormir. Devine dans quel camp j’étais, et devine qui a perdu.
6Tu me dis douze maximum, comme si le plafond était rassurant. Pour moi, un plafond à douze, ça veut surtout dire qu’ils comptent bien le remplir. Personne ne loue un chalet de six chambres pour y mettre cinq personnes.
Relance possible : Tu me dis « ça va bien se passer ». Tu n’en sais rien, et moi non plus. C’est bien le problème.
4🛏️ L’intimité — « partager une chambre, à mon âge »
1Six chambres pour douze personnes, tu présentes ça comme une bonne nouvelle. Pour moi, c’est la mauvaise. Ça veut dire deux par chambre, donc partager une chambre pendant deux nuits avec quelqu’un dont je ne sais pas s’il ronfle, s’il se couche à trois heures, ou s’il se lève à six.
2À vingt ans, je l’aurais fait sans réfléchir. Aujourd’hui, j’ai besoin de fermer une porte le soir. Ce n’est pas une question de confort, c’est une question de récupération : si je ne dors pas, mon lundi est fichu et ma semaine entière avec.
3Et puis il y a la salle de bain. Tu ne m’as pas dit combien il y en a. Douze personnes le dimanche matin, une ou deux salles de bain, ça veut dire faire la queue en peignoir devant une porte. Ce n’est pas du repos, ça.
4Tu me diras que je peux me coucher quand je veux. Dans un chalet en bois, avec onze personnes dans le salon, on entend tout. Il n’y a pas d’isolation phonique dans ce genre de construction, et tu le sais aussi bien que moi.
5Il y a aussi le fait, et c’est bête, qu’il faut apporter ses draps. Donc non seulement je partage une chambre, mais je fais mon lit moi-même, dans une chambre qui n’est pas la mienne, avec des draps que j’ai transportés sur deux heures de route.
6Franchement, je préfère payer plus cher et avoir ma chambre. Si c’était cent cinquante dollars avec une chambre individuelle, je te dirais oui tout de suite. C’est le partage qui bloque, pas le prix, et ton annonce ne prévoit rien pour ça.
Relance possible : Tu proposes de partager avec toi. Et si tu décides de veiller jusqu’à deux heures avec les autres, je fais quoi ?
5❄️ Le froid et la météo — « un chalet au bord d’un lac, en novembre »
1Un chalet au bord d’un lac, en novembre, il faut quand même le dire clairement : il va faire froid, il va faire gris, et il fera nuit à partir de seize heures trente. Tes canots, personne ne les mettra à l’eau. Ton sauna, il faudra sortir dans le froid pour y aller. On paie pour des choses qu’on ne va pas utiliser.
2Et s’il pleut tout le week-end ? Pas une averse, je parle de deux jours de pluie continue. Douze personnes enfermées dans un chalet, sans pouvoir sortir, du vendredi soir au dimanche après-midi. Tu me garantis qu’on ne va pas tourner en rond ?
3Le bois de chauffage est fourni, d’accord, c’est écrit. Mais ça suppose que quelqu’un sache faire un feu et le tienne toute la nuit. Sinon, on se réveille à trois heures du matin dans une pièce à douze degrés, avec les draps qu’on a apportés soi-même.
4Il y a aussi la route. En novembre, la première neige peut tomber n’importe quel week-end, et sur une route de campagne, deux heures peuvent facilement devenir quatre. Et là, on est bloqués là-bas le dimanche soir, avec le travail le lendemain.
5Je ne suis pas quelqu’un qui aime le froid, ce n’est pas une pose. J’ai mal aux mains dès qu’il fait moins de dix degrés. Un week-end où l’essentiel des activités est dehors, au bord de l’eau, ce n’est objectivement pas fait pour moi.
6Attends avril, et je te dis oui tout de suite. Le même chalet, le même prix, le même lac, mais avec de la lumière jusqu’à vingt heures et une température qui permet de sortir. Pourquoi est-ce qu’il faut absolument que ce soit maintenant ?
Relance possible : Tu dis « on se couvrira ». Se couvrir, ça marche vingt minutes. Pas deux jours.
6🍳 L’organisation — « qui cuisine, qui nettoie, ça finit toujours mal »
1Concrètement, qui fait les courses pour douze personnes ? Qui cuisine le vendredi soir en arrivant à vingt et une heures ? Qui nettoie le dimanche matin avant de rendre les clés ? Parce que dans ce genre de week-end, ce sont toujours les trois mêmes qui travaillent pendant que les neuf autres se reposent.
2Et je sais déjà comment ça se passe : « on verra sur place ». C’est la phrase qui précède toujours une engueulade le dimanche matin. On verra sur place, ça veut dire que celui qui supporte le moins le désordre finit par tout faire, en silence, et rentre énervé.
3La cuisine est équipée, tu me le répètes. Équipée, ça veut dire qu’il y a un four et des casseroles. Ça ne veut pas dire qu’il y a quelqu’un qui sait s’en servir pour douze personnes, ni que quelqu’un a envie de passer son samedi soir devant les plaques.
4Il y a aussi l’argent, et c’est toujours le pire. Quelqu’un avance les courses, quelqu’un oublie de rembourser, quelqu’un ne mange pas de viande et estime qu’il ne doit pas payer sa part. Au retour, il reste toujours une dette de quarante dollars entre deux personnes qui ne s’en reparleront jamais.
5Tu me parles d’un tableau des tâches. J’ai déjà vu ça. On le fait le vendredi soir, tout le monde trouve ça très drôle, et le samedi personne ne le regarde. Un tableau ne remplace pas la bonne volonté, et la bonne volonté, à douze, il y en a toujours qui n’en ont pas.
6Et il faut rendre le chalet propre le dimanche à seize heures. Ça veut dire que la dernière heure du week-end, celle qui devrait être la plus agréable, on la passe à balayer et à sortir les poubelles. Pour moi, ça gâche tout le reste.
Relance possible : Tu dis que tu t’en occuperas. Tu ne peux pas cuisiner pour douze pendant deux jours tout seul.
7📵 L’ennui — « qu’est-ce qu’on fait pendant deux jours là-bas ? »
1Concrètement, on fait quoi ? Tu me dis un lac, un sauna, trois canots. Le sauna, c’est une heure. Les canots, en novembre, personne ne les sortira. Il reste donc quarante heures à remplir dans un chalet en bois, sans cinéma, sans commerces, sans rien autour. Tu appelles ça un week-end, moi j’appelle ça une salle d’attente.
2Et je connais la suite : à un moment, quelqu’un sortira un jeu de cartes, et on jouera parce qu’il n’y a rien d’autre à faire. Ce n’est pas du repos, c’est de l’occupation. Chez moi, au moins, quand je m’ennuie, je peux faire ce que je veux.
3Deux heures de route pour aller regarder un lac. Formulé comme ça, tu entends bien que ça ne tient pas. Si je veux voir de l’eau et des arbres, il y a un parc à vingt minutes de chez moi, et je rentre dormir dans mon lit le soir.
4Tu vas me répondre qu’on va parler, cuisiner, se reposer. Mais parler, on peut le faire au café mercredi soir, gratuitement, et rentrer chacun chez soi à vingt-trois heures. Qu’est-ce que le chalet ajoute, exactement, à part la contrainte de rester ?
5Il faut aussi penser au réseau. Au bord d’un lac, à deux heures de la ville, il y a de fortes chances qu’il n’y ait pas de connexion. Donc pas de travail en retard, pas de film, pas de musique. Pour certains c’est un argument ; pour moi c’est deux jours coupé de tout.
6Le samedi après-midi, dans ce genre d’endroit, il y a toujours ce moment creux entre le repas et le soir où plus personne ne sait quoi faire. Tout le monde regarde son téléphone qui ne capte pas. C’est là que les week-ends se cassent, et ça dure trois heures.
Relance possible : Tu me dis « ne rien faire, c’est justement le but ». Ne rien faire, je sais le faire chez moi, gratuitement.
8🤔 Le repli poli — « c’est gentil, mais je vais voir »
1Écoute, c’est très gentil d’avoir pensé à moi, vraiment. Je vais voir comment je suis ce week-end-là et je te redis. Ne compte pas sur moi pour l’instant, mais ne m’enlève pas de la liste non plus. Je te fais signe dans la semaine, c’est promis.
2Franchement, tout ce que tu m’as dit tient debout. Je n’ai rien à redire sur le prix, ni sur l’organisation, ni sur la chambre. C’est juste que je ne le sens pas. Et je sais que ce n’est pas une réponse satisfaisante pour toi, mais c’est la seule que j’ai.
3Pars sans moi, ça me fera plaisir pour toi. Tu seras avec onze personnes, mon absence ne changera rien au week-end, et moi j’en profiterai pour me reposer tranquillement. Tout le monde y gagne. Tu me raconteras au retour, et je serai content de t’écouter.
4On fait autre chose, plutôt ? Un dîner tous les deux la semaine prochaine, ou un café samedi après-midi. J’ai envie de te voir, ce n’est pas ça le problème. C’est le format que je ne veux pas, pas toi.
5Je te dirai oui et je vais te décevoir, alors autant que je sois honnête maintenant : dans dix jours, je vais trouver une raison de me désister. Je me connais. Tu préfères que je te le dise maintenant ou que je te le dise le jeudi soir ?
6Reparlons-en plus tard, tu veux ? Là, tout de suite, je sors d’une semaine compliquée et je ne suis pas en état de décider quoi que ce soit. Laisse-moi quelques jours, ça ne coûte rien à personne, et l’annulation est gratuite jusqu’à sept jours avant de toute façon.
Relance possible : Tu insistes, et c’est exactement ce qui me fait reculer. Laisse-moi respirer.

Francora · @frenchwithguri · frenchwithguri@gmail.com